Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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crédit photo Alice et Moi : Julie Oona

Alice et Moi : nouveau clip « Les gens sont cools »

Alice et Moi se met en mode Sims pour amplifier la portée très second degré de « Les gens sont cools ». Dans une réalité virtuelle colorée et illuminée de toutes parts, elle promène son innocence au gré de paysage aseptisés, de teintes chaleureuses et tendres. « La vie est une fête, tout est tellement chouette » ; ce qui nous semble si peu évident (ne sommes-nous pas les premiers à déverser notre haine et notre stress quotidiens sur celles et ceux que nous croisons, sans motif valable ? Qui n’a jamais péché, etc…) qu’on aimerait réellement y croire à fond. Même la musique accompagnant la chanteuse, scintillante et sucrée, nous installe confortablement auprès de l’ingénue dont nous désirons par-dessus prendre la main pour courir dans ces prairies artificielles, le sourire aux lèvres. Jusqu’au bug : les dernières secondes de la vidéo, en plus de nous replonger dans la réalité avec autant d’humour que de rage, sont une pure jouissance visuelle et cinématographique. Voilà pourquoi on adore Alice : elle ne dissimule jamais longtemps ses intentions et embrasse pleinement sa vocation de trouble-fête dans une chanson française sirupeuse et dégoulinante de sentiments inoffensifs. Une double personnalité qui n’a pas fini de faire des ravages, ce que l’on ne manquera pas de souligner et d’encourager dès que l’occasion se présentera. Pour patienter avant la sortie de son très attendu premier album début 2021, entrez dans la charmante schizophrénie d’Alice et Moi sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Kiss Doom Fate : nouveau clip « WAKE UP »

On ne cesse d’adorer Kiss Doom Fate au fur et à mesure de leurs choix artistiques, esthétiques et musicaux. Ce qui se confirme avec « WAKE UP », pyjama party prête pour un mode sensuel dont le don de suggestion est d’une rare beauté. Le duo sévit là où personne ne l’attendait, s’accordant même une tendresse teintée de songes indicibles au fil du titre et des couleurs qui le mettent en scène. Alors bien sûr, tout cela n’est qu’un rêve ; un fantasme dont on ne souhaite à aucun moment se réveiller, s’agrippant à nos cerveaux grâce à des arrangements chargés de parasites, de glitches et de connexions aptes à injecter le virus dans nos mémoires trop souvent à l’arrêt ou faillibles. Cependant, « WAKE UP » se focalise sur notre perception, sur ces actes et contes psychiques se déroulant derrière nos paupières closes ; l’action, inéluctable et hypnotique, charrie érotisme et attraction sans un seul instant de répit, qu’elle passe par les regards ou les textures d’un lit, d’un vêtement, d’un drap. De même, les ralentis éblouissants accentuent notre sensation grandissante de ne plus être maîtres de notre destin ensommeillé pour les heures à venir. Lorsque le court-métrage s’arrête, notre évasion demeure intacte. Kiss Doom Fate parvient à effacer la réalité, en trois minutes oniriques et épidermiques. Poursuivez ce shot d’imaginaire addictif sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Miss Machine : nouveau clip « Tout autour »

Elle entretient le mystère. En définissant ce qui est « Tout autour » sans le nommer, Miss Machine laisse le temps à chacune et chacun d’entre nous de se faire sa propre idée. De se chercher, dans les superpositions de son visage et de décors aux couleurs changeantes, basculant sans crier gare de l’obscurité à la lumière. De choisir le nom, le mot le plus apte à définir cette entité tout d’abord indicible. La beauté pop et rock de chanson, amplifiée par le timbre affirmé et léger de la musicienne, laisse augurer d’une émotion forte, d’une présence, d’un souhait souvent difficile à exaucer. Avouant même sa solitude face au non-dit, Miss Machine ne perd par courage, exprime sa frustration et son besoin viscéral de connaître la vérité. Dans la multiplication, par-delà les frontières, « Tout autour » assène une réalité que l’on préfère taire ; car notre compositrice, aidée à la réalisation par la mise en scène subtile de Broken Ninja, propage un sentiment profond et intérieur, unique à chaque être humain. À nous de le voir, de l’affronter ou de le contempler ; qu’il soit positif ou négatif, il est. Il demeure. Il veille. Et nous change à jamais. Si vos doutes persistent, Miss Machine vous accueille sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Ojos : nouveau clip « misterio misterio »

Lors de la présentation de leur nouveau projet, Elodie et Hadrien nous avaient pris par surprise, saisissant une nouvelle forme d’écriture et de composition plus intimiste et, maintenant que le doute n’est plus permis, plus proche de leurs désirs artistiques. Ojos crée un univers unique en son genre, où les rythmes chauds et confortables se voient transfigurés par des arrangements forts et essentiels, par la voix tantôt pudique, tantôt sûre d’elle de la chanteuse. L’étrangeté de « misterio misterio » se lit à double sens, quelque part entre l’affection et l’attirance, puis entre l’évidence des motifs d’une séparation et un regard porté vers l’infini. À la question « Pourquoi ? », revenant régulièrement dans nos esprits, le duo n’apporte aucune réponse toute faite mais dessine les fondations et repères rassurants d’une écoute attentive, d’une présence destinée à devenir indispensable. La convivialité d’Ojos, sa sincérité sans fard ont quelque chose de déstabilisant ; car une telle franchise, une honnêteté poussée ainsi à l’extrême en nous conviant aux différents processus humains et techniques de la création, balaient du revers de la main la distance entre artiste et public. Avec, pour effet immédiat, l’irrépressible envie de confier nos existences à ces compagnons de route qui, à aucun moment, n’hésitent à nous prendre à leurs côtés. La dynamique imparable, électrisante et excitante de ce qui dépasse rapidement son statut de simple making of, conserve un éternel pouvoir d’attraction et de confiance. Ojos vous ouvre les bras et les portes de son monde sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Alex Stolze : nouveau single « Negev »

« Negev » a quelque chose de transitoire, une parenthèse condensant toutes les expériences d’Alex Stolze, une respiration au cœur d’une vie dont les surprises et les rencontres obsèdent et fascinent le compositeur. Le mouvement ascendant de la piste, entre piano et cordes, suggère une sensation constante de plénitude, d’isolement nécessaire afin de mieux s’ouvrir, s’épanouir. La qualité cinématographique de « Negev », sa proximité avec nos propres tourments et nos tristesses sous-jacentes, le laisse pénétrer dans chaque partie de notre être, nous allonge par la pensée sur un matelas confortable, contre le corps d’un fantôme qui, on le sait, finira malheureusement par disparaître. Qu’importe : en moins de trois minutes, l’illusion est plus forte, plus vraie que la réalité elle-même. Alex Stolze préfère l’atmosphère au dialogue, le silence orné d’harmonies divines à la parole inutile et vaine. Son art réside dans la confidence, dans le développement éternel et sensoriel de nos identités, de nos histoires. Entre discrétion et illumination, « Negev » est une représentation bouleversante de nos psychés. Le mouvement lent et affectueux d’une caresse, éphémère mais inoubliable. Découvrez l’univers cosmopolite d’Alex Stolze sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Subheim : nouveau single « Old Blade »

Les œuvres de Subheim se suivent et ne se ressemblent pas, même si les expérimentations sonores du compositeur demeurent reconnaissables entre toutes. Tandis que ses opus précédents s’ancraient dans la noirceur tamisée de mélodies et d’ambiances feutrées, brumeuses et réservées, « Old Blade » invite au bal des damnés une rythmique dont la fluidité, la puissance et la limpidité font vibrer nos épidermes tout en ralentissant nos battements cardiaques. Les effets noise épousent arabesques et distorsions, mélodies synthétiques déstructurées mais formant un ensemble intègre, logique et empli d’impressions s’accordant quelques silences vitaux. Aiguisé et observant, en survol, son monde froid et cendreux, « Old Blade » laisse transparaître, en filigrane, quelques lumières discrètes, bleutées, comme autant de feux follets après l’orage, bien que la menace demeure. Une piste étirant nos peaux et nos muscles, emprisonnant nos sensations et notre température interne, en attendant le nouvel album du prodige, ΠΟΛΙΣ, dont la sortie est prévue pour le 30 octobre prochain (Denovali Records). Plongez dans les fascinants abysses de Subheim sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.