Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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crédit photo Joel Culpepper : Dan Knott

NUMA [7534] : nouveau clip « Out of The Box »

On ne sait pas vraiment s’il s’agit de provoquer une réaction pour guérir de la neurasthénie ou d’une torture ; mais l’impact d’une violence inouïe de « Out of The Box » nous frappe en plein visage, grâce notamment à une mise en scène implacable et ne prenant jamais de gants. L’ambiance rock est mortifère, poisseuse, lavant notre cerveau en même temps que celui des victimes sur lesquelles nous observons, comme au microscope, les effets produits par l’alliance du son et de l’image, de ces instantanés de bonheur familial et social pelliculés, brièvement interrompus par les agissements rageurs de NUMA [7534]. Plus le court-métrage avance, plus l’on comprend qu’il fallait bel et bien un tel choc afin de rendre justice à leur album Mothership Down sorti le 21 septembre dernier. Tandis qu’aucune échappatoire ne semble possible, la vidéo dévie de sa claustrophobie ambiante, libère les bêtes et se dirige vers son origine, boucle spatio-temporelle sans commencement ni fin. Les rôles s’entrelacent, se conjuguent, se confondent ; et nous de ressentir l’exploit accompli par le groupe en un peu plus de trois minutes charriant l’étrangeté de l’isolement psychiatrique et la fougue épatante d’une musique corrosive à souhait. Votre dose d’adrénaline vous attend sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de NUMA [7534].


Cold Lands : nouvel album In The Light disponible

Le temps d’une intro posant calmement le climat propice à la tempête qui s’annonce, In The Light s’autorise une pause, une respiration avant d’entrer, le souffle coupé, dans la lumière. Le rock de Cold Lands, inspiré par de nombreux courants modernes dont il tire cependant une identité propre, s’axe autour de mélodies vocales et d’arrangements dont le langage est d’une incroyable fluidité au-delà de la distorsion. De riffs progressifs en passages plus aérés, l’opus évolue constamment, recherche l’essence de l’éblouissement qui a permis de lui donner naissance, contre vents et marées. Aucune vaine tentative de recopier ce qui a déjà été fait : In The Light est soigné, ne craignant pas quelques aspérités dans sa magnifique logique et sa production digne des meilleurs projets scandinaves à tendance mélancolique. Sauf que les Grenoblois insufflent constamment une énergie débordante, une envie qui offrent à l’ensemble, de même qu’à l’auditeur, un total dépassement de soi. Des instants durant lesquels lumière noire et éclairs foudroient les esprits, soulèvent la poussière et lavent les pensées négatives de nos cerveaux passifs. Un disque très particulier dans le paysage hexagonal, mais assumant sa personnalité avec autant d’intelligence que de sagesse. Pour en apprendre davantage sur Cold Lands, rendez-vous sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


2.40 : nouvel EP Core

La souffrance inhérente à la gestation de Core se ressent sous ses nappes synthétiques, ses rythmes découpés au rasoir et, plus que tout, dans le chant tantôt doux, tantôt rageur d’Adela Jens, créature dont le destin est porté par ces voix silencieuses ayant subi la mutation d’une jeunesse percée au cœur et à l’âme. 2.40 distille l’essence apte à nous enflammer grâce à une performance reliant, dans un monde bien trop réel, l’insouciance et la technologie, l’innocence et les dérives de la modernité. Soigné, nerveux et en quête constante d’immédiateté et d’urgence, l’opus affronte les profondeurs du doute et de la douleur (« OBS ») autant que le réconfort d’une personnalité retrouvée dans les ténèbres (« My Pride »). Core est un parcours initiatique, une quête existentialiste n’hésitant jamais à se confronter aux monstres intérieurs et dominants qu’il accepte d’affronter. Un virus dans le noyau dur de la passivité et de la déchéance, illuminant les réseaux nerveux et artificiels au moyen d’une éclatante humanité. Ici, l’électronique s’incline devant ceux qui l’invitent à s’exprimer, à prendre place pour accomplir six étapes complémentaires, six résolutions informatiques et humaines d’une sublime continuité. Une émotion vibrante, symbolique de ces recherches intimes que chacune et chacun d’entre nous n’ose jamais réellement affronter, de peur de sombrer dans les eaux saumâtres de la déception et de la dépression. En éclaireur, 2.40 dissipe la grisaille atmosphérique en regardant patiemment ses forces et faiblesses, en faisant grandir la densité infinie de la résilience et de la révélation. Retrouvez l’issue que le duo vous montre sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Joel Culpepper : nouvelle lyric video « W.A.R »

La liberté soul et funk de « W.A.R » souffle un vent contestataire et audacieux, porté par le chant parfait et voluptueux du Londonien Joel Culpepper. Sous ses aspects instrumentaux sages et dansants, le titre dissimule cependant une captivante et respectable indépendance, loin de toute forme de provocation gratuite ou de mise en avant de soi inutile. Grâce aux illustrations d’Eloise Rowley, « W.A.R » élabore patiemment son discours politique et sociétal, sa réalité culturelle et ethnique, sa volonté croissante et affirmée d’une égalité encore trop souvent malmenée et exécutée sur la place publique. Sans pour autant sombrer dans l’évidence d’un propos axé sur les sentiments les plus purs, Joel Culpepper brise les chaînes de la soumission et de la passivité, d’une définition nouvelle des formes d’esclavage que le monde s’amuse à amplifier dès que l’occasion se présente. Une chanson qui, même dans la lutte incessante et précieuse de ses instruments, fait voler en éclats les arguments du nihilisme et du racisme, de même que les adeptes d’idéologies passéistes malheureusement omniprésentes. Un hymne comme « W.A.R » se doit d’être vécu et partagé par le plus grand nombre ; avec amour et respect, tel qu’il le mérite. Rejoignez le mouvement de Joel Culpepper sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Midnight Cassette : nouveau clip « Playing with the Devil »

Ce qui marque avant tout avec la découverte de « Playing with the Devil », c’est la pureté sensible et magnifique de la voix d’Amy Winter, splendeur nous interrogeant sur le bien fondé du titre lui-même. Ce jeu avec le Diable serait-il une apparence ou, au contraire, une tentative désespérée de ne pas honorer le contrat passé avec lui pour un moment de gloire ? Les animations que nous regardons semblent indiquer une issue très particulière, bien qu’imprévisible. Dans des tonalités pop rock bercées de basses langoureuses et de rythmes veloutés, le titre regarde un public certes nombreux mais que les époques ont amené ici et maintenant, découpages d’êtres anonymes où se dissimule peut-être celui ou celle qui mettra un terme à cette fabuleuse démonstration. Peu à peu, le jeu de séduction de Midnight Cassette révèle ses réels atours, les formes et objets changeant de manière absurde et concrète. Se jouant des apparences tout en demeurant victime de cette cruelle réalité, le groupe reste passif, continuant sa performance comme si de rien n’était. Le besoin de s’échapper devient urgent et trouve, dans un pont mélodique d’une rare intensité, le retournement de situation tant attendu. La poésie décalée cède sa place à une libération humaine et esthétique dont les contours et dessins sont surprenants et fascinants, le travail apporté au court-métrage par Amy et Peter The Moon demeurant fluide, méticuleux et parfait. « Playing with the Devil » nous embarque avec lui sur l’île de tous les possibles, pour un repos amplement mérité après toutes ces aventures. Suivez les indices laissés par Midnight Cassette sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Lizzy Young : nouveau clip « Elephants »

Une danse nocturne à peine visible à travers le grain brumeux d’une caméra emportée par la performance qu’elle saisit ; « Elephants » entretient le mystère dès ses premières secondes, ne révélant à aucun moment d’interprétation toute faite de la performance de Lizzy Young. L’artiste récite, au fil d’une musique aux intonations minimales valorisant sa poésie contemporaine, les paradoxes de sentiments dont les contradictions se transforment en personnalité, en évidences définissant celle qui, au milieu des lumières, se cherche. La spontanéité des émotions défilant le long d’une narration tout sauf décousue est un plaisir certes mélancolie et parfois ancré dans une forte négativité émotionnelle, mais qui a le mérite de ne pas chercher à embellir ce que ne peut pas l’être. « Elephants » est une histoire en forme d’improvisation, un spectacle scénique porté par celle dont on ne verra jamais le visage mais qui parvient malgré tout à enflammer et occuper tout l’espace que lui offre l’écran. Une respiration étirée, infinie, dont la litanie finit tout simplement par nous fasciner et nous ressembler, ce que confirmera sans doute possible l’album Coocoo Banana prévu pour le 23 octobre prochain. Tout ce qu’il faut savoir sur Lizzy Young se trouve sur sa page INSTAGRAM.