Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Côme Ranjard : Hugues Ranjard

Desmond Myers : nouveau clip « Chinatown »

La décrépitude du lieu nous ferait presque oublier, pendant quelques instants, les propos cependant rassurants et attentionnés de Desmond Myers. Derrière la sensualité érotique de « Chinatown » se dissimule une atmosphère tamisée, sereine, attentionnée. Le désir montant d’une fuite, l’espace de quelques nuits, dans les dessins de la peau de l’autre autant qu’au cœur de la cité endormie, paisible. Le R’n’B du musicien, loin d’être inoffensif ou contraire à la définition d’un genre trop souvent fourre-tout, adopte la langueur et la patience. Sous les lumières de l’extérieur, néons subtils et pastels amplifiant la dualité de l’acte et du partage charnel, l’attraction est totale. L’amour de la ville, d’un quartier incarné, pour de précieuses heures, en une créature dont il est impossible de détourner le regard. « Chinatown » est une chanson suave et vénéneuse, irrésistible et intime ; une caresse à l’être adoré, dont on ressent les effets bien après son issue, dans une nuit apte à braver les interdits, la condescendance et la bienséance. Tombez dans les filets de Desmond Myers sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Marie Urbain : nouveau clip « Essi »

La nostalgie de l’enfance qui paraît dans les plans satinés d’ « Essi » nous prend par surprise, avant de fédérer nos émotions les plus pures. Au cœur d’un décor que l’on croirait surgi de nulle part, Marie Urbain regarde grandir tout son être, sa maturité autant que ses souvenirs. Par des bribes de phrases, de constats en évidences, les instantanés de vie qu’elle expose tout au long de la pellicule sont confidentiels, offerts au spectateur avec une incroyable générosité. De films anciens et usés à l’émergence d’une fleur hybride, se nourrissant de la sève artistique d’une compositrice habitée par son propos, « Essi » se demande, lentement et paisiblement, ce qui aurait pu être en l’absence de ces cadres qui, sur le moment, nous semblent étouffants mais finissent par nous constituer tels que nous sommes. Sommet de beauté visuelle et musicale, l’ultime minute chorégraphié de ce splendide moment est hypnotique, l’espace pourtant clos s’ouvrant à l’extérieur tout en imposant une esthétique forte et dont il est impossible de détacher le regard. Les secrets de Marie Urbain, ce patrimoine sensoriel qu’elle délivre avec sincérité et émotion, n’ont pas fini de nous hanter. Suivez son chemin parsemé de mille pétales sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Côme Ranjard : nouveau clip « Hippocampe »

Le grain est usé, érodé du fait d’avoir séjourné de nombreuses heures dans un climat sous-marin pourtant accueillant et attentionné. Dans les profondeurs du tendre « Hippocampe », Côme Ranjard explore un univers aquatique où le mystère et le rêve s’entremêlent, où la poésie et l’introspection règnent et nous enivrent. Déjà adepte d’une forme d’expression maniant aussi bien l’absurde qu’une vision de l’œuvre d’art comme moyen d’expression ultime, le musicien adopte, en moins de trois minutes, une esthétique nouvelle, inédite. Malgré ses sonorités pop et 70’s, sa mise en scène minimaliste et son histoire d’amour que l’on imagine bientôt proche de la noyade, il cherche à retranscrire une éminente simplicité, une interrogation dont la réponse demeure en suspens, dans les eaux mouvantes de la rédemption. La créature que nous ne ferons que distinguer quelques instants, figure ultime du désir urgent, nous fera sourire et, de ce fait, nous réconfortera ; tout en nous encourageant, comme lors de ces plans regardant vers la surface, à aider l’homme à émerger et renaître, accompagné éternellement par l’objet de son aventure. Une relecture du prince charmant et de la princesse, du baiser de conte de fées ouvrant tous les possibles. Retrouvez les éclats humanistes et esthétiques de Côme Ranjard sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Chiara Foschiani : premier single « Queen of Disaster »

Malgré les incertitudes et l’acharnement du sort, Chiara Foschiani avance, sans s’arrêter un seul instant. Bien entendu, elle s’interroge sur sa légitimité, sur son rôle au milieu d’une foule qui ne semble pas faire attention à elle et projeter une image faussée de sa personnalité. « Queen of Disaster » n’est cependant pas autocentré ou nombriliste ; bien au contraire. À travers une pop synthétique affirmée et dont les chœurs célestes paraissent veiller sur son interprète, elle fait face à la fatalité, accepte les bonnes et mauvaises surprises, les abandons imprévisibles et les affections inattendues. Alors qu’elle est prête à se sacrifier, à se résigner à la traversée pour atteindre son destin sur l’autre rive, elle ne résiste pas au besoin de laisser celles et ceux qui lui font face accomplir le premier pas, inversant les rôles avec une force intérieure méritant tous les respects possibles et imaginables. Se faire violence sans se cacher, subir les conséquences mais être soi ; si certains d’entre nous sont constamment soumis au mauvais œil, Chiara Foschiani ose nous bercer de réalités tangibles, d’une chance qui nous tend les bras, pour peu que l’on accepte de sortir de ces dangereux périples en demeurant marqués de profondes cicatrices. Conjurer pour mieux exister. Chiara Foschiani approfondit pour nous l’expérience de la renaissance sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Coup de cœur : Clorophyl

Certaines rencontres, bien que virtuelles, vous marquent après vous avoir attirés, sans que vous puissiez au premier abord expliquer pourquoi. Celle que nous avons eue avec Clorophyl a débuté par des atmosphères, des photographies et mélodies dont la profondeur et la dualité nous ont immédiatement passionnés. Auteure d’un magnifique EP éponyme paru en 2018, la musicienne n’a dès lors cesser de renforcer son don inné d’une dichotomie de l’esprit et du sentiment, de l’attraction du clair-obscur comme essence folk éthérée, sa présence se muant en une voix demeurant constamment dans notre conscience. Les chansons de Clorophyl portent en leur sein l’abandon, la solitude et les vestiges d’existences antérieures qu’il fallait, coûte que coûte, coucher sur le papier et sur disque. Elles s’imprègnent de vieux films en noir et blanc, de formes artistiques sobres, réservées, sans aucun artifice. Et projettent derrière nos paupières closes les images de songes intemporels, de figures qui, sans elle, tomberaient dans un inéluctable oubli. La terre nourricière où elle a décidé de cultiver ses racines, de regarder croître sa personnalité, n’appartient à aucun paysage connu, à aucune espèce que le commun des mortels pourrait analyser. Elle incite à l’exploration du monde souterrain qui, bienveillant et fondateur, laisse pousser de merveilleuses efflorescences. Un sacerdoce qui explose littéralement sur « Ghosts & Crowns », que nous vous invitons à (re)découvrir de toute urgence au fil de ses errances fantomatiques d’une élégance rare, en attendant les nouvelles expériences de Clorophyl à suivre sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


JOSE : premier EP Dada disponible (Upton Park / Fontao Production)

Il va être difficile de décrire les multiples effets produits par ce premier effort solo de José R. Fontao, exilé, l’espace d’une expérience intérieure aussi utile que nécessaire grâce à son projet sobrement baptisé JOSE, de sa place au sein de Stuck In The Sound. Dada se focalise sur des formes mélodiques limpides et conservant constamment en elle un mouvement, une identité croissante le temps de quatre chapitres inspirés aussi bien par la danse que par la recherche d’une présence créatrice ne ressemblant à aucune autre. Les pulsations cardiaques demeurent, d’un bout à l’autre, la source battante de cultures défiant les lois du temps et de la linéarité, de la dance anglaise des années 90 (« Beyond Doubt ») au post-rock, afin de mieux s’achever sur des connotations electronica que l’on n’avait plus eu la chance d’admirer depuis bien trop longtemps. Tout l’EP est imprégné de ces modes d’expression relus et réinterprétés, laissant paraître au commun des mortels un bagage émotionnel et créatif qu’aucune limite de production ne peut arrêter. JOSE transforme l’enregistrement en quête, en lettre ouverte du cœur et de l’histoire tel qu’il la voit de ses propres yeux. Son histoire. Ses ambitions, ses dérives, ses envies et dépendances quotidiennes. Dada est une collection d’humeurs, le journal intime d’un homme prêt à en découdre avec lui-même. Un premier volet ensorcelant, dont on espère bientôt découvrir les éblouissantes errances qu’il nous réserve encore. Pour patienter, retrouvez JOSE sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.