Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédits photos : Claire Galliot Photographe / Sacha Vatkovic

Yovoh : nouveau clip « IRIS »

Des mains. Celles qui donnent vie à la musique, qui accompagnent l’enfant s’apprêtant à se lever et avancer dans les courants de l’existence. Ce repère incomparable, source de l’artisanat, du geste tendre ou, au contraire, de la pire des violences. Comme l’indique Yovoh en introduction de son nouveau clip « IRIS », les mains sont le miroir de l’âme. Plus que le regard, le toucher, le mouvement des doigts ne trompe jamais, motivé par l’émotion à l’état pur. Leur dessin, leurs contours magnifiés grâce au travail de Raphaël Bluzet et Gabrielle Fetain, transfigurent la dimension du pianiste et de sa composition. Empreintes, combats et partages se succèdent, déroulent l’existence d’êtres humains dont le visage est ici inutile. Dans les veines du poignet, du pouce à l’auriculaire, tout change et devient possible. Cultiver, combattre, vivre un plaisir solitaire ou partagé. Tenir celle, ridée, dont les traits s’inscriront par ce biais dans notre mémoire. La mélodie et les arpèges de Yovoh emplissent ces simples témoignages d’une portée émotionnelle grandissante, quand les tonalités orangées de l’acte se voient relayées par celles, bleutées, de l’interprétation. La multiplicité de l’individu vue à travers ses muscles, ses os, ses chairs. La quintessence digitale de l’unité, de la tendresse et de la tolérance envers toutes et tous. Vous aussi, frôlez les touches de votre clavier afin de découvrir les trésors cachés de Yovoh sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Jinin : nouveau clip « A Vendre »

Nous sommes noyés sous les publicités, les promotions, les sollicitations par Internet ou au détour des centres commerciaux, des coins de rues. Même dans le décor champêtre où elle a décidé de s’installer, Jinin se voit malmenée par une consommation imposée, des images à respecter à la lettre pour exister en tant qu’individu. Mais, finalement, tout cela repose sur du vide, comme elle l’exprime avec dynamisme et conviction à travers « A Vendre » : des racines usées avant même d’avoir donné naissance à une identité, des caractères financièrement modifiés, quand le paraître remplace l’être, quand l’égo remplace le soi. Au centre de ce marasme consumériste, la musique de Jinin fait un bien fou, ne se contentant à aucun moment d’une levée d’armes musicales face aux formes les plus vicieuses du capitalisme. Une nature nettement plus sincère, n’ayant pas besoin d’agressivité ou de colère pour exprimer ses convictions et sa définition de la renaissance, loin, très loin des marchands et autres arnaqueurs légaux. Animant et motivant les générations futures, la chanson sonnant dès lors comme un avertissement non pas menaçant, mais tendre et argumenté, Jinin trouve son rôle pour les années noires qui nous attendent toutes et tous. Et nous le transmet avec autant d’aisance que de certitudes. Quand la réalité aurait pu être difficile à digérer, « A Vendre » nous la soumet sous son plus simple appareil : désuète, désincarnée, artificielle. La sensation d’un bonheur renaissant et beaucoup plus durable que le plaisir immédiat transmis par l’objet roi. Les leçons de Jinin sont à retrouver sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Denize : nouveau clip « Que passe la nuit »

Les films usés mais pourtant poétiques de « Que passe la nuit », de la rupture et de la colère qui s’ensuivent, créent grâce à la voix de Denize et à la réalisation de Gaétan Le Calvez un spectacle de l’illusion et de la fuite. Tandis qu’un onirisme démesuré introduit les paroles sombres de la chanson, les constats lucides et âpres de l’incertitude, ce qui pourrait être merveilleux sombre peu à peu dans l’horreur suggérée, dans la manipulation d’une sensualité et d’une séduction au bord de l’abîme. Le désir charnel est maladif, vicié ; il ne ressemble plus à la conquête, au jeu de l’amour. Il est un crime qui restera pour toujours impuni. Ce décalage constant entre la modernité instrumentale et l’esthétique cinématographique brumeuse et voilée de scènes symboliquement fortes engendre un contraste terrifiant et magnifique, illustrant à s’y méprendre le caractère unique de la tragédie romantique exposée par Denize. Sorcellerie et mort demeurent les ultimes solutions de retrouvailles grises et malvenues, condamnées par la populace autant que par la victime affaiblie. « Que passe la nuit » est le spectacle mental, l’imaginaire en ébullition d’une femme gagnée par la folie et la fièvre du délaissement. Reste l’exil, le temps qu’il faudra, pour renaître de cendres encore brûlantes et corrosives. Les poèmes existentiels de Denize vous attendent sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Katel feat. Bonbon Vodou : nouveau clip « Je t’aime déjà »

Les calligraphies et dessins aux inspirations culturelles multiples, magnifiquement réalisées par Julie Gasnier et défilant tout au long de « Je t’aime déjà », n’ont qu’une seule et unique illustration à donner : celle de l’amour sous toutes ses formes, intense, cruel, religieux, ethnique, solaire ou crépusculaire. Les définitions sont infinies et propres à chaque individu. Katel partage, par ce biais, sa propre expérience, sur un rythme chamanique et ésotérique dont la simplicité mélodique dissimule un trésor inouï de précision et de complémentarité, tant avec le texte que sur ces gravures en continu. « Je t’aime que tu me touches à peine / Je viens de vivre amour Eros / La chair, le cul, le sang, les veines / Et à la fin la peau sur l’os » ; de l’échange charnel et cutané demeure un frisson, une extase mobilisant les membres, les muscles, les sexes. Qu’y-a-t-il après ? Peut-il parfois durer et d’autres disparaître aussi rapidement qu’il nous ont saisis ? Rupture de ton bouleversante et sensorielle, la prise de parole de Bonbon Vodou tente coûte que coûte de faire perdurer l’extase, le besoin d’exister éternellement par l’autre. Pourtant, quelques mots viendront fissurer la pureté du sentiment, semer le doute sans qu’il soit accepté : « Et pour que ne nous lasse pas / Gardons du jeu dans le je t’aime ». Brièveté acérée mais vraie de la force décuplée, sur le moment. De l’instant condamné à la disparition. Celui qui, lui non plus, n’a eu aucun mal à traverser les siècles et tenir la main des artistes maudits dont les œuvres picturales s’impriment pour longtemps sur nos rétines. Le retour bouleversant de la poésie ténébreuse et fervente d’une compositrice décidément unique. Laissez-vous enivrer par l’appel de Katel sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


DeLaurentis vs. Hans Zimmer

À quelques jours de la sortie de son nouveau single « Life » (qui sera rapidement suivi par sa vidéo officielle), DeLaurentis parvient encore, en deux minutes, à dévoiler une facette de son inspiration décidément infinie. Bêta testeuse pour la marque Embodme, elle nous livre aujourd’hui sa découverte et perfomance sur le prototype Erae Touch ; sauf que ce qui ne pourrait s’apparenter qu’à une simple démo devient un magnifique moment de grâce. Rencontrant la bande originale d’Interstellar, signée du prolifique Hans Zimmer, DeLaurentis s’immerge dans l’univers de Christopher Nolan le temps d’une cover qui n’en est pas vraiment une. Son jeu, en plus d’écouter attentivement le matériau originel, s’accapare admirablement l’émotion forte du long-métrage et de son accompagnement sonore, l’interprétation à laquelle nous assistons nous plongeant ailleurs, dans les étoiles et le vide d’une lumineuse solitude. On ne se contente pas de regarder DeLaurentis jouer ; on entre dans l’action, on se sent happé par elle, sans pouvoir résister un seul instant. La manipulation du magnifique objet qu’elle chérit ici se transforme en expérience artistique et sensorielle, en suspension lente et ralentie de nos corps et de nos esprits dans l’espace. Une rencontre qui, au-delà de l’évidence, pose les fondations d’une œuvre à venir, apte à bouleverser le monde visible et invisible. Retrouvez l’infaillible imaginaire de DeLaurentis sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


LoseHer : nouvelle live session « Jardin d’hiver » (cover Henri Salvador)

Forcément, l’intitulé lui-même nous a profondément intrigués. Comment LoseHer allait-il reprendre la chanson douce et inoubliable d’Henri Salvador, source intarissable de son retour sur le devant de la scène au début des années 2000 (n’hésitez pas à réécouter l’album Chambre avec vue, au passage ; une merveille) ? Quelle tonalité donner à cette chanson déjà forte et ayant ému toutes les générations ? C’est avec autant de respect que de délicatesse que le groupe livre tout son amour à travers une performance d’une beauté saisissante, un échange constant entre les musiciens revisitant l’essence du blues dont le grand Henri était si friand. Suave sans oublier, à certains moments, de suspendre l’action et l’unité de lieu dans des élévations beaucoup dynamiques, « Jardin d’hiver » se déploie lentement, s’amplifie au fur et à mesure de l’effet qu’il produit, de la tourmente solitaire qu’il impose de main de maître. Avec spontanéité et énergie, LoseHer laisse une forme d’improvisation pourtant savamment calculée se mettre en place, gagner en puissance et en émotion afin de réchauffer la flamme d’un lieu isolé, nocturne et dont la luminosité et la chaleur se communiquent bien au-delà de l’écran. Le finale, atmosphérique et foudroyant, est une lutte constante contre l’isolement et le repli sur soi, offrant une dernière fois à Henri Salvador et à son poème une dimension universelle amplement méritée. LoseHer vous attend dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.