Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Nick Cave : Joel Ryan

Venus VNR : nouveau clip « POP P*RN »

L’addiction au sexe et à la pornographie est exposée de manière frontale par Venus VNR grâce à leur nouveau clip, « POP P*RN ». Mais là où le titre est beaucoup plus malin que ce qu’il laisse croire, c’est lorsqu’il personnifie, dès ses premières secondes, la dépendance de la rencontre virtuelle axée purement et simplement sur le plaisir charnel. Quand d’autres se cachent derrière leur écran, attendent que tout le monde autour soit endormi, pour assouvir leurs vices, nos deux musiciens n’hésitent à aucun moment à montrer en quoi Internet peut favoriser la réalisation, solitaire ou commune, des fantasmes corporels. Même la musique nous entraîne vers l’obsession, alliant avec perfidie et magnificence la masturbation, le regret post-coïtal et l’envie urgente de recommencer dès que possible. Entre définitions d’une forme de culture populaire à faire pâlir les fanatiques de l’abstinence (autant ne pas prendre de gants, si vous nous permettez cette expression dans un tel contexte) et énonciation ne sombrant jamais dans la vulgarité gratuite, « POP P*RN » n’a peur ni du regard en coin, ni du jugement trop rapide et d’une confondante banalité. Au final, un hymne bien pensé et interdit aux moins de 18 ans ; pour ceux qui croient encore que l’accord parental ne peut pas être détourné. Les cours magistraux existentialistes de Venus VNR sont à retrouver sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


La Pietà : nouveau clip « Pas désolé »

Ne jamais se confondre en excuses pour ce que l’on est. Sa culture, ses préférences, son identité ; toutes ces parties du tout que chacun forme et qu’on malmène de jour en jour, qu’on pointe du doigt sur les réseaux sociaux et dans les médias. La bien-pensance fait mal, tue, écorche même les âmes les plus pures. « Pas désolé » fait émerger cette rencontre entre la vérité et l’idéalisation des caractères, notamment en se fondant sur le partage idéal entre La Pietà et Al3ph (Julien Peronnet). Dans une magnifique alternance de monochromes et de couleurs aveuglantes, d’ombres chinoises et de regards à peine exposés, le court-métrage s’anime selon les aveux qui, sans attendre, se déroulent afin de libérer une conscience qui, pour le coup, se sent parfaitement à l’aise avec elle-même. Basculant du rêve (la vérité) au cauchemar (le reproche constant fait par autrui), « Pas désolé » ne se dérobe à aucun moment, contredit par l’image et le son la faculté humaine à écraser et dénigrer son prochain. Transformer la faiblesse en énergie brute et brûlante ; c’est ce que parviennent à accomplir les deux créateurs, dévoués corps et âme l’un à l’autre. La figure de l’autorité maternelle, tombée de son piédestal, demeurera le point de vue autour duquel toute l’argumentation, de la vie à la mort, pourra s’articuler ; et personne ne sera jamais capable de l’affaiblir ou de l’annihiler. Nous vous conseillons de lire les infos concernant la création de « Pas désolé » en suivant ce lien. Et, plus que tout, d’aller faire croître l’influence sacrificielle de La Pietà via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Thomas Barrandon : nouvel EP Up in the Sky disponible

Ce qui pourrait n’être qu’une musique à connotation cinématographique dépasse largement ce cadre grâce à l’art instrumental de Thomas Barrandon. Up in the Sky, progressant autant entre chaque piste que dans les structures unitaires elles-mêmes, donne une nouvelle définition à l’évasion, que ce soit par l’art ou l’imagination. D’ambiances souples et célestes en rythmes appuyés et tribaux, le compositeur narre le conte d’une rencontre, de l’observation d’un astre qui, comme le montre sa pochette, pourrait accueillir une nouvelle forme de vie. Ces développements synthétiques, qu’ils soient addictifs et extrêmement bien structurés (« Land of Sea », « We Left Home ») ou paisiblement introduits, le long d’un temps n’ayant plus aucune importance d’un point de vue linéaire grâce aux peintures sonores délicates de leur maître de cérémonie et peintre (« Fledge »), s’étirent et s’envolent sans crier gare, spatiaux et évanescents (« Storm »). La quête absolue d’une existence insoupçonnée. La formation astrale d’une planète étrangère qu’aucun être vivant n’a, jusqu’alors, été capable d’envahir. Le lieu parfait d’une solitude et d’un isolement propices au renouveau, à la renaissance, comme le suggère le piano sidéral du bien nommé « Calm ». Une histoire dont vous pouvez apprendre les fondations et motivations sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Thomas Barrandon.


Milky Wimpshake : nouvel album Confessions Of An English Marxist disponible (Bobo Integral Records)

Rien que le titre nous a immédiatement tapé dans l’œil ; quelles sont donc ces confessions si spéciales auxquelles nous convient les Anglais de Milky Wimpshake ? Originaires de Newcastle, cité ô combien portée sur le marxisme en tant que mode de vie (du moins dans une histoire pas si lointaine que ça), les musiciens portent leurs revendications libératrices depuis bientôt trois décennies, tout en conservant une indépendance qui, pour d’autres, semblerait suicidaire. Qu’importe : Pete Dale (voix, guitare), Christine Rowe (basse) et Emma Wigham (batterie) ont le punk dans le sang, rouge de préférence, même si leur art réside ailleurs. Pas de frénésie échevelée au fil ténu des compos radicales de Milky Wimpshake ; non, il s’agit bel et bien de quelque chose de plus insidieux, dans la sécheresse des six cordes ou les mélodies volontaires et révoltées de la voix. Trois paroles pour un seul et même but : donner vie et consistance à ces aveux couchés sur microsillons, à travers la liberté totale de membres d’un parti qui n’est qu’à eux mais pourrait bien faire céder bon nombre de barrières sociales, économiques ou politiques. N’omettant pas l’importance cruciale du laisser-aller, notamment dans le cri de guerre « Fuck Art, Let’s Danse » (sic), nos militants de la première heure s’éclatent et rédigent, au gré de créations sulfureuses et volcaniques, une Bible contestataire en quinze chapitres aussi abrupts que passionnants. Quelque chose nous dit que certains partis pseudo-communistes hexagonaux et internationaux feraient bien d’en prendre de la graine ; car, avec de tels arguments, on adhère sans condition ! Pour rejoindre le mouvement, Milky Wimpshake vous gardent leurs prospectus et discours enflammés sur leur page FACEBOOK.


Nicolas Repac : nouveau clip « Electrosapiens »

Magnifique collage pluriculturel, le nouvel EP de Nicolas Repac, Rhapsodies (disponible chez NØ FØRMAT!), invite avec respect et un sens de l’écoute accru les cultures africaines, les artistes antédiluviens de performances portées par le cœur et l’âme de leurs interprètes. N’ajoutant à ces sources vives que de délicats arrangements électroniques, les deux langages se répondant parfaitement l’un à l’autre, le compositeur n’a pas cherché à imposer une quelconque empreinte trop encombrante ; à ce titre, « Electrosapiens », dans son nom tout d’abord, puis dans sa structure, résume à la perfection les intentions qui sont ici mises en forme. Le berceau terrestre, ses décors naturels, ses individus fondus dans la masse, cinglent une identité déchirée entre la singularité au sein de l’univers et la globalité sociale, de même que les chants Dogons du Mali, alliés à la spirale d’une terre réduite à l’éternel combat modernité/naturalisme, offrent des éléments de réponses inattendus, des fables ancrées dans la réalité d’une motivation commune pour chacun d’entre nous. La transformation de l’Homme de Vitruve de De Vinci est la définition extrême et incontestable de ces enjeux ; « Electrosapiens » craint la désincarnation par la technologie et la surproduction, tandis que notre souffle vital se meurt à l’allure fracassante des disparitions écologiques. Au cœur des stroboscopes du court-métrage, Nicolas Repac ne demeure pas dans l’inquiétude ; il agit et nous pousse à faire de même. Le mariage des continents, la liaison tectonique audacieuse de son œuvre, est une formidable incitation à la concrétisation de comportements responsables, portés par les harmonies et résonances ancestrales de Rhapsodies. Découvrez ces précieux dialogues, et bien plus encore, sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Nicolas Repac.


Nick Cave : nouveau clip « Euthanasia »

Annonciateur d’un double album live, Idiot Prayer – Nick Cave Alone at Alexandra Palace, prévu pour le 20 novembre prochain, « Euthanasia » prédit ce qui sera sans nul doute l’un des événements discographiques les plus importants de cette fin d’année. Seul au piano, Nick Cave a en effet donné rendez-vous, en juillet dernier, à ses fans via un show en streaming dont la perfection dépouillée nous avait laissés abasourdis, version colorisée de l’impact visuel que fut le documentaire en noir et blanc One More Time With Feeling. L’Australien semble avoir souhaité se démarquer de l’impact humain et personnel que ses récents drames et son inéluctable chemin de croix ont amené vers les sublimes Skeleton Tree (résonance déjà enregistrée au moment de la perte tragique de son fils, mais sonnant le glas d’une indicible épreuve) et Ghosteen, tout en accueillant la singularité intemporelle d’une interprétation piano/voix simple mais rapidement évidente. « Euthanasia », inédit de l’époque Skeleton Tree, avoue la perte des repères, l’absence d’espace et de temps lorsque la source d’amour est absente. Une narration emplie de crainte, d’une petite mort visible autant dans les paysages que le vagabond observe qu’au fil des rencontres et des retrouvailles. Les heures, les jours, les années s’effacent devant le sourire, l’accueil réconfortant d’un recommencement. Ce qui transparaît de « Euthanasia », l’inéluctable destin que l’homme brave contre toute attente, devient alors la racine de l’expérience qui nous attend, dans un peu plus d’un mois ; et nul doute que, comme pour ses prédécesseurs les plus récents, nous n’en sortirons pas indemnes. Le temps de retenir votre souffle et vos larmes, retrouvez Nick Cave sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.