Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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crédits photos : Lucas Martin / Alexis Atteret / Fabien Genais

Manuel Bienvenu : nouveau clip « Camouflage »

Contrairement à ce que bon nombre de ses détracteurs on tendance à vous faire croire, « Minecraft » s’avère beaucoup plus éducatif qu’il n’en a l’air. Un jeu créatif prenant le contrepied de la stratégie et de la construction d’un monde imaginaire, seul ou en coopération, dont les développements, produits dérivés et DLCs lui assurent encore de belles années devant lui. Or, « Camouflage » utilise le logiciel à des fins cinématographiques, et d’une formidable façon : ici, les cubes représentatifs du divertissement servent d’écrans sur lesquels une multitude d’images sont projetées, univers aquatiques, terrestres, humains et artistiques s’imbriquant au fil d’une fluidité limpide. La chanson revêt ainsi une dimension de patchwork pensé jusqu’au moindre angle droit, de la superposition logique et intelligible de ses couches mélodiques à ses nombreux arrangements. Le virtuel immergé, expérimenté au cœur du réel, porté par ce dernier jusqu’à le dépasser, en plus de l’embellir. L’art de Manuel Bienvenu, sa capacité à compléter l’image grâce aux sonorités aériennes et parfois amplifiées d’une œuvre mouvante, achèvent de faire de « Camouflage » le lieu de tous les possibles et d’une infinie créativité. Si vous désirez en apprendre davantage sur sa conception, ainsi que sur le prochain album du compositeur, Glo, prévu pour le 13 novembre (accompagnement Microcultures / Kuroneko) rendez-vous sur sa page FACEBOOK.


Niteroy : nouveau clip « Amores Nostalgia »

Les bandes vidéo familiales portant en elles l’essence de la musique et Niteroy et, de ce fait, ont le difficile rôle d’illustrer « Amores Nostalgia », s’ancrent parfaitement dans les mélodies du compositeur, dans la chaleur de ses tonalités sud-américaines nostalgiques et pourtant emplies d’espoir. Les liens du sang qu’il tisse grâce à ce titre sont solides, denses, intenses et, plus que tout, résolument motivants. Grâce à cette dédicace en forme de remerciement et de respect, Niteroy saisit son patrimoine et le fait sien, composant la bande son de souvenirs amusants et émouvants. Laissant les actions se succéder au rythme des paysages sonores et géographiques, des visages, des sourires et des émerveillements, « Amores Nostalgia » raconte la vie, seule et unique source de notre identité profonde. Lorsque beaucoup préfèrent fuir leur enfance, le court-métrage y accorde au contraire toute la bienveillance qu’elle mérite, l’innocence et le bonheur de celles et ceux qui, jour après jour, nous manquent, par la distance ou la disparition. Une chanson solaire, spontanée et d’une sensibilité terriblement immersive. Les rayons de Niteroy vous accueillent et vous réchauffent sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


SEYES : nouveau clip « The Valley Of Unrest (Live à la Ville D’hiver) »

On connaît l’importance accordée par SEYES à l’aspect visuel de ses compositions ; dès lors, qu’en est-il du live, de ces captations si compliquées et dont le but ultime demeure de saisir l’essence d’un moment temporellement défini et cadré ? En choisissant l’environnement de la Ville D’hiver, le duo a patiemment préparé les mouvements de « The Valley of Unrest » grâce à l’équipe de I.Mage Production et à la réalisation de François Sottet. En quelques secondes, la marche sur l’eau de SEYES devient une vague, saisissant le public et les musiciennes elles-mêmes. Les sonorités synthétiques trouvent leur écho dans de splendides décors naturels, dans les mouvements de caméra alternant à la perfection plans larges et serrés, dynamisant un témoignage laissant chacun d’entre nous partagé entre la fascination pure et simple et l’admiration d’un spectacle éclatant et intriguant. Car « The Valley of Unrest », lieu de passage où la liberté comme la douleur sont possibles, s’étend et se fond dans le décor du moment, dans les regards des spectateurs, dans la concentration de Marine et Charlotte. Des tonalités bleues et vertes, naturalistes et éclatantes, que même la lumière naturelle légèrement nuageuse ne parvient pas à dénaturer ; en moins de deux minutes, le temps se suspend aux lèvres et aux claviers de SEYES, à leur exposition d’un tableau mouvant en complète apesanteur. Retrouvez dès maintenant ces guides d’une beauté mystérieuse sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Belau feat. Amahla : nouveau clip « Risk It All »

L’aventure qui se prépare demande de prendre autant de précautions que de risques, calculés ou non. Quelques secondes pour ne rien oublier, au cœur d’un paysage hivernal brumeux et aussi accueillant que menaçant, et l’homme part vers son objectif, saisissant subrepticement les indices qui le rapprochent de sa destination. La réalisation colle littéralement à la peau sonore de « Risk It All », à ce chant de la terre dont on ne peut se détourner. Amplifiant la réalité d’images dont la beauté transcendante est aussi prenante que le danger qu’elles cachent, elles guident notre héros, sans faillir, sans le laisser faire demi-tour. De sommets en forêts, le signal de la machine qu’il tient au creux de sa main se brouille et le transporte, en un clin d’œil, dans un monde parallèle cerné de rouge et de rose, répondant à l’appel d’une figure fantomatique qui, on le devine, va bouleverser sa quête. Belau et Amalha offrent une dimension essentielle et inédite à la collaboration artistique, par le biais de ces flashes et recherches visuelles précis et audacieux. Tandis que le voyage dans l’espace se poursuit, que la transmutation s’effectue sans difficulté et au fil d’une fluidité quelquefois rapide et accélérée, les réponses se forment, se tracent le long d’angles droits à l’inverse opposé des landes glaciales que nous venons à peine de quitter. Le destin revêt alors les atours du souvenir, de l’espoir, du rêve. L’aspect immatériel d’un corps et d’un visage qui, en quelques minutes, ont clamé leur réalité grâce aux intonations et rythmes ethniques de « Risk It All », réponse optimiste à la question : que pouvons-nous faire par amour ? Déplacer les frontières, quelles qu’elles soient. L’occasion de redécouvrir le magnifique album Colourwave de Belau, sorti le 29 mai dernier ; et d’en apprendre plus sur le projet grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Serket & the Cicadas : nouveau clip « Volupté »

Continuant son exploration de terrains musicaux complémentaires selon ses ambitions du moment, Cathy Escoffier délivre une complainte douce et caressante grâce au bien nommé « Volupté », dérivation sensorielle transfigurée par les intonations blues de son instrumentation et d’un chant discret mais essentiel. Pour ce nouveau titre de Serket & the Cicadas, la musicienne nous frôle, nous cajole, nous redonne espoir et chaleur en ces temps si obscurs et incertains. La sagesse qui emplit l’écran lors de la performance, les images saisies sur le vif, d’une marche solitaire le long d’une voie ferrée à l’interprétation communautaire de la chanson, s’immiscent délicatement en nous, respirations bienvenues et apaisantes. « Volupté » redécouvre le monde et ses textures, tant sonores qu’architecturales. L’importance des mains, des doigts dans la réalisation des différents actes est essentielle à l’aboutissement d’une intension que les plans brumeux nous révèlent par bribes et secondes volées, presque invisibles lors de leur déroulement. Un travail d’imagination et de sensibilité qui, en trois minutes, conjugue les visages heureux et les lieux renouvelés d’une terre que le quartet se réapproprie et redessine pour nous toutes et nous tous. Traversant les continents au fil d’harmonies chaleureuses et précises, Serket & the Cicadas invite les cultures, les mouvements intimes et collectifs à rejoindre son langage unique et immaculé. Un plaisir incontournable, dont les nombreuses variations vous attendent sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM du projet.


Palace Winter : nouveau clip « Top of the Hill » (Tennis Court Session)

…Keep Dreaming, Buddy continue à révéler, à trois jours de sa sortie, ses différentes textures musicales marquant un tournant certain de la part de Palace Winter. Ne se positionnant jamais où on l’attend, le projet danois nous convie ici sur un court de tennis pour une captation live de « Top of the Hill » ; ce qui, bien entendu, nous intrigue au premier abord. Le lieu n’a pourtant rien d’anodin : contant les échanges à la fois troubles et violents de la relation amoureuse, les espoirs nous menant au sommet autant que les chutes les plus douloureuses et cruelles, ce nouvel extrait transforme son immobilisme en partie endiablée dont l’enjeu devient rapidement la salubrité mentale de ses créateurs. Les immeubles encerclant les musiciens, oppressants, se distinguent du terrain où tout se joue, dans des couleurs passées orientant notre imagination tant vers le souvenir que dans l’inévitable direction de ce qui deviendra, malgré la chute. Intime et tourmenté, « Top of the Hill » encercle Palace Winter au centre d’une prison à ciel ouvert que seule la pop élaborée et lumineuse qu’ils interprètent paraît à même de servir d’échappatoire. Les visages sont figés, concentrés et mélancoliques ; malgré tout, il reste une envie, croissante, prégnante, de sortir la tête de l’eau et de remporter la partie. Score final le 23 octobre grâce à l’opus prévu chez TAMBOURHINOCEROS. Dans cette attente, les jeux et sets qui le précèdent sont disponibles sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Palace Winter.