Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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Philatone : nouvel album La part animale, sortie courant octobre 2020 (Ticotone Music)

Véritables machines à inventer des sonorités contradictoires pour en former des titres aux ressentis et sensations uniques, Nicolas et JeanFi donnent à Philatone des pulsions ombrageuses et qui, derrière les nappes brumeuses, laissent entrevoir une multitude de lueurs surnaturelles, de phares égarés dans l’espace ou sur les océans de la solitude et de l’oubli. Les quatre premiers extraits de La part animale jonglent ainsi entre folk mécanique porté par une désincarnation humaine latente (« La Légèreté ») et un refus de l’oubli, qu’il soit lié à la relation achevée ou à la perte de ses repères et signes vitaux (« J’oublierai »). Le paradoxe que le duo expose dans toute sa déroutante splendeur nous permet d’entrevoir, justement, l’instinct qui le pousse à rechercher, au plus profond de l’âme et des instruments, ces substances tantôt dérangeantes, tantôt inconnues et qui font de l’individu ce qu’il est, émotionnellement et socialement. Sans prôner une quelconque forme d’égocentrisme lié à la survie de l’être, Philatone dessine les caractères impudiques et empathiques de créatures hybrides qui, sur le long format qui s’annonce, vont pouvoir laisser exploser toutes leurs complémentarités et contradictions. En attendant, retrouvez Philatone sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Deedee & the Abracadabras : premier album éponyme le 9 octobre prochain (Le Cèpe Records)

On ne sait pas encore grand-chose de l’opus à venir de Deedee & the Abracadabras, mais le peu que l’on a pris en pleine face nous suffit largement pour augurer d’un impeccable monolithe punk sans concession ni effets de production inutiles et déplacés. L’attaque qui va se produire le 9 octobre prochain nous colle la chair de poule (grillée à vif) rien que grâce à l’intro « Leave Me », soit deux minutes de lynchage en règle où guitare, basse et batterie s’amusent à se fracasser les unes contre les autres, à laisser s’évaporer une sueur épaisse nous tombant dessus sans crier gare et nous entraînant au centre du maelström. Un pouvoir d’attraction qui, sous ses airs classiques, dissimule une électricité apte à parcourir nos épidermes, à les brûler de l’intérieur en circulant librement dans nos membres rapidement incontrôlables. Dans une dizaine de jours, la bête sera libérée ; on l’attend de pied ferme, tout en sachant qu’elle ne fera qu’une bouchée de nos petites existences tranquilles. Pour patienter jusqu’à l’orgie animale, ruez-vous sur la page FACEBOOK du trio, histoire de trouver un moyen d’échapper au massacre. En ce qui nous concerne, c’est peine perdue ; mais c’est le genre de plaisir masochiste qui nous convient totalement !


LINGUS : nouveau clip « Kings of Lyon »

Avant tout, échauffement en règle, accompagné par une introduction musicale laissant supposer un rock mâtiné d’arrangements pop du plus bel effet, mais dont on craint qu’ils ne soient que trop omniprésents et exagérés. Puis, les choses sérieuses commencent. Tandis que l’équipe adverse se présente, LINGUS entame une chorégraphie très éloignée du Haka néo-zélandais, mais ayant le mérite d’emmener « Kings of Lyon » là où on ne l’attend pas. Tout va pouvoir changer, maintenant : les sons deviennent mathématiques, les chants et chœurs exposent les constats de succès et d’échecs qui sont le sel quotidien du trio, les scènes unissent intelligemment la sauvagerie du match aux élans mélodiques psychédéliques et pop de nos losers magnifiques. Finalement, si « Kings of Lyon » devait exposer une quelconque forme de morale, ce serait celle du contentement et de la résilience ; déjà, avoir la chance de jouer en équipe sur les sols mouvants de la musique actuelle est un miracle en soi. Autant en profiter à fond, quitte à s’y brûler les ailes ou briser quelques os. Qu’importe : Reconnaissance, album attendu pour 2021, porte dans son titre la fierté d’être né, d’avoir une respiration propre, une existence tangible. Ce que LINGUS donne avec générosité dans son art ingénieux et approfondi, un soupçon d’autodérision en prime. Suivez de toute urgence nos anti-héros sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


New Order : réédition en édition définitive de Power, Corruption & Lies le 2 octobre prochain

Voilà ce qu’on appelle un coffret généreux, pour ne pas dire immanquable. Power, Corruption & Lies, second album devenu culte de New Order, refait surface 37 ans après sa sortie dans une édition bourrée de pépites aptes à faire saliver les collectionneurs et autres adeptes du groupe britannique. Entre l’opus remasterisé à partir des bandes analogiques originales, plusieurs CDs bonus captés lors des sessions d’écriture et d’enregistrement ou revenant sur les John Peel Sessions de l’époque (le type de document dont on ne se lasse pas), une belle poignée de lives et de sessions TV en DVD ainsi que plusieurs 45 tours venant compléter un merchandising déjà plein à craquer, le chef-d’œuvre promet d’éclater devant nos yeux et dans nos oreilles avec toute sa sombre et captivante fulgurance. Plus de détails sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de nos infatigables idoles. Et, pour patienter, un petit passage obligé par « Age of Consent », hymne indémodable et leçon de composition qui risque fort, dès ses premières notes, de nous soustraire à notre quotidien afin de tout savoir sur ce disque unique, sensitif et éternel.


LOS SCALLYWAGGS : nouveau single « Scattered »

En attendant un second extrait, « On&On », prévu pour vendredi, revenons quelques instants sur « Scattered », petite merveille psychédélique des Australiens de LOS SCALLYWAGGS. À l’image de sa pochette, le titre est simple, artisanal même, ce qui amplifie toujours plus son potentiel de séduction. Une chanson sobre, saisie sur l’instant et dévoilant pas à pas ses variations sur un même thème, quelques accords et une bonne dose d’inventivité instrumentale et vocale. Entre une mélodie captivante et que l’on garde en mémoire et des effets discrets mais efficaces, « Scattered » fond doucement mais sûrement sur nos cerveaux apaisés, berce nos oreilles puis se fait rapidement essentiel à notre bien-être du jour. Ici et là, des dissonances scrupuleusement placées rappellent que l’œuvre ne vise en aucun cas une perfection trop fluide et finalement nuisible, le côté fait-main étant la base sur laquelle reposent toutes les intentions du groupe, avec succès. Tant et si bien que le résultat, en apparence facile d’accès, finit par démontrer toute son indéniable complexité dans des arrangements exigeants et malingres. Une berceuse érudite, annonciatrice d’un EP prévu pour le 23 octobre chez Le Cèpe Records. D’ici là, retrouvez LOS SCALLYWAGGS sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Mocke : nouveau single « Quel est ton parcours ? »

Prenez le guitariste des excellents Holden. Offrez-lui, au fil des années, de multiples collaborations lui permettant de parfaire son art de la mélodie et de l’interprétation. Donnez-lui quelques disques introductifs, puis accueillez-le en 2020 et observez, en pleine conscience, ce qu’il est devenu. La métamorphose du génial Mocke est totale sur « Quel est ton parcours ? », titre introductif d’un nouvel album, Parle Grand Canard, à paraître le 20 novembre prochain chez Objet Disque. Entouré d’un octuor dont il saisit chaque essence et dont la présence se révèle capitale pour ses velléités intimes et harmoniques, l’instrumentiste délaisse, du moins en apparence, ses ambitions d’improvisation afin de donner vie à de véritables extases sonores structurées et intensives. L’enchaînement des thèmes, la place des interprètes dans l’évolution tantôt subtile, tantôt puissante de cette piste étoilée et d’une réelle densité, s’octroient une place de choix dans le paysage discographique hexagonal, en prenant le contrepied de productions beaucoup plus aisées. Cependant, ne croyez pas que « Quel est ton parcours ? » est une œuvre obscure et dans laquelle il est difficile de pénétrer. C’est même tout le contraire : il suffit de s’asseoir ou de s’allonger, puis de se laisser porter, de savourer les images mentales qui s’offrent à vous. Tout simplement. Pour en savoir plus, retrouvez Mocke sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM d’Objet Disque.