« Love Song » de Jo Wedin : parlez-moi d’amour

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Malgré ses apparences tendres et suaves, « Love Song » de Jo Wedin n’a rien d’une tentative de séduction ou d’une déclaration passionnée. C’est, au contraire, l’envie irrépressible de ne pas accorder d’illusions inutiles au ressenti, aux aspects bien trop lisses et artificiels, en permettant à l’artiste de clamer, comme elle le désire, ce qu’aimer veut vraiment dire.

Les images, sobres, s’ancrent dans des tonalités roses, innocentes. « Love Song » commence tel une conversation, par le biais d’un téléphone qui accordera, du fait de son design, toute l’importance qu’elle mérite à la parole de Jo Wedin. Le poème qui suit sera à la fois doux dans ses teintes musicales et amer dès que la voix nous atteindra, délicate mais forte. Aucun ordinaire, donc ; non, une franchise que l’on lit sur les lèvres, que l’on voit se dissoudre dans un verre à cocktail, que l’on dessine dans nos esprits par le prisme d’un regard. Tandis que les plans se resserrent, lisant l’intention dans les microsillons, nous pénétrons au cœur de la confidence, de l’acidité pourtant radieuse d’une musicienne décidément en marge.

Au final, la répétition de la contestation, de ce que l’on ne souhaite pas entendre, se métamorphose en supplique, en demande inassouvie. « Love Song », cet intitulé si souvent employé pour déclarer une flamme bien trop fragile, a perdu son essence, sa définition. En un peu plus de trois minutes, Jo Wedin, aidée par la production limpide et lumineuse d’Ergy, rend ses lettres de noblesse au sentiment. Sans pleurer ni regretter ; en espérant, tant et plus.


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