Houmous Musical #63

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

EDGAR MAUER – « Pensées sauvages »

Mood : La brume des sens

Au cœur de l’hiver, une voix résonne dans l’air froid : celle de Maëve, à la tête d’EDGAR MAUER, qui entonne le début de « Pensées sauvages ». En anglais et en français, la chanteuse développe un univers fantastique empreint d’une sensualité évanescente. On s’attendrait presque à voir un elfe ou une licorne passer une tête puis repartir, au son d’une batterie qui équilibre l’atmosphère du morceau en lui apportant une chaleur réconfortante. Cocteau Twins ne sont pas très loin, Circuit des Yeux non plus. Mais la réverbe engage les promeneur·ses égaré·es dans une forêt propre au duo toulousain, très doué pour susciter un imaginaire. On se retrouve au bout du chemin, entre le chêne moussu et le sapin tordu !


Mahmundi – « As Voltas »

Mood : Week-end en langueur

Quelques gouttes pleuvent depuis les branches sur vos épaules frigorifiées, alors que vous sortez de la forêt. Votre esprit divague vers des contrées plus amènes, au coin d’un feu de bois aussi capable de chasser la déprime saisonnière que ce morceau de Mahmundi. Depuis son Brésil natal, cette artiste-couteau suisse enveloppe les corps qui se languissent de la douceur. Grâce à sa voix jazz et à une instrumentation dénuée d’aspérités, vous voici rêvant à votre prochain week-end en bonne compagnie… d’une personne, de deux ou plus, ou bien d’un chat et d’un bon bouquin. Enfoncez vous dans ce fauteuil qui vous tend les bras et profitez.


Kings of Convenience – « Homesick »

Mood : Du repos

Maintenant, direction Bergen en Norvège, d’où les doux énergumènes de Kings of Convenience enregistrent des morceaux folk-rock tout aussi délicieux. Ici, ils nous intiment de prendre un congé maladie, ce qui semble tout à fait approprié au contexte. Bon, on a l’impression de parler souvent du Covid dans le Houmous depuis deux ans, donc on va dire que cette fois-ci, ce sera une méchante gastro. En tout cas, Erik Glambek Bøe (au chant) et Erlend Øye (à la guitare) n’en démordent pas : il faut lever le pied. Gageons que cette ordonnance sonnera agréablement à vos oreilles, assez du moins pour vous faire tenir jusqu’à l’hibernation annuelle.


Zsela – « Drinking »

Mood : Piège insidieux

Si l’on percevait une pointe de mélancolie dans le morceau précédent, celui-ci nous y plonge entièrement et sans ménagement. On peut même parler de déchirement, alors que Zsela s’effondre dans nos oreilles, confessant avoir repris la boisson. La discrète musicienne écrivait bien avant de mettre ses textes en musique, si bien que son entourage ignorait tout de sa compétence vocale. Et pourtant, quelle compétence ! En admettant avoir perdu ses ami·es, effrayé·es par cette phase plus sombre, elle offre à la fois sa vulnérabilité et son talent lyrique à qui veut bien l’entendre. Et on en redemande.


Gidge – « Dusk »

Mood : Oiseaux de nuit sur le port

Alors que le duo Gidge vient de Suède, quelques accents méditerranéens s’infiltrent dans ce morceau crépusculaire, coincé entre l’été et l’hiver. Entre des pulsations qui prennent le temps d’apparaître et de lentement s’étendre, on pourrait deviner une Venise abandonnée ou le Vieux-Port de Marseille drapé dans un brouillard onctueux. On ignore si Jonatan Nilsson et Ludvig Stolterman pensaient à cette Europe en composant leur morceau, mais il ne fait aucun doute que des fantômes sudistes planent entre les ombres. En fermant les yeux, le vol du grand-duc regagnant la garrigue devient une évidence, et imprime au titre une atmosphère magique, proche de l’ambient.


Momma – « Derby »

Mood : Il fait sombre, mais la lumière est à l’intérieur

Allez, un peu de post-punk pour terminer ? (Re)découvrez avec plaisir cette (trop courte) pépite des Californien·nes de Momma. En moins de deux minutes, des riffs se déplient et nos pieds ne peuvent s’empêcher de tapoter en rythme le sol qui le soutient. Et tout ça avec le sourire, de rigueur au pays du surf et du cinéma. Drôle d’endroit que Los Angeles pour un groupe si dark, direz-vous. Pourtant, le soleil de la West Coast s’immisce jusqu’au mois de décembre sur Hollywood Boulevard, chargeant au passage les musicien·nes qu’abrite la Cité des anges de sa joie de vivre irisée. De quoi enfiler ses derbies et partir en pèlerinage sur le Walk of Fame.