Les illusions poétiques et réalistes de Julien Belliard

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Les contes et poèmes de la vie ordinaire ; Le mirage de Zo est une réalité tangible, la narration d’un artiste confronté à la simplicité existentielle mais qui, de l’intérieur, préfère l’éprouver et l’immortaliser sur partitions et feuilles blanches. En plus d’inscrire son empreinte dans le marbre de la chanson française, avec pudeur et sincérité.

Les histoires d’amour de Julien Belliard demeurent constamment intimes. Elles expriment les non-dits, les secrets qu’il enfouit au fond de son âme mais qui lui permettent de donner le meilleur de lui-même. Entre désirs de partage, détails apparemment insignifiants mais marquants du quotidien, gestes et unions émotionnelles, Le mirage de Zo s’observe avec respect, le cœur alerte, l’esprit focalisé sur chaque substantif, chaque peinture verbale et lyrique. Tout l’art du songwriter trouve sa perfection au creux des circonstances, des fragments précis de ce que l’on voit, sans prononcer une seule parole. Une introspection gravée sur microsillons, intègre et réconfortante.

Comme nous avions déjà pu nous en rendre compte grâce à ses différents clips, il demeure une différence essentielle dans le paysage de Julien Belliard : celle qui, de l’écran à l’écoute, projette d’un côté le réel onirique du contact humain et, de l’autre, la pensée pure. « Cette fenêtre » illustre parfaitement l’enjeu de l’opus, la perfection vue par le prisme de carreaux supposant l’évasion, pour peu qu’on veuille la vivre. Pour dépasser l’illusion, il faut s’approprier la fantasmagorie, l’envie d’aller au-delà du paraître. Les élans blues de « Lady Lilith » considèrent certaines faiblesses, certaines particularités qui attirent inexorablement l’œil, quand « L’autre hémisphère » et « L’exil » appellent à franchir les frontières exiguës du matériel. De même, la géographie influe sur la narration de l’écrivain et compositeur : elle permet de situer l’être dans les contours picturaux de paysages dont on sent, en baissant les paupières, les dénivelés, les climats (« Rio Lobo »). Les éléments nous caressent, nous emportent au gré des sentiments, nous offrent la véracité des altérations de nos passions (« Les éoliennes »).

Une épopée mystique et resplendissante. Le carnet de bord d’un homme pour qui vivre est tout, tant dans le présent que dans sa conception littéraire et esthétique des rencontres et de la communion qu’elles engendrent. Le mirage de Zo, cette hallucination pourtant tangible, n’a jamais été aussi proche de nous.

Le mirage de Zo de Julien Belliard, sorti le 27 mars 2020 chez Satellite Label / Microcultures.


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