Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Jumo : Luce Terrasson

please_don’t : nouveau clip « lisbeth »

Forcément, pour parler de son chat, autant filmer… son chat ! En y regardant d’un peu trop prêt, l’idée semblerait assez facile, voire inutile ou sans intérêt. Mais please_don’t, à l’opposé de nombreux musiciens qui, eux, n’osent pas l’avouer (sans comparaison stylistique possible, on pense aux chefs de file du doom metal My Dying Bride s’inspirant, pour l’un de leurs disques, de la mort du chien du chanteur ; là, forcément, ça fait bizarre pour des révoltés dépressifs anti-religieux), épouse son sujet comme il se doit, tout en regardant la créature par le prisme d’un écran scrutant les attitudes félines à la loupe, toujours à la première personne. Déclaration d’amour que peu se risqueraient à clamer à haute voix, « lisbeth » est amusant, simple et émouvant. Une piste de tendresse naturaliste qui fait un bien fou et se développe dans les mélodies pop aériennes du compositeur, épaulé comme il se doit par son invité de marque du moment. Ce qui en fait la parfaite anti-vidéo mignonne de chatons dont les millions de vue sur YOUTUBE restent toujours pour nous un mystère. En attendant de croiser l’animal dans les herbes folles (et de lui faire quelques caresses bien méritées, cela va sans dire), allez découvrir de toute urgence l’excellent album wandering_around sorti le 11 septembre dernier (L’Affect Records / AB Records). Et retrouvez-vous autour de please_don’t et lisbeth sur la page INSTAGRAM du musicien.


Marina Kaye en live immersif Dazzle le 22 octobre à 19h

Le principe choisi par l’équipe de Dazzle est tellement intéressant qu’il nous est impossible de ne pas le respecter ou de le passer sous silence. En cette époque de pénuries de concerts, de streamings faits à la va-vite par solitude ou manque de moyens et de frustrations du public et des artistes, le concert de Marina Kaye retransmis en direct sur le Web le 22 octobre prochain risque de longtemps faire parler de lui ; voire de totalement changer la donne. L’expérience se veut immersive, mélangeant différents médias afin de rendre la performance d’autant plus vivante et interactive, dans le choix du lieu, des illustrations visuelles accompagnant la musicienne, du design des lumières et du vidéo-mapping en direct. Un aspect technique mis au service de l’interprétation, d’un spectacle en ligne digne d’un phénomène auquel le spectateur serait physiquement convié. La recréation de l’espace scénique, entourant Marina Kaye et magnifiant ses compositions, laisse augurer d’un moment radicalement inédit, brisant le cadre restreint de l’écran, ce dernier n’emprisonnant plus une seule seconde l’action qui s’annonce. Nous serons au rendez-vous de cette première que nous vous encourageons à venir admirer sur le site officiel de Dazzle. Pour toute info supplémentaire, n’hésitez pas à en apprendre davantage sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de ce qui s’apparente à une véritable révolution.


The Curves : nouveau clip « New Attempt »

Les Lillois de The Curves s’ennuient ferme dans les premiers instants de « New Attempt ». L’image, passée et usée par le temps et les relectures successives, a elle-même quelque chose de déprimant, appelant vite et bien le rock à la rescousse. Quand le titre commence, la métamorphose est totale : biberonnés au rock nonchalant 90’s ayant connu son moment de gloire outre-Manche, The Curves ne se contente cependant pas de réciter sa leçon comme un bon élève planqué au dernier rang et gravant sa frustration sur son pupitre. On a presque l’impression d’assister à la séquence live d’un show télévisé américain du câble, à ceci près que le lieu ne se prête absolument pas au côté trop lisse des réalisations aseptisées ayant cours de l’autre côté de l’Atlantique, le groupe nous conviant en studio, spectateurs privilégiés de retrouvailles et d’un regain d’énergie et d’électricité qui nous transportent au milieu de ses musiciens, de leurs mouvements, de leurs écoutes respectives. « New Attempt » ; même joueur joue encore, mais avec des capacités très nettement décuplées. Mélodiquement impeccable et prêt à rapidement partir en vrille, le retour sonore des Nordistes promet d’autres moments encore plus intenses, pauses bienvenues dans nos routines à tendances misérabilistes. Ouvrez la porte de l’espace accueillant de The Curves sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Napkey : nouvel EP Nectar disponible

Au cœur d’un monde menaçant, Nectar part à la recherche d’une identité, d’une affirmation constamment bouleversée par ce qui l’entoure, qu’il s’agisse de la technologie ou de l’humain. Napkey se focalise, avec ce nouvel EP, sur la distanciation forcée de l’individu et sur la manière de le réconcilier avec lui-même. Grâce à des instrumentations mêlant admirablement artifices électroniques et élans humanistes, notamment dans l’utilisation et la production des voix, le duo traverse les pays intérieurs et extérieurs d’une planète dont l’axe se modifie constamment, parfois porté par la pop, d’autres par des intonations nostalgiques parfaitement orchestrées. Nectar est un voyage quantique pour lequel le temps n’est jamais figé ni linéaire. Il est une boucle autour de laquelle les chansons gravitent, une cellule vivante où les paroles vont puiser le patrimoine génétique qui les fera exister en tant qu’entités pleines et entières. Il est aussi un secret, la lecture admirable d’une musique apaisée mais n’oubliant jamais de rester en alerte face à ce qui pourrait l’agresser, la dénaturer. Ainsi, quand les éléments effacent l’isolement et l’abandon, les questions existentielles d’une solitude non programmée (« Blizzard »), l’opus s’offre une seconde chance, une vision nettement plus forte et radicale. Une œuvre que l’on redécouvre sans cesse, seconde par seconde, sans que ses contours ne soient jamais les mêmes. Tout ce qu’il faut savoir sur Napkey vous attend sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Jumo & Léonie Pernet : nouveau clip « Steve »

« Steve » contient, dès ses premières secondes, les origines d’un surréalisme à la fois angoissant et poignant. Qu’il s’agisse des ralentis ou du regard d’une caméra dont le grain en fait l’illustration troublante de la créature épiant sa proie, le nouveau clip de Jumo, porté par la voix spectrale de Léonie Pernet, délivre ses atmosphères de calme faussement rédempteur, de fête que la dédicace vient littéralement bouleverser. Steve Maia Caniço. Ce nom que personne ne peut oublier et qui parcourt les corps en mouvement, les tonalités bleues et rouges d’une alerte imminente. Malgré tout, il faut continuer à danser. Il faut résister. Luce Terrasson et Clément Leveau cassent les codes de la narration, de l’attraction des corps par la sueur et l’extase, en mélangeant consciemment l’innocence d’un environnement aseptisé et la violence de ce qui pourrait intervenir et tout briser, à n’importe quel moment. La musique elle-même, saccadée et samplant le chant dans un découpage fiévreux, foudroie l’individu par la peur qu’elle inspire, sous-jacente mais incroyablement vivante. Tout s’arrête. L’heure tragique est venue. Ce qui se déroule après relève du fantasme, de l’imaginaire ; ce qui aurait pu exister face au drame injuste dont la vérité n’a toujours pas éclaté. « Steve » est une hallucination, un exutoire n’oubliant pourtant pas que le pire est arrivé et a marqué les esprits, voire les générations, par le prisme d’un court-métrage sonore et cinématographique tétanisant et exemplaire. Une leçon humaine et civique. Tout ce qu’il faut savoir sur Jumo est disponible via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Godford : nouveau clip « Downtown »

Avec le clip de « Downtown », Godford crée rien de moins qu’une nouvelle forme de romantisme. Bien loin des images trop souvent rebattues d’une inspiration littéraire antédiluvienne, le court-métrage s’ancre immédiatement dans une modernité proche du naturalisme et d’une forme accrue du réel. Les premiers plans, entre paysages sauvages et ruines architecturales ou automobiles, installent le décor d’une relation amoureuse passionnée et charnelle, de celles que rien ne peut défaire ou anéantir, pas même une morale n’ayant plus aucune justification. Passant par les regards et les impulsions de la musique, le réalisateur Félix Dol Maillot transforme l’art de Godford, d’ores et déjà poignant dans ses mouvements électroniques tendres et langoureux, en poésie visuelle dont la pureté esthétique ne cherche jamais à être inutilement élaborée ou modifiée par de quelconques artifices. « Downtown » est direct, intense et spontané. Il est la narration du désir et de l’amour immaculé, de la complémentarité de ses deux héroïnes, quels que soient l’heure et le lieu. Il est sensuel, éblouissant, saisissant. Les quelques secondes stroboscopiques centrales électrisent la relation, la portent à un niveau très nettement supérieur à la moyenne. Une beauté troublante que chaque nouvelle seconde vient amplifier, sans avoir besoin d’exagérer l’action. Il est parfois primordial de laisser tourner la caméra pour toucher au sublime, de ressentir l’art mélodique pour engendrer une extrême pureté des sentiments et des gestes. Godford vous tend la main sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


 The Very Most : nouvel album Needs Help disponible (Kocliko Records / Lost Sound Tapes)

Il est parfois nécessaire de laisser son inspiration trouver une forme de complémentarité dans la présence d’artistes invités qui, par leur implication, vont radicalement modifier les intentions de base d’un album. C’est exactement ce qu’a fait The Very Most sur ce Needs Help dont la majorité des titres indie pop est transfigurée par la participation de collaborateurs issus d’horizons différents. Mais loin de n’être qu’une œuvre collégiale sans réelle cohérence, l’opus fédère celles et ceux qui ont été attirés dans ses filets, les compositions du projet de Boise servant de fil conducteur à une forme collégiale de performance et d’enregistrement. Sur les lits confortables d’instrumentaux dont la diversité offre tous les plaisirs possibles, les chants se suivent sans se ressembler, s’imposent d’eux-mêmes en ne troublant à aucun moment la quiétude et la confiance des Américains. La production, complexe et précise, s’enroule autour de sources vives dynamisant les élans nostalgiques et apaisants d’un art qui, s’il ne réinvente pas le genre, a le mérite de le faire évoluer vers le haut, happé par une lumière céleste imprégnant les douze titres de cette œuvre sobre, sincère et chaleureuse. Le salut dans le désarroi, alors que tout semblait à l’arrêt ; grâce à ses hôtes autant qu’aux complices ayant répondu à l’appel, Needs Help répond à son intitulé en prouvant que la solidarité n’est pas, malgré ce qu’on voudrait nous faire croire, un vain mot. C’est même tout le contraire. Retrouvez dès maintenant The Very Most sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Philippe Cohen Solal & Mike Lindsay feat. Adam Glover & Hannah Peel : nouveau single « Who Will Follow Angelinia? »

Défi périlleux que celui de donner vie aux textes intenses et multiples de l’artiste et écrivain brut Henry Darger. Pourtant, Philippe Cohen Solal (Gotan Project) et Mike Lindsay (Tunng) se sont risqués à se frotter à son œuvre massive et complexe, le temps d’un album, OUTSIDER, dont la sortie est prévue pour 5 février prochain (¡Ya Basta!). « Who Will Follow Angelinia? » devient dès lors l’introduction parfaite à cet ensemble artistique sur le point de naître devant le commun des mortels, grâce à son respect du matériau originel et à l’apport conséquent du timbre grave et habité d’Adam Glover. Un travail collectif bien plus difficile qu’il n’en a l’air mais immédiatement compréhensible et abordable, relisant les éléments folk qui le constituent en leur donnant une ampleur sonore apte à susciter une forme nouvelle d’imagination et d’appropriation de la musique. Le poème lui-même, lisible à de nombreux niveaux, s’ancre durement dans la réalité autoritariste que nous subissons tous actuellement, son lyrisme guerrier et religieux résonnant au cœur des couloirs menaçants de notre quotidien. Ainsi, l’impression tenace que Philippe Cohen Solal et Mark Lindsay ont attendu le moment propice à la diffusion de l’opus ne nous quitte pas un seul instant, tandis que nous savons qu’il sera un refuge autant qu’un cri de révolte. Le dialogue que nous procurent Adam Glover et Hannah Peel efface les frontières des genres, des sexes et des différences sociales ou culturelles, amplifiant l’impact de l’art de Darger. OUTSIDER sera, à n’en pas douter, une incroyable révolution, tant sur la forme que sur le fond. Toutes les infos sont à retrouver sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de ¡Ya Basta!.


Time For Dreams : nouveau clip « New Conflict Dream »

« Video inspired by KISS and the maze of self in a pandemic » : voilà ce que l’on peut lire en introduction de « New Confict Dream », nouveau clip en isolement total de Time For Dreams. Dès lors, l’action, si tant est qu’elle puisse être ainsi définie, servira à tromper l’ennui, grâce au maquillage, aux jeux vidéo et à la présence essentielle d’un alter ego félin. La musique elle-même, lente et réduite à son plus simple appareil, demeure dans l’attente d’une liberté difficile à retrouver. Si l’Enfer, c’est la répétition, « New Conflict Dream » essaie résolument de tromper cette phrase bien trop célèbre en ces temps d’épidémie, avec ce qu’il a sous la main. Le quotidien, d’abord plongé dans une éprouvante lassitude, finit lentement mais sûrement par s’égayer et ne plus reproduire les erreurs ou gestes automatiques de la veille. Même le fait d’accrocher du linge, de se nourrir ou de cueillir une fleur s’imprègne d’une poésie visuelle désabusée, d’une résilience qui, si elle demeure cruelle, conserve une liberté et une sensibilité étonnamment puissantes. Quelque part entre l’absurde et une forme artistique réellement émouvante, « New Conflict Dream » donne à Time For Dreams les clés d’une créativité sans limite, courageuse et franche. Les petites choses de la vie en fond les grands chapitres et les étapes les plus cruciales. Séance de maquillage et de carpe diem dès maintenant sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM du duo australien.