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crédit photo Norig : Yan Senez

Hermetic Delight : nouveau clip « Glassdancers »

F.A. Cult nous avait purement et simplement retourné les méninges, mobilisant toute notre attention par ses variations de styles, ses écritures et compositions puisant dans les inspirations et la culture de chacun des membres de Hermetic Delight, le résultat demeurant toujours, à l’heure actuelle, le symbole d’une œuvre protéiforme et passionnante, exigeante certes mais dont les multiples plaisirs demeurent, à chaque écoute, intacts, voire supérieurs à leurs effets premiers. Cette sensation s’empare du spectateur des les premières secondes musicales et visuelles de « Glassdancers » : sous une fausse simplicité, entre préparation à quelques divagations sur roulettes et architectures miroitantes, il va se passer quelque chose d’inattendu, d’unique. On se focalise sur l’image et le son, ces derniers nous happant et nous encourageant à ressentir le mouvement. Parsemant quelques précieux indices tout au long de sa mise en place, qu’ils soient moteurs ou technologiques, Hermetic Delight ne laisse cependant planer aucun doute ; mieux, il intrigue, fascine et donne furieusement envie de saisir nos propres moyens de locomotion pour nous joindre à l’événement surréaliste qui s’annonce. Dosant avec une précision méticuleuse sa réalisation et ses plans, dont la fluidité ne nuit jamais à l’accélération, la réalisatrice Pauline J. Bhutia livre un travail de longue haleine, complexe dans sa mise en scène et magique à travers le résultat final. « Glassdancers » est une libération, le bricolage subtil et sublime d’une chorégraphie éphémère mais inoubliable. L’imagination fertile conduisant à la naissance d’un nouveau monde entre réel et virtuel, alors que les mélodies enlacent les corps possédés par leur magnifique destinée. Cinq minutes rares, fortes et étincelantes. N’hésitez pas à en apprendre davantage sur Hermetic Delight en consultant leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Yokel : nouvel album Y disponible aujourd’hui (#14 Records)

Les constructions enfantines ornant la pochette du nouvel album de The Yokel sont un indice essentiel à sa compréhension et à l’irrémédiable envie de se plonger dans Y, ses passions et tentatives amplement réussies de sortir du cadre restreint du folk. Ici, les instruments acoustiques prennent des couleurs inattendues, des textures transformant chacune des douze pistes constituant l’opus en collection versatile, aux nombreux éclats impossibles à prévoir. L’écriture est consciencieuse autant que spontanée, le travail est admirable de précision et de partage communautaire entre chacun des musiciens. Y est une œuvre farouche, regardant tant vers les horizons de la musique orchestrale que dans la direction d’une country ne s’abandonnant jamais à sa forme classique et pompeuse. L’alternance d’explosions de joie et de confidences que chacun de nous est heureux d’écouter et de mériter (le diptyque « The Devil’s Choice » / « Dead End » est certainement le plus émouvant enchaînement musical que l’on ait entendu cette année) nous permet même de retrouver, au détour d’arrangements de cuivres et de guitares, des impulsions rock n’ayant besoin d’aucune distorsion pour parvenir à leurs excitantes fins. Y : une lettre, l’origine de toute chose pour The Yokel. Une identité résumée à un caractère bientôt rejoint par des milliers d’individualités que ce chef-d’œuvre fédère autour de lui. Retrouvez The Yokel dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Fixtures : nouveau clip « Five Ft One, Six Ft Ten »

Une vie fantasmée, désincarnée par son passage dans les fibres synthétiques d’un mannequin, immobile derrière son bar et prêt à recevoir toutes les confidences de l’homme qui s’installe face à lui sans aucune réaction. « Five Ft One, Six Ft Ten » pourrait être déprimant au possible si la chanson de Fixtures n’était pas aussi intense et fiévreuse. La power pop sensitive du groupe originaire de Brooklyn accorde davantage de place aux flashes sortant de la bouche de son chanteur lors des premières secondes du court-métrage qu’aux mésententes, désintérêts et mépris flagrants d’interlocuteurs croisés ça et là, lors d’une quête d’amitié apparemment vouée à l’échec. Deux solutions, alors : soit exister et résister, soit se soumettre. Concrètement, les ultimes instants de ce spectacle solitaire penchent vers la seconde solution ; mais la contradiction de la piste est telle qu’elle nous donne l’irrépressible envie de résister à la passivité, dee grandir et dépasser des mensurations toutes faites et emprisonnant nos volontés. Une révolte prête à prendre son envol sur l’album Weak Automatic, prévu pour le 4 décembre prochain chez Bobo Integral Records. En attendant, n’hésitez pas à aller encourager et aider Fixtures à s’extirper du marasme de l’isolement en visitant ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Belmondos : nouveau clip « By Your Side »

Un face-à-face muet, pour lequel aucune parole n’est nécessaire. L’échange se traduira par la chanson elle-même, les confidences entremêlées de dépendance de « By Your Side », ode à la passion dont The Belmondos, au fil d’une pop amplement chargée en électricité brute, déroule les symptômes avec autant de surprise que de décence. L’affirmation « Je t’aime » passe par la provocation, d’une fumée de cigarette soufflée en plein visage à l’arrosage de son opposant au moyen d’un pommeau de douche. Des préliminaires qui, du fait de ces regards purs et tendres que chacun s’accorde, ne dureront pas longtemps. L’appel des corps et des lèvres est imminent, urgent. Au gré des mouvements de la chanson, le couple s’éprouve, s’épanouit, essaie de résister mais finit par ne plus pouvoir attendre, par sentir le pouvoir d’attraction. Ces baisers violents et fusionnels, à l’image de leur illustration musicale, soufflent les nuances apaisées puis orageuses d’un sentiment ultime (même dans la courte scène post-générique). « By Your Side » fait montre d’un incroyable pouvoir de suggestion et d’émotion ; de ceux que l’on souhaite, plus que tout, avoir la chance de partager, un jour, en prenant conscience que l’idée peut devenir réalité. Le nouvel album du groupe parisien, Memory Lane, sortira le 20 novembre prochain (Le Pop Club Records / Modulor) ; en attendant, retrouvez toutes ses dernières infos sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


Ultraísta : nouveau clip « Ordinary Boy »

De ces rencontres que l’on ne soupçonnerait pas une seule seconde mais qui, en un instant, s’imposent comme évidentes et vitales, celle de Laura Bettinson, Nigel Godrich et Joey Waronker se démarque de tous les projets communs qu’il nous ait été donné de considérer, à tort et à travers, au fil de ces dernières et prolifiques années. Trois carrures de la musique moderne, aussi bien interprètes que producteurs, mais qui, au sein d’Ultraísta, ne cherchent jamais à imposer leurs préférences personnelles. Quelques mois après la sortie du passionnant et riche Sister, le trio nous offre une collection de remixes triés sur le volet, Ordinary Boy – The Remixes, pour une sortie prévue le 6 novembre prochain chez Partisan Records. Aux commandes, rien de moins que de grands noms de la relecture sonore tels que, au hasard, The Cinematic Orchestra et Zero 7. Afin de valoriser ce travail, la piste originale connaît aujourd’hui une seconde jeunesse grâce à un clip dont les couleurs et les plans saccadés épousent les idées mélodiques et instrumentales des compositeurs, leur envie croissante de ne pas laisser l’image prendre le pas sur la mise en scène, et vice-versa. Un patchwork empli d’idées spontanées, d’apparitions rapides mais cruciales, de messages brefs imprimant nos rétines et nous amenant à les relire, encore et encore. « Ordinary Boy » est un jeu s’amusant, minute par minute, à démultiplier les photographies et les rythmes pour mieux nous plonger, soudainement, dans les coulisses d’un quotidien dont la grisaille est transfigurée par la présence irradiante de Laura Bettinson. Entre court-métrage et making-of, une expérience symbolisant à la perfection ses instigateurs : périlleuse mais parfaite et inédite. Pour en savoir plus, rendez-vous sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Norig & No Gypsy Orchestra en concert le 17 novembre prochain au Comptoir (Fontenay-sous-Bois, 94)

À l’occasion de son futur concert, revenons quelques instants sur le dernier opus de Norig & No Gypsy Orchestra sorti le 27 mars dernier (Musique au Comptoir / Frémeaux & Associés) et qui, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, risque fort d’attirer un public nombreux afin de découvrir ses mélodies venues des quatre coins du monde. Le disque se présente comme une constante remise en question des racines de son interprète, cette dernière allant rechercher l’inspiration dans les mélodies ensoleillées de pays trop peu souvent mis en avant au fils des arts sonores actuels. Intelligemment, elle transforme les impulsions world en consonances populaires immédiatement assimilables et attirantes, mêlant la sensualité de sa voix à la caresse puis à la parole intense d’instruments l’enlaçant en arabesques harmoniques frissonnantes. La culture des Balkans et les flammes tziganes se font palpables et trouvent, dans la modernité des arrangements, une amplification de leur pouvoir émotionnel. Ces landes culturelles qu’il nous faut impérativement explorer et qui, grâce à Norig, ouvrent leurs frontières de la plus belle des manières. Ne ratez pas la chanteuse pour cet événement unique et, en attendant, retrouvez-la sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.