La Messe de Minuit x Transfer : quand la musique illumine la rentrée

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Après d’innombrable reports et annulations, Lyon s’est -enfin- animée au rythme du rock indé lors du dernier week-end de Septembre : les deux festivals lyonnais fers de lance de cette esthétique musicale réunissaient leurs forces pour proposer l’évènement immanquable de cette rentrée.
On avait toutes les raisons de s’intriguer de la programmation de l’évènement conjoint de la Messe de Minuit et du Transfer festival. Entre la venue des petits « nouveaux » (attention, spoiler) de PARK, l’ajout au dernier moment des allemands de Camera à l’affiche ou encore la présence des lyonnais d’After Geopgraphy en ouverture, la curiosité était de mise en arrivant au Transbordeur vendredi soir. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on n’a pas été déçus !

Hypnotique soirée d’ouverture

Vendredi soir, il fallait braver les bouchons sur la route pour atteindre la salle du Transbo’. Débarqués un peu à la bourre et tout juste à temps pour le set dément des Psychotic Monks, on devra remettre ça une autre fois pour aller écouter After Geography sur scène. En attendant, le souvenir marquant de leur tout premier concert au Groom en juin dernier nous donne toute confiance dans la suite de l’aventure.

Les parisiens des Monks ont donc enchainé sur scène, et nous ont rapidement emporté ailleurs, loin, très loin de Lyon. Difficile de ne citer qu’une seule influence quand on évoque leur musique : des évasions post-punk voire versant dans le prog’ rock, des explosions intenses chaotiques, et surtout des expérimentations sonores qui semblent très haut perchées. Pourtant, le rythme n’est jamais coupé et les transitions entre les chansons -de l’art, vraiment-, nous emmènent d’un titre à l’autre sans heurt. Leurs albums studios, bien que d’excellentes introductions à l’univers des Psychotic Monks ne rendent pas justice au maelstrom qu’est le quatuor en live !

Le trio toulousain de Slift avait la lourde tâche d’enchainer après la folie Monks. Juste le temps de faire un petit détour par le bar, les guitares étaient en place sur la scène en extérieure du Transbordeur. Comme tout semble facile pour les musiciens de Slift : dès le premier morceau, le public était hypnotisé, complètement embarqué à 130 km à l’heure sur l’autoroute du rock psyché du groupe. Les titres se confondent, se succèdent les uns les autres, et on arrive très vite à l’annonce du batteur des deux dernières chansons. Un peu trop tôt même ? 23 minutes pour deux tracks (oui, oui, on a compté), c’est bien le temps dont on avait besoin pour savourer cette fin de première soirée, un sentiment de satisfaction intense de remettre les pieds dans l’ambiance d’un festival.

Le plein de découvertes

Samedi 25 septembre, on retrouvait Théo Charaf dans la lumière déclinante de la fin d’après midi pour un concert intimiste. Seul avec ses guitares, il nous a offert ses chansons, celles de son premier album qui porte son nom, avec beaucoup de sobriété mais non sans émotion. Théo nous livre ses histoires, et à travers, son identité avec une grande sincérité, dans un blues rock qui résonne avec les expériences de chacun. Le groupe Crimi a ensuite enchainé, en racontant en chanson avec une pointe de rock, les histoires de la Sicile traditionnelle. Surprenant choix et détonnant avec le reste du programme, mais qui semble avoir bien plu aux enfants présents pour les ateliers de l’après-midi.

Le point d’interrogation de la soirée, c’était clairement la prestation de PARK. Supergroupe aux allures d’OMNI (objet musical non identifié) sur le papier, la réunion de Lysistrata et François de François and the Atlas Mountain n’allait pas de soi. Et l’on s’interroge toujours autant sur son origine. Par contre, la qualité musicale est, elle, bien présente. La folie embarquant tout sur son passage de Lysistrata n’a pas disparu, certaines mélodies sont devenues un peu plus immédiates, et finalement la synergie fonctionne bien ! Difficile d’en savoir plus sur la suite, plus d’infos sur ce nouveau projet devraient sortir d’ici à la fin de l’année et en 2022. Il n’y a plus qu’à prendre notre mal en patience.

La conclusion de ces jours est revenue aux musiciens de Camera. Le krautrock aux inspirations allemandes a sublimé ce dernier set. Très planante, la musique du quatuor a ainsi permis un dernier voyage musical. Il nous faudra d’ailleurs un peu de temps avant de remettre les pieds sur terre et d’entamer le retour vers la maison.

Rendez-vous pris pour 2022

Cette édition exceptionnelle 2021 par son format et son existence même a remis en exergue plusieurs points, qu’il fait bon de constater.
Le rock français se porte bien, merci pour lui. On a d’ailleurs vu débarquer un nouveau projet à l’association incongrue mais tellement efficace sur scène.
Les deux structures portant les deux festivals de rock indé les plus cools de Lyon sont bien là, debout. Elles ont préparé un évènement, ensemble, au pied levé, à la sortie du 3ème confinement. 2022 s’annonce radieux pour chacune d’entre elles.

Et on sera là pour célébrer tout ça !