Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédits photos : Anna Maggý / Ilaria Foresi / Dan Harris

Augustin d’Assignies : « A Seed Story » (Session) / nouvel album Grapes le 4 décembre (Motherboard Records)

C’est en mélangeant des styles en apparence dichotomiques qu’Augustin d’Assignies parvient à créer ce jeu de clavier qui lui est propre, quelque part entre poussées électroniques franches et impulsions jazz aptes à se répéter sans lasser. La construction d’une piste selon le compositeur passe par plusieurs étapes, de l’appropriation de quelques sonorités de base au développement de ces dernières, rythmiquement et tonalement. Les harmonies qu’il construit, riches et emplies d’éclats blues et d’accords improbables et magnifiques, accentuent un vocabulaire sonore précis, judicieux et complexe. Alliant la beauté à la perfection structurelle, la progression à la contemplation de continents qui, sous ses doigts, se conjuguent et ne forment plus qu’une seule et admirable entité, Augustin d’Assignies lie les fils d’une tapisserie aux nombreuses ramifications, jusqu’à l’envolée céleste prête à clore cette inoubliable session live de « A Seed Story », démonstration vibrante des capacités infinies que le futur Grapes (dont l’enivrant – dans tous les sens du terme – teaser est visible ici) nous promet, à quelques semaines de sa sortie. Pour tout savoir sur cet événement en puissance, retrouvez Augustin d’Assignies sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Gabríel Ólafs : nouvel album Absent Minded Reworks le 13 novembre (One Little Independent Records)

La réinterprétation d’une œuvre uniquement instrumentale et acoustique peut sembler risquée pour celles et ceux qui s’y aventurent, surtout lorsqu’il s’agit des travaux précis et mélodiquement emplis d’émotions fortes du compositeur islandais Gabríel Ólafs. Sorti en août 2019, Absent Minded était un disque rare, la symbiose parfaite des éléments qui le constituaient, de ses interprètes et de son maître de cérémonie. Un opus tamisé, éloquent sans jamais devenir imposant, et dont la discrétion inhérente nous avait tout simplement bouleversés. Absent Minded Reworks se devait donc de modifier les strates de son matériau originel mais d’éviter à tout prix de les dénaturer ou de les voir s’effondrer. Or, les quatre extraits que nous avons pu découvrir jusqu’ici augurent d’un admirable respect, qu’il s’agissent de la profondeur ambient liturgique de Kelly Moran sur « Think Of Home », des influences traditionnelles asiatiques de Masayoshi Fujita sur « Another Fall, Another Spring » ou, plus récemment, de la sublime ampleur électronique accordée par Niklas Paschburg à « Lóa » et de la solennité cinématographique de « Bára (Hugar Rework) ». Des relectures dont la richesse et la diversité promettent une contemplation lente et réfléchie des ramifications d’Absent Minded, de même qu’une source vive d’inspiration pour son prodigieux auteur. Toutes les informations à connaître avant l’événement du 13 novembre prochain sont sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Gabríel Ólafs.


Emilee : nouveau clip « Rodeo »

L’errance dans une ville livrée à elle-même, par le prisme rose d’un regard qui, parfois, se retourne vers la femme attentive, souriante, ouverte à tout ce que ce paysage lui réserve. Emilee évolue de promenades en découvertes, portée par le piano désarticulé et la puissance de sa voix, partenaire idéal et fantomatique de ce voyage extérieur onirique et paisible. Architecture, formes corporelles et structures artificielles se superposent grâce à la réalisation patiente et passionnée de Mika Schakowoski ; d’une danse dans les tréfonds de la cité silencieuse aux toits illuminés par un firmament rassurant et protecteur, le court-métrage déambule, s’attache à une multitude de détails picturaux aptes à amplifier le minimalisme sonore qu’Emilee nous offre avec bienveillance. Scènes, gestes et espoirs jaillissent de pictogrammes dont la rapidité d’expression demeure cependant profondément ancrée dans notre imaginaire, fulgurances spectrales s’attaquant tendrement et irrévocablement à notre conscience, à nos désirs. On ne voit pas « Rodeo » comme on pourrait, à la va-vite, contempler le monde qui nous entoure ; on survole ces êtres, ces lieux, emportés par un regard bienveillant, admiratif et en quête de réconfort. Une mécanique qui, subrepticement, s’incarne dans ces nombreux tableaux d’une exposition irréelle, transformant ce qui est familier en un environnement nouveau, hanté et cependant terriblement attirant. Emilee vous convie à voyager dans et en dehors du cadre via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


EIGHTY : nouveau clip « Shoot Again »

On ne pouvait pas s’attendre à ce que la musique d’EIGHTY se retrouve illustrée à travers une poésie aussi bouleversante que celle qui imprègne chaque plan de « Shoot Again ». Sur des rythmes et arrangements disco taillés pour le dancefloor, le lieu lui-même, désert s’étendant à perte de vue, ouvre tous les horizons à la performance, à une action qui, de secondes magiques en minutes surréalistes, porte le sceau du charme et d’un étourdissant lyrisme visuel. La danse, les voiles d’une attraction qui paraît, pendant longtemps, impossible à concrétiser, éclatent dans l’alternance des contacts corporels et des visages interrogateurs, cherchant la certitude au sein de l’abstrait et de l’éphémère. Une histoire de la possession humaine, de la dépendance poussée à son paroxysme et dont il est difficile, voire impossible, de s’échapper. La tentation insufflée par les mélodies de « Shoot Again », par ses multiples chants et modifications rythmiques, par la cohérence de ses fondations harmoniques, devient chair le long des courbes d’une femme dont personne n’est capable de détacher le regard. Se perdre, s’égarer et retomber amoureux, terrible addiction ne ressemblant à aucune autre. Tout cela est-il vrai ? Sommes-nous le jouet d’apparences que nous devrions prendre le temps de connaître et d’apprivoiser ? L’ultime image, implacable, de ce rollercoaster artistique empli d’une harmonie pure et immaculée, affaiblit nos assises physiques et émotionnelles. Un périple exaltant, soutenu et magistral. Découvrez les exaltations musicales d’EIGHTY sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Fickle Friends : nouveau clip « 92 »

« 92 » ne s’enferme à aucun moment dans le témoignage de l’enfance et de l’éducation, de l’évolution d’une jeune fille en VHS. En intitulant le titre selon son année de naissance, Natti Shiner, chanteuse de Fickle Friends, préfère laisser les courants du passé interpeller notre lecture, notre vision et les comparaisons que nous en ferons avec nos propres vécus. Si tout se décide durant les deux premières décennies de notre vie, « 92 » est un formidable don de soi, sincère et revêtant ses bons et mauvais atours, quelque part entre la surprise, la joie et la soumission aux codes de conduite d’une famille modèle. Il peut être source de soulagement si l’on est en paix avec lui, comme la musique et la voix le laissent entendre le long des rives et filigranes des bobines projetées devant nos yeux. Regardant en arrière, Natti affronte la sempiternelle définition : « Voici qui tu es ». Aucun jugement, aucune douleur sous-jacente. Des faits, bruts, sans fard ni pudeur. Jusqu’à ce que ces captures par caméscope interposé révèlent leur signification, ici et maintenant, dans le rapport amoureux : sans elles, la relation naissante et grandissante serait certainement différente. En contrebalancement total, les premiers âges s’inclinent respectueusement devant le présent et les émerveillements à venir. Voici qui je suis ; et, grâce à toi, avec toi, je serai. En attendant l’expérience extrême et ultime que promet d’être leur nouvel EP, Weird Years (Season 1), prévu pour le 15 janvier 2021 (Cooking Vinyl), Fickle Friends vous invitent à partager leurs joies et douleurs futures sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Bottler : nouvel EP Grow disponible (InFiné)

En seulement quatre titres, le duo new-yorkais Bottler parvient à suivre l’évolution d’un être dont nous ne connaîtrons jamais l’identité mais qui, à travers ses explorations sonores s’enchaînant sans temps mort, connaît une vie des plus mouvementées. Grandir, subir, profiter puis mourir ; voilà en quoi se résume cette œuvre hybride et emplie d’une multitude de détails périlleux, de dangers mélodiques foisonnants dont il est difficile de se passer une fois que l’on s’est prêté au jeu. Des élucubrations électroniques et samples audio de « To Grow », montée en puissance et entrée en matière en forme de feu d’artifice accueillant son invité sur Terre, aux intonations psychédéliques de « Phases » et R’n’B du chant de « Soft Winds », le disque exploite entièrement les prouesses matérielles et structurelles mises en place par ses concepteurs, poursuit sa quête de l’illustration ultime des étonnements, désagréments et émerveillements des années qui défilent. Grow demande une forte concentration sans pour autant oublier d’être un véritable plaisir immédiat, réconciliant les maniaques de la production et les épicuriens du moment présent. L’ultime dynamique de « Funeral Plants » achève de découper l’espace-temps et transforme la disparition programmée en une formidable énergie électrique prête à se réincarner, à devenir éternelle. Un opus aux multiples formes et strates artistiques, dont les atomes s’entrechoquent et s’inscrivent sans difficulté dans notre patrimoine génétique et culturel. Retrouvez dès maintenant les alchimistes de Bottler sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.