Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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SEYES : nouveau clip « The Valley Of Unrest »

« The Valley Of Unrest » est une histoire de formes, de lumières, de textures. La sensualité qui se dégage du corps le long duquel glisse tendrement la caméra dessine le paysage inconnu d’une révélation humaine, d’une peau vierge sur laquelle se reflètent les rayons du soleil, la rosée, l’ombre de quelques nuages. Ce spectacle fascinant, possédant le spectateur dès ses premières secondes, ne dérive jamais vers l’exhibition. On parle bien ici d’art, au sens le plus pur du terme. Une communion des saisons, d’éclairages orageux en averses torrentielles, sans que cela vienne nuire à la sublime douceur et lenteur du titre et de la vision scrupuleuse et inspirée du réalisateur Raphaël Kindig. L’écriture de Marine Thibault et Charlotte Savary incite à la succession de plans, de climats chaleureux ou plus froids, au choc thermique dont l’élément cutané, tel une carapace, se couvre afin de mieux l’intégrer à son fonctionnement interne. Une métamorphose visuelle et musicale complète, portée par les frémissements électroniques et vocaux de SEYES autant que par l’immobilité troublante de Fanny Beladona, créature absorbant intégralement toute nouvelle variation des vents, des sables et des pluies. La gestation purifiée de la femme-terre, d’une origine, d’un fascinant renouveau. Pour en savoir davantage sur SEYES, retrouvez-les sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Otzeki : nouveau clip « Sweet Sunshine »

Retour rapide sur la genèse du nouveau court-métrage d’Otzeki, comme expliquée via le dossier de presse l’accompagnant : « Mike Sharp, chanteur du groupe, raconte qu’il traversait Waterloo Bridge à vélo quand une fille incroyablement belle est entrée sur la route, ce qui l’a fait freiner brusquement. Sur sa poitrine était écrit d’un rouge audacieux « BOYS CAN’T WRITE SONGS ». Ça l’a inspiré à écrire sur une supposée femme fatale qui exploiterait son pouvoir sexuel pour obtenir ce qu’elle voudrait. » Le décor est planté mais, d’une telle idée originelle, on aurait pu croire qu’un hommage au message corporel de la jeune femme déclencherait la vision si particulière des Londoniens dès qu’il s’agit de fournir le matériel visuel adéquat à leur musique. Il n’en est pourtant rien, et c’est bel et bien ce qui inspire l’exceptionnel pouvoir de fascination/répulsion de « Sweet Sunshine », chanson du désir et de l’amour impossible virant au cauchemar psychique, au plan-séquence cinglant et aux tonalités négatives d’un hybride androgyne concentrant les parts de masculinité et de féminité de l’union ultime. Le titre lui-même enchaîne quatre minutes d’une mystérieuse attraction vocale et instrumentale, hymne tribal à la sensualité de l’inconnu, à la déité invoquée pour parvenir à ses fins. Hypnotique et tourmenté, « Sweet Sunshine » s’incruste sur nos rétines et dans nos canaux auditifs, inexorablement décidé à nous mener vers la dérive de sentiments qui sont enfin à portée de main. Éléments de réponses sur l’obsédant projet grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Phoenix Foundation : nouveau clip « Decision Dollars »

L’idée du karaoké peut d’abord sembler saugrenue, voire totalement à côté de la plaque. Pourtant, le sextet néo-zélandais The Phoenix Foundation sait parfaitement ce qu’il fait, prouvant en un peu moins de quatre minutes qu’aucune autre forme n’aurait pu aussi bien valoriser « Decision Dollars ». Chanson pop désabusée, témoignant de la solitude d’une heure tardive, de la torpeur du dernier verre et de la présence clairsemée d’âmes en peine, le clip unit ces esprits embrumés, d’une part grâce à la promenade citadine qu’il parcourt et, d’autre part, en laissant défiler les paroles résumant ce qui a mené nos différents participants ici et maintenant. Rapidement, le titre et ses plans se conjuguent, s’entremêlent pour ne faire qu’un, détruire le prisme de l’écran et se métamorphoser en œuvre cinématographique de la contemplation, de l’attraction puis du regret. La présence angélique de Holly Fullbrook (Tiny Ruins) modifie l’espace-temps, l’impact premier de ce chant du « plus jamais ». En suggérant le rêve, le repos, la récupération nécessaire à la purification des nappes d’alcool et des abus en tous genres, elle apaise la brûlure du cœur que The Phoenix Foundation exprime frontalement, vécu à jamais bouleversé par l’intervention de la chanteuse. Ou comment, en quelques précieuses secondes, basculer de la désolation à la lueur d’un espoir renaissant. The Phoenix Foundation vous attend sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Liam Bailey : nouvel album Elkundayo le 13 novembre (Big Crown Records)

Autant être franc : l’auteur de ces lignes n’est pas forcément porté sur les sonorités se rapprochant du reggae. À part les collaborations de Horace Andy avec Massive Attack, le genre paraît souvent obscur ou, pire encore, répétitif. Il faut ainsi une sacrée dose d’originalité pour attirer l’attention ; et c’est là que Liam Bailey entre en jeu. Son nouvel album, Elkundayo, promet de changer la donne de nombreux styles abordés et exposés, lyriquement et musicalement, à partir d’une écriture intériorisée modifiant nos perceptions sensorielles. Les premiers extraits, dont le formidable « Champion » (soit trois minutes d’espoir portées par des sonorités spatiales et hypersensibles), le transcendant « Angel Dust », dont les chœurs centraux nous font vibrer à chaque nouvelle écoute, ou le combat intérieur « Fight », résonant de faiblesse et d’humilité, ont fini par nous convaincre que ce futur opus allait redessiner les contours fragiles d’un art avant tout destiné à l’âme et à la quête spirituelle intime aussi bien qu’universelle. Nous vous reparlerons de ce disque qu’il nous tarde de savourer dans son intégralité ; pour patienter, retrouvez le musicien londonien sur sa page INSTAGRAM.


Arthur : nouveau single « SLW »

Ancien DJ résident de l’Electro Swing Club de Paris, Arthur Chaudanson a profité de ses années d’apprentissage et de performance pour parfaire ses propres créations, celles-ci se révélant très éloignées d’une simple musique de club apte à faire danser tout un chacun. Pour preuve, « SLW » prend le temps d’installer ses beats lors de précieuses et nécessaires secondes d’apaisement, l’ambiance devenant alors céleste, célébrant une fête imaginaire à plusieurs milliers de kilomètres au-dessus de l’atmosphère terrestre. L’art d’Arthur est cinématographique dans son approche, ce dernier axant ses arrangements non pas dans un but d’efficacité et d’immédiateté, mais plus pour susciter le désir d’apprendre, de s’approprier ses narrations sonores, ce que supposait déjà le magnifique et sensible « P28C » sorti en mai dernier, ou encore la nostalgie fusionnelle de « Devil’s Dub », hommage audacieux et respectueux rendu au bluesman intemporel Skip James. Nous ne pouvons que trop vous conseiller d’accompagner Arthur dans ses futures aventures et expériences ; tout ce qu’il faut savoir est dispo sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.