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Herman Düne : nouveau clip « Mookie Mookie »

Changement radical d’atmosphère pour le nouveau clip d’Herman Düne, moins d’un mois après l’excellent et obscur « Say You Love Me Too ». Le songwriter se présente devant nous, cheveux tricolores et littéralement possédé par « Mookie Mookie », ode blues rock apte à susciter l’engouement le plus total. Tout au long de ses expositions, le clip saisit, dans un mouvement constant et quelques pas de danse, des scènes où le street art et la personnalité extravertie du musicien s’entrechoquent, s’observent, se complètent. Grâce à son énergie débordante, sa vitalité que l’on savoure comme le meilleur des alcools et une dynamique croissante, le titre est passionnant de bout en bout, communicatif en diable et apportant un grain de folie bienfaiteur dans une cité absorbée par la grisaille de cieux incertains. Une simplicité qui force le respect et confirme que le très attendu Notes From Vinegar Hill (sortie le 6 novembre prochain chez Santa Cruz Records) risque fort de révéler les multiples visages d’un créateur décidément inépuisable. Pour apprendre à vous mouvoir comme Herman Düne, toutes les infos sont sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Alanis Morissette : nouvel album Such Pretty Forks In The Road disponible (RCA / Sony Music Entertainment)

Revenons quelques semaines en arrière, tandis qu’Alanis Morissette se risquait à sortir son nouvel album. Autant être francs : nous avions légèrement abandonné la musicienne depuis son troisième disque, tant par déception que par peur de ce qu’elle pourrait nous réserver. Pourtant, Such Pretty Forks In The Road s’annonçait comme une renaissance de cette artiste capable d’une écriture fine et magique ; mais rien ne nous avait préparés à un tel choc. Le songwriting de l’opus se pare d’une mélancolie sous-jacente qui, dans les échos de production auxquels il se raccroche, dans la perfection d’arrangements travaillés à l’extrême, résonne le long des onze pistes fébriles et intenses auxquelles nous nous agrippons sans pouvoir lâcher prise une seule seconde. Cette beauté froide, alchimie idéale entre la résilience et la redécouverte d’une force intérieure qui nous manquait, est une véritable prise de risque où Alanis Morissette se plonge corps et biens. Jusqu’à l’explosion, nécessaire, inattendue et radicale : « Nemesis », ce démon qui la hantait, expulse ses derniers sorts sans pouvoir nuire à la pleine conscience retrouvée de celle qui s’oppose enfin à son alter-ego maléfique. Une piste dont on ressort exsangue, abasourdi. Et qui achève de transformer Such Pretty Forks In The Road en chemin de croix, pour mieux nous ouvrir à la résurrection d’une artiste qui nous avait cruellement manqués. Découvrez les nouveaux visages d’Alanis Morissette sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


KACIMI : nouveau clip « Sous les Eaux »

« Sous les Eaux » ressemble à s’y méprendre à la suite du précédent clip de KACIMI, « Gyrophare » ; après l’exaltation vient le partage d’une vie, l’installation sur la durée. En quelques plans instaurant un climat tant citadin que matinal, on distingue les formes d’un corps, les architectures d’un lieu égaré parmi d’autres mais dont l’identité est cruciale pour l’avancée du couple, porté par la musique tendre et attentionnée du musicien. D’ombres en lumières, « Sous les Eaux » modifie constamment les points de vue, les regards volés, les instantanés d’une existence simple, d’une invitation à savourer le moment présent. Le besoin de voyage, cette lenteur d’une décision qui pourra modifier le cours du temps, se trouve brusquement annihilée par le drame. La disparition dans les flammes, l’évaporation du sentiment derrière les rideaux de fumée d’une cigarette, la solitude intérieure qui patiente après l’attirance ; KACIMI dessine une réalité n’ayant rien du fantasme, mais au contraire admirablement ancrée dans l’expérience, qu’elle soit réconfortante ou cruelle. Le grain documentaire du réalisateur Karim Ouelhaj (Okayss), ses rotations de caméra vertigineuses, appuient la sensation de toucher sans pouvoir totalement savourer ce qui, pourtant, demeure à portée de main. « Sous les Eaux » est une question en suspens, l’expectative longue mais nécessaire d’une réciprocité, d’un face à face. En attendant l’album Gyrophare prévu pour le 30 octobre prochain (Le Pop Club Records), explorez les constats humains aiguisés de KACIMI sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Denize : nouvel EP Revoir la mer disponible

« La vague » nous avait d’ores et déjà prouvé que l’art de Denize ne s’abreuvait à aucune source vive connue, à aucun genre narratif, vocal ou instrumental. Revoir la mer se vit autant qu’il s’écoute et se lit, cachant en ses sillons les lignes d’une œuvre pure, oscillant souvent entre la recherche de soi et les bras rassurants des flots. Denize invite, sur ses paysages harmoniques, de délicats arrangements électroniques, des cordes répondant à son chant et à ses complaintes, en solo ou en chœur. Paisible mais cependant apte à capter les tempêtes intérieures, notamment par le biais d’un verbe franc et affirmé, l’opus n’hésite à aucun moment à amplifier ses paradoxes, à rendre leur complémentarité aux sentiments qui font l’être. Des enivrements obscurs de « Que passe la nuit », troublantes déceptions conduisant vers la décision ultime, à la mélancolique sincérité emplie d’espérance de « Dis-moi » et « Un temps donné », le pas est franchi, sans haine ni violence. Jusqu’à ce que les éléments, les déchirements et la volonté se conjuguent au singulier, sans occulter le pluriel, avec « Dynamite » et, plus loin, grâce au blues nocturne mâtiné de nappes confortables, adoucissant les exaltations et les peines, de « Revoir la mer ». Il convient dorénavant de réaliser ses désirs, ses envies. De prendre un nouveau départ en répondant à l’attraction de cieux plus accueillants et bienveillants. Malgré la douleur, malgré les troubles et les cicatrices, Denize s’aventure sans hésiter vers les éléments qui, s’emparant d’elle, la recevront et la conseilleront pour ses futurs ouvrages. La mue d’une femme confiante et portant son destin à nos regards, en toute complicité. Découvrez les mondes lumineux de Denize sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Bandit Bandit : nouveau clip « Nyctalope »

La séduction animale émanant du couple mis en scène dès les premières secondes de « Nyctalope » ne laisse pourtant planer aucun doute ; en perdition, ces deux-là sont prêts à tout et n’ont rien à perdre. La semi-obscurité, menaçante et mère de tous les vices, les incite à l’action, que l’on imagine rapidement débridée et hors de contrôle grâce au rock intense de Bandit Bandit. L’histoire peut aussi bien devenir un drame qu’une quête existentielle, charriant son lot de violence et de désespoir. Plus personne ne court aucun risque à se laisser aller à ses instincts primitifs ; alors, avec condescendance, on embarque, observateurs avides de sensations fortes. Le réalisateur Théo Sauvage signe un véritable court-métrage soigné et crépusculaire, jouant de la noirceur et des éléments lumineux avec un sens de la mise en scène qui nous plonge immédiatement entre ces deux égarés magnifiques. De dépendances en distance, de colère en non-dits cruellement évocateurs, demeurent la chair, le feu, le sexe. L’explosion programmée aura bel et bien lieu, mais renforcera d’autant plus nos créatures nocturnes, quand le rythme et la pesanteur instrumentale commenceront à régner et aboutir au tragique qui, lui, ne sera pas montré. Un écueil qui aurait pu mener « Nyctalope » vers des références cinématographiques trop appuyées, mais est ici évité de main de maître. La sueur et la rage des ultimes secondes nous laissent sans voix, sans pouvoir bouger. Alors, on recommence. On sent gronder l’indépendance qui sommeille en nous, la révolte, l’envie d’une passion que rien ne pourra détruire. Pas même la mort ou, pire encore, la séparation. Bandit Bandit poursuit ses fantasmes électriques pour vous sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


AKIAL : nouveau clip « Comme une graine »

Patienter. Attendre son heure, tout en s’opposant à la bien-pensance, aux conseils erronés de personnes qui, pour le coup, ne servent à rien. Fuir les principes, se damner pour exister et cracher au visage d’un monde qui ne voit même pas qu’il est en perdition. Les regards des premiers instants de « Comme une graine » sont séduisants, mais portent en eux une fausseté, une apparence poisseuse de masque illusoire. AKIAL cherche l’échappatoire, non pas en argumentant façon matraquage grâce à son spoken word tranchant et vrai, mais en installant l’évidence, la reconnaissance. Les sonorités rock et hip-hop de l’instrumentale se percutent, frappent le chanteur au visage pour mieux l’encourager à se relever. C’est dur, implacable, cruel. Puis tout est bouleversé, par une phrase, un changement dont la radicalité est aussi belle qu’éprouvante : « T’avais mal au dos, normal quoi, et moi, j’avais des mains ». Simple. Une forme d’authenticité que l’on espérait plus au cœur des ténèbres du court-métrage, de ses attitudes blasées et esseulées. La conclusion est sublime, forte, accélérée pour mieux se concrétiser. Elle nous change, pour toujours. Et si tout n’était que l’illusion d’un pessimisme ambiant ? AKIAL apporte un élément de réponse primordial, vital. Rencontrez le destin sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.