Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédits photos : Julien Dupeyron / Nicolas Mallus / Alex Dozois / Vanessa Boivin Drolet

Dätcha Mandala : nouveau clip « Mother God »

« Mother God » amplifie toujours plus la puissance intemporelle de la musique de Dätcha Mandala. Filmé en noir et blanc et constitué de plans rappelant les premières vidéos des années 60, la captation de la prestation du groupe nous replonge dans un passé pas si lointain, quand tout devenait possible, même les expérimentations les plus inattendues. Ce qui ressort du spectacle auquel nous assistons, en plus d’une immersion nostalgique vers l’origine du rock et sa façon inégalée de prendre racine dans le blues, ce sont les perspectives de la caméra elle-même, suivant le groupe au plus près, dans des postures en apparence sages mais habitées par un esprit antédiluvien, une créature originelle poussant « Mother God » encore plus loin au cœur de l’inspiration. Tandis que le guitariste Jérémy Saigne se plie au difficile exercice du chant, de sa voix râpeuse et intense, les riffs et rythmiques décuplent un sentiment de liberté malgré la proximité et l’enfermement qui nous entourent. Ce qui, petit à petit, va se révéler totalement erroné : tandis que les couleurs commencent à se révolter et habiller musiciens et décor, l’amplitude du lieu se révèle, possédée par cet hymne rock qu’il demeure impossible de dater, même au Carbone 14. Passé, présent et futur se conjuguent dans le jeu et la présence décidément indispensable de Dätcha Mandala ; une vérité qu’on ne peut résolument plus nier. Tout ce qu’il faut savoir sur le phénomène est disponible sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Baby Queen : premier EP Medicine disponible le 6 novembre (Polydor)

Dans l’époque folle et tordue où nous sommes actuellement plongés, en ces temps de polémique sur le rôle de la femme, ses tenues vestimentaires et les jugements qui lui sont portés de la plus nauséabonde des façons, l’arrivée de Baby Queen va remettre quelques pendules à l’heure en bonne et due forme. Sur Medicine, la jeune Bella – de son vrai nom – n’hésite pas à porter un regard acerbe sur le monde moderne, la société puritaine confondant libertés individuelles et principes civiques à tous les coins de rue. Elle va même, grâce à ses mélodies pop et électro, sa voix douce racontant les plus justes des vérités, jusqu’à montrer du doigt les causes et les conséquences, tant pour elle que pour nous tous : la légèreté d’un titre comme « Internet Religion » se met soudainement à fuser et enflammer les pages, commentaires et censures en tous genres (surtout les plus gratuits, d’ailleurs), tandis que « Want Me » déploie des tonalités rock soumises au fantasme par écrans interposés ou papier glacé (notamment sur son passage en français, magique), sujet que l’on retrouvera sur « Online Dating », pulsion informatique sans lendemain mais dont le pouvoir de séduction virtuel est tout simplement intense et magnifiquement écrit. Sachant pertinemment que personne n’est à l’abri du suicide commercial en prenant de tels risques discursifs sur une première oeuvre (la lucidité R’n’B de « Buzzkill » se soumet au jugement, tout en ayant l’air de s’en moquer, là où la sincérité blessée de « Medicine » avoue les faiblesses et besoins extérieurs), Baby Queen y va à fond, sans craindre de représailles dénuées de tout sens moral ou d’arguments solides. Un charmant doigt d’honneur à la bienséance ambiante, celle-là même qui, si elle n’était pas aussi dangereuse, nous ferait réellement sourire. En attendant, notre camp est tout trouvé, et Baby Queen peut compter sur notre présence – et la vôtre – dès le 6 novembre prochain. Donnez-lui raison en la soutenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Charlotte Fever : nouveau clip « La Fille du Ciel (Minitel Édition) »

Que ceux qui n’ont pas connu la douce et innocente époque de la machine au centre du nouveau clip de Charlotte Fever ne prennent surtout pas peur ; vous avez devant vous l’ancêtre d’Internet, donc ne vous sauvez pas en courant. Comme quoi, la fascination provoquée par les écrans est décidément beaucoup plus ancienne qu’elle n’y paraît… Justement, « La Fille du Ciel » de Lucie Brémeault trouve, par ce biais technologique, une forme passionnante de narration : l’histoire se déroule à un rythme lent, propice au conte auquel nous assistons, à son accompagnement musical délicat et posé. Le lieu décrit, les vêtements, le rythme en arrière-plan modifient le temps et l’espace, intensifient la matérialisation de ce fantasme d’un autre siècle, d’une ère ni trop lointaine, ni assez proche. Puis vient le culte, celui d’une déesse que tout le monde souhaite voir, sur laquelle les projections mentales sont légion. L’histoire avance, mystérieuse, captivante. Une science-fiction dont les effets spéciaux artisanaux bercent notre imaginaire, sans atours désincarnés par ordinateur ultrapuissant interposé. Le chapitre se déploie, s’amplifie. La vénération se propage au cœur de la foule, dans la voix, dans nos pensées ; et, sans que l’on s’y attende, le texte disparaît et la créature prend vie devant nos yeux. On peut la toucher, voir ses apparats, sentir son parfum. On ne peut pas se résigner à la laisser partir. En un plan simple, Charlotte Fever dessine l’impossible, lui insuffle une consistance, une réalité tangible. Le plaisir extrême dans le récit sauvage et merveilleux de l’extase. Une expérience que l’on croirait impossible si l’on n’en avait pas été témoin. Charlotte Fever vous réserve bien d’autres ouvrages sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Panaviscope : nouveau clip « Tigers as Friends » / nouvel album Like the sun disponible le 6 novembre (How Bad Pretty Bad Records)

La mer est menaçante. Le climat est orageux, incertain. Dans un noir et blanc étonnamment éblouissant, des éléments naturels contradictoires se déchaînent, vent et neige, vagues et lumière solaire. Au ralenti, les rouleaux attirent leur future victime, tandis que les sirènes de « Tigers as Friends » se font de plus en plus pressantes. Panaviscope manie son art avec la subtilité d’un prédateur guettant longuement sa proie. Ses vocaux aigus et découpés dans la toile sonore d’une musique inclassable nous attirent, sans que nous nous méfiions un seul instant. De saccades surnaturelles en profondeurs marines conjuguant ciel et océan, le clip expose une poésie noire, intense, la démonstration de la disparition de l’horizon. Tel est le don du musicien suisse Alex Duloz : la fusion des contraires, la capacité infinie à transcender les genres etancrer ses thèmes dans des harmonies populaires rapidement écorchées, scrutées au microscope et entremêlées chimiquement afin de donner vie aux mélodies hybrides et pistes protéiformes qui constituent Like the sun, nouvel opus dont les douze chapitres oscillent entre la rémission et la menace. Une créativité en constante mutation, proche des conséquences de rejets industriels inavouables autant que de reprise de possession de terres en friche par une planète en colère. L’unité dans la contradiction, étonnante, unique. Les visions prophétiques de Panaviscope vous sont révélées sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Kelly Finnigan : nouveau single « No Time To Be Sad »

Il est loin d’être évident de se lancer dans l’illustration musicale des fêtes de fin d’année sans tomber dans le cliché du chant de Noël le plus classique ou de reprises toutes plus inutiles et lassantes les unes que les autres. Comment, dans ce cas, prolonger la magie, voire littéralement la modifier et la recréer ? C’est le défi que s’est lancé l’auteur-compositeur-interprète Kelly Finnigan avec A Joyful Sound, album original attendu pour le 24 novembre prochain (Coleman Records / Secretly Canadian Distribution). En guise d’introduction alléchante et à mettre au menu des plus grandes tables, « No Time To Be Sad » est un petit bijou de soul music et de R’n’B nostalgique de la grande époque, entre les berceuses surannées de la Motown et l’ère intemporelle de Blue Note. L’artiste se prend d’affection pour les fantômes du passé et leur rend justice dans ses mélodies vocales profondes et à la narration impeccable, sur des instrumentations et chœurs chargés d’émotions dictées par le bonheur d’être ensemble autant que par les bleus à l’âme. À l’image de son opus colllégial, le single fait montre d’un sens de la composition précis et intemporel, une démonstration artistique n’enlevant rien à son charme désuet et captivant. Comme si les esprits d’une époque certes révolue, mais dont nous aurions bien besoin, revenaient à la vie l’espace de quelques jours uniques, les créations de Kelly Finnigan et de ses illustres invités vont radicalement modifier notre conception blasée du mois de décembre, de ses bonnes résolutions et de ses traditions constamment malmenées. Pour le meilleur. Célébrez l’événement en retrouvant le musicien sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Samares : premier album Les madeleines disponible

Voilà un album qui, pour le coup, porte bien son nom, pour deux raisons pourtant contradictoires : en s’inspirant du souvenir et de l’expérience, Samares fait naître une collection d’ouvrages et de nouvelles n’oubliant à aucun moment de regarder en avant et d’étrenner une forme nouvelle de chanson française dans sa plus noble définition. Résumer l’intention du duo à un simple habillage folk serait cependant trop réducteur ; ici, ce sont des histoires, des instants de vie, des ressentis capturés sur le moment qui sont mis en place dès que l’envie devient urgente. Les madeleines, gourmandises et réminiscences, se savourent lentement, grâce à une recette totalement inédite. Des contes de la dépendance ordinaire que le délaissement vient polluer, lorsque l’on s’adresse au coupable de la cruauté d’un lendemain terne, ou que les éléments naturels et humains veulent décimer chaque forme naissante de volonté et d’affrontement du quotidien. Les dessins mélodiques de Samares s’épousent parfaitement, entre les deux voix en harmonie d’Elodie et Jonas, le violon et le glockenspiel, atours venant apporter leur soutien à deux compositeurs en quête de sagesse et de compréhension de leurs propres motivations. Les sujets sont difficiles, douloureux parfois, mais revêtent l’éclat révélateur d’une prise de conscience de l’importance de la parole, qu’elle soit musicale ou narrative. Des différences qui, en sept chapitres, se transforment en forces amenant l’auditeur à la réflexion, à l’écoute attentive et active de témoignages dont l’importance ne fait que grandir, au fur et à mesure de la progression du disque. Formidable essai tant littéraire que créatif, Les madeleines laisse en nous l’empreinte d’une multitude de possibilités, de pensées et de sentiments. Samares prolonge ses lectures en votre compagnie sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Vagues : nouveau clip « Impasses » / Nouvel EP Aux portes de la nuit disponible le 23 octobre

L’atmosphère funèbre que dégage visuellement « Impasses » ne laisse en apparence aucun espoir, aucune rédemption quant au constat établi par Vagues. On vacille, on tombe, on tarde à trouver l’énergie de se relever et de repartir. Sous les éclairages anonymes de la mise en scène, le titre se déploie dans toute sa magnifique mélancolie, héritage flamboyant d’une forme rock synonyme de frustration, de tremblements et de révolte. Une ambiance mortifère qui, sans les élans musicaux maîtrisés du groupe, pourrait devenir insupportable, voire traumatisante. Mais la composition, la folie qui s’emparent des musiciens dès que le son augmente, que les harmonies de guitare se frottent à l’inépuisable endurance de la batterie, nous amènent à lever nos regards vers des cieux pluvieux et orageux, à sentir ces éléments se déchaîner sur nos visages et à baisser à nouveau la tête afin d’observer ce que notre vue nous réserve. La grisaille est de mise : elle emplit tout, elle convoque les ténèbres d’une nuit illuminée par quelques néons fatigués. Au cœur de l’obscurité, les chansons de Vagues tracent un chemin, tortueux certes, mais qui nous pousse à voir ce qui se dissimule derrière les rideaux opaques de l’avenir. Ouvrant les murs de voies sans issues, Aux portes de la nuit déchaîne les éléments et enflamme les architectures trop sages d’un genre dont le renouveau actuel nécessitait la présence d’une prose si intériorisée afin de mieux être expulsée et recrachée. Peut-être qu’il est trop tard pour faire demi-tour, certes ; mais l’opus de Vagues se permet de donner de grands coups de masse dans les verrous d’un futur nauséabond. Saisissez cette chance en les retrouvant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


thaïs : nouveau clip « Sushi Solitude » / Nouvel EP Paradis Artificiels disponible le 23 octobre (Troublemakers)

Tout a commencé par un titre de chanson intriguant, une invitation à en savoir davantage sur ce que dissimulait cette « Sushi Solitude » clamée par l’artiste québécoise thaïs. Nous nous sommes donc plongés dans ses projections murales, auprès d’elle, et l’avons écoutée. Elle nous a parlé de la rupture, de l’envie de survivre malgré tout, entre fêtes solitaires et vapeurs d’alcool, entre regards perdus dans le vide et dédoublement de personnalité. Elle nous a raconté ses doutes, sa peur de perdre toute forme de salubrité psychique, sa colère. Elle a sorti de ses cartons à peine défaits les bandes du passé, nous demandant droit dans les yeux comment elle en était arrivée là. Nous avions des réponses toutes faites, mais qui s’avéraient inutiles. Car thaïs écrivait d’ores et déjà les résolutions de ses états d’âme au fil d’une pop mélancolique poignante, d’une voix feutrée et discrète, comme pour garder le secret de sa volonté croissante. Elle a alors vu ce qui pourrait être et ce qui était, le futur sous ses formes positives et négatives. Paradis Artificiels est le témoignage de ses choix, de ses absences émotionnelles, des sorties de son corps pour observer ce qui se déroule ailleurs, par-delà les murs d’appartements solitaires. « Sushi Solitude » finira écrasé sous les doigts de l’artiste ; une nourriture qui ne pourra pas combler la douleur, de même que le vin deviendra amer. Mais l’art fournira de quoi remplir les chambres désertées de l’esprit, les pièces abandonnées du partage que l’on croyait éternel. La beauté transfigure l’opus, malgré sa mélancolie latente ; de même que cette lumière nécessitant une paire de lunettes de soleil, preuve que l’illumination d’un renouveau n’est peut-être pas du domaine de l’impossible. Tous les éléments de réponse vous seront donnés dans quelques jours, tandis que vous pouvez dès maintenant en découvrir quelques indices sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de thaïs.


Vanwho & Maxime Desbiens Tremblay : nouveau single « On se laisse aller » disponible le 2 novembre

Par défaitisme ou soumission, nous essayons tant bien que mal de survivre à l’ambiance sociale et humaine actuelle, pesante et apparemment sans issue. Tout abandonner, ne pas regarder l’avenir en face paraît alors la seule et unique solution, dans des moments de désespoir durant lesquels chaque ambition peut être réduite à néant en l’espace de quelques secondes. Partant de ce constat peu encourageant s’il en est, Vanwho développe son nouveau single à la manière d’une respiration, d’une évocation impérieuse des causes et conséquences. Accompagnée par Maxime Desbiens Tremblay, elle donne à « On se laisse aller » deux visages, féminin et masculin, lui permettant de rendre son discours universel et sans limite. Luttant contre l’irrésistible envie de chacun de ne voir que ce que l’on veut nous montrer, par le biais des réseaux sociaux ou des médias, le fil conducteur de cette ode à l’éveil de l’opinion se pare de mouvements nerveux, d’instants amplifiés pour conjurer le mauvais sort et laisser s’exprimer la colère d’une passivité ô combien encombrante et facile. Le mensonge engendre bientôt la sauvagerie rock d’un finale provocateur et éveillant les consciences, tremblement sismique dont la cause défendue par les deux artistes et de faire disparaître, une fois pour toutes, l’artificialité d’informations erronées et nuisibles. Une réussite totale, pas uniquement du fait de son militantisme inhérent, mais plus que tout parce qu’elle nous pousse dans nos ultimes retranchements, nous confrontant à la raison plutôt qu’au repos forcé de nos neurones embrumés et hypnotisés. En attendant la sortie officielle de ce brûlot malin et argumenté, démonstration des capacités musicales et poétiques de Vanwho grâce à sa plus récente captation live. Et bien plus encore sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM