Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo VoxAxoV : Xanthoria Luminensis

Coup de cœur : VoxAxoV

Pour Charlotte Cegarra, la musique est bien plus qu’une vocation qu’il convient de nourrir chaque jour ; c’est un sacerdoce, un patrimoine familial de tous les instants, qu’elle éprouve et dont elle intensifie les formes au fur et à mesure de ses expériences et rencontres. Si vous cherchez quelqu’un apte à vous parler des rouages de l’industrie musicale depuis des décennies, de leurs modifications et de leurs possibles issues, c’est vers elle qu’il convient de vous tourner. Charlotte est née dans l’art, elle y a coulé les fondations de tout son être. Récemment, VoxAxoV a marqué un nouveau tournant dans les désirs appuyés d’une découverte mystique et méditative. D’une part, grâce au double single « You’ll Find Yourself / Tu te trouveras », partition vocale ambient d’un autre monde, quelque part entre l’immensité infinie de l’univers et une communication extraterrestre interceptée par hasard mais se montrant immédiatement bienveillante. D’autre part, sur la bande originale du court-métrage L’échiquier des deux reines, où elle se confronte à Erik Satie et à l’esthétique à la fois classique sur la forme et contemporaine sur le fond de la réalisatrice Flo SD. Pour cet exercice souvent périlleux, ses écrits et mélodies se devaient d’introduire les scènes cruciales d’une amitié et d’un lien que la passion motivent constamment, tout en conservant le secret de l’émotion conduisant à la folie et à la rupture avec la solitude. Simplement, modérément, elle suit les humeurs et sensibilités à fleur de peau des créatures dont elle a conçu le langage quand les mots viennent à manquer. Une note, quelques interférences fantomatiques et envolées de piano insufflent une énergie considérable dans ce film bouleversant et hautement recommandable. Que Charlotte se soit retrouvée face à ce défi n’a rien du hasard ; elle est curieuse, insatiable, prête à se donner corps et âme pour accomplir cette destinée qui est génétiquement et psychiquement la sienne. Même ses Discussions Profondes, initiées et nées durant le confinement, demeurent dès que l’on se décide à les revoir des œuvres d’art en elles-mêmes, des improvisations changeant radicalement notre existence. VoxAxoV : la voix, sous toutes ses formes, parlée comme chantée ou murmurée. La lumière simple émanant d’un être unique, d’une âme voyageant vers nous malgré les barrières technologiques. Retrouvez-la, découvrez-la dès à présent sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Mr.Maggot : nouveau clip « The Red King »

Ses deux précédents singles, « Flatline » et « The Abyss », faisaient montre d’un énorme potentiel en termes de musique metal et électronique, tout en demeurant malheureusement trop axés sur des influences finissant par nuire à son talent de composition et d’arrangement. En vue d’un premier album, Mr.Maggot nous prouvait cependant qu’il était capable de beaucoup mieux, ce qu’il démontre à la perfection sur « The Red King », concentré de haine arrangé avec concision et dont les contours sanglants et démoniaques fleurent bon le soufre et l’hémoglobine coulant sous la lame d’un médiator aiguisé jusqu’à l’usure. Les incantations profondes de la voix cèdent rapidement leur place à l’identité surnaturelle qui dénaturera chaque chose, chaque élément autour de nous ; « The Red King » prend tout ce qui lui tombe sous la main pour le détruire ou le soumettre, dans un noyau de lave d’harmonies électro et saturées auquel personne ne peut résister, pas même les plus bénis de nos concitoyens. Le monstre devient, en quelques minutes, l’idole, celui que ses congénères et victimes admirent. Un plaisir masochiste trouvant sa satisfaction dans les tourments physiques et sonores, le long du fil rouillé de lames pouvant encore faire mal, très mal. L’insurmontable puissance du Roi Rouge va rapidement et inéluctablement vous hanter, que son hymne vous parle ou non. Dans tous les cas, n’essayez jamais de fuir son regard ; car le sien n’aura aucun mal à vous épier, même quand vous ne vous y attendrez pas. Restez sur vos gardes en entrant dans le royaume de Mr.Maggot par les portes dérobées de ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Tentative : nouveau clip « Chlamydia »

Au début, on a cru à une blague. Une chanson de plus se dirigeant vers la facilité de sujets totalement à côté de la plaque, soit par provocation gratuite, soit pour faire parler et jaser dans les chaumières des culs-bénis. Puis on a réécouté « Chlamydia », on a d’abord ri, et on a vite déchanté. Le délire esthétique et verbal de Tentative a tout de l’extase interdite, de l’infection musicalement transmissible de conséquences souvent jugées désastreuses mais acceptées comme l’un des dangers du plaisir sexuel. Au final, les petits malins excités par les tenues vestimentaires féminines et s’amusant bêtement à faire étalage de leur machisme dans les médias ou sur les réseaux sociaux en prennent pour leur grade, mais on ne va certainement pas les plaindre. Crue dans son refrain et ses monologues, Tentative donne une leçon mais ne compte à aucun moment s’arrêter d’exister. Une figure féminine plus que féministe, en quête de sensations fortes dont la musique électronique rapide et échevelée nous fait immédiatement sortir de notre torpeur. La contamination personnifiée se change en protection contre les agressions, malgré ses effets secondaires pointant parfois le bout de leurs inflammations. Qu’importe ; un temps de convalescence et on repart. En cent fois mieux, et sans s’arrêter à cette pause finalement pas aussi affligeante qu’elle n’en a l’air au premier abord. Tentative vous raconte ses aventures et mésaventures sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Selkies : nouveau clip « Incantation »

Trois déesses accompagnant, dans les mélodies du vent, la femme qui naît grâce à elles. Celle, issue de la nature immaculée, sur laquelle le temps ou l’homme n’ont aucune emprise. La figure céleste et divine en devenir, que Selkies guide au gré des éclats du soleil, dans les tonalités chamaniques d’un chant polyphonique profond, éternel. Un langage que seuls les Anciens, figures d’une mythologie appartenant au trio, peuvent employer pour bouleverser l’ordre établi. Figeant la conscience dans l’âme de la future reine, elles éveillent sa curiosité, l’attirent et orientent sa volonté croissante. Le réalisateur Matthieu Hoarau est parvenu à saisir l’essence de cette « Incantation », de ce sortilège incitant à la danse, au mouvement, à la transe. Tourmentée, bousculée par ses émotions contradictoires, l’être solitaire vit chaque instant, chaque substance se développant dans ses veines, ses muscles, ses os. Ses gestes se brisent puis découvrent une amplitude inattendue, un réconfort dont Selkies forme les vœux, pieusement, spirituellement. C’est une communion de tous les éléments du monde invisible qui se manifeste devant nos yeux. La rencontre des minéraux, de la terre, de la chaleur astrale et d’une psyché obnubilée par l’art et ses inépuisables ressources. Elle est régente, possédée par ses apparences et différences. Réconfortante et effrayante. Elle est de notre monde, qu’elle finit cependant par dominer, pour le conduire vers la rédemption ou, si le sort s’acharne sur elle, le détruire. Mais, soutenue par les phonèmes de Selkies, elle résistera, et nous avec elle. Une trinité magique et ensorcelante, qui attend de vous rencontrer et de vous dicter ses testaments divinatoires sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Michael Baker : nouveau single « Caught in the Crossfire »

S’éloignant de la simple berceuse folk, « Caught in the Crossfire » atteint une autre dimension, plus spirituelle et courageuse. Dans les éclats atmosphériques du piano, le jeu de guitare et le chant de Michael Baker découvrent une improbable complémentarité, un compagnon de route qui, dès lors que la parole lui est cédée, s’avère indispensable afin de guider l’artiste en peine et en quête de son devenir. Emprisonné au milieu du tumulte, le soldat solitaire erre entre ses camarades tombés au champ d’honneur, que ce dernier soit réel ou imaginaire, symbolique de l’égarement de l’esprit humain. Il faut tenir, contre les éléments qui se déchaînent, contre l’acharnement de l’existence. Et admirer ce qui peut l’être, la couleur mouvante d’une aube nouvelle, l’écoute attentive d’auditeurs lointains mais se retrouvant dans la division psychique torturant son compositeur. Pas de plainte, cependant, ou aucune volonté de se morfondre ; la patience, la sagesse gagnent du terrain, évoluent dans les mouvements amplifiés de la partie centrale du titre avant de retrouver la réalité, la définition de ce qui empêchait l’individu d’avancer. Michael Baker trace l’issue de l’impossible, le témoin luminescent d’un secours salvateur. Une dévotion entière et sincère qu’il partage avec vous sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Vaiteani : nouveau clip « Embrace »

La route mène à un instant difficile, comme le suggère lentement l’entrée en matière du nouveau clip de Vaiteani. « Embrace » commence immédiatement et souffle brusquement sa mélancolie imprégnée d’absence et de désarroi. Le vide d’une maison, d’un esprit. Les souvenirs s’accélérant de la demeure familiale, où il manque dorénavant une présence, une source de vie et de joie. En quelques regards et caresses, l’ambiance se fait triste, pesante, lourde de sens et de conséquences. Les plans sont parfaits, traversant les murs et les planchers afin d’offrir une ampleur quasiment intolérable à la douleur, mais également une vocation sur le point de naître, un testament n’ayant besoin ni de mots, ni d’écrits. « I embrace it all » : ne pas fuir le deuil, l’accueillir dans ce qu’il a de plus purificateur, au-delà du chagrin et du poids de nos cœurs brisés. Deux caractères s’opposent entre rage et incompréhension, entre sensibilité à fleur de peau et retenue. Ils sont les visages de l’après-mort, d’heures et de jours qui, eux, ne se donnent pas la peine de s’interrompre. Mais ils ont besoin l’un de l’autre, chacun à leur manière. Des attitudes qui nous sont familières et que la chanson de Vaiteani, fulgurante et poignante, accompagne dans sa cruelle intimité, dans cette affliction que personne ne peut dominer. Quand la rage s’exprime, quand l’injustice montre ses crocs acérés, la musique augmente, suit les cris et la fureur. On ne peut à aucun moment se douter de la conclusion de ce tétanisant « Embrace » ; pourtant, les signes étaient visibles, d’un bouquet séché à d’infimes particules de poussière que les gestes ne pouvaient soulever. Tant que la parole nous fait exister, nous sommes toujours là. Pour Vaiteani, ce sont les regards qui transmettent l’éternité, autant que les mélodies et les voix implorantes des âmes immortelles veillant sur nous. Un choc artistique dont il est difficile de se remettre, tant sa véracité est indubitable et fidèle à nos pensées et sentiments. Le nouvel album Signs sortira le 20 novembre prochain (Motu Hani / Believe) ; pour en décoder les mystères et les indices, rendez-vous sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Vaiteani.