Houmous Musical #62

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

SKALLI – « Pantomimes »

Mood : Sautillements sous le soleil rare

On le cherche un peu ce mois-ci, le soleil. Pourtant, il tente encore quelques percées parmi les nuages de l’automne, comme en témoigne le dernier single de SKALLI, sorti le 19 novembre dernier. Un virage pop assumé par le groupe, qui revendique des influences comme Neil Young ou Nick Drake, et parsème ses morceaux d’harmonica et de mélodies enlevées. Il n’en faut pas beaucoup plus pour disperser la grisaille et donner envie de sortir sous l’averse glaciale pour entamer une petite danse de la pluie. OK, on s’emporte un peu, mais après tout, le mot pantomime convoque son lot de grandeur et de drama, alors profitons-en.


Kit Sebastian – « Senden Başka »

Mood : Quelques nuages roses

En pénétrant difficilement du bosquet épineux sous lequel vous avez trouvé un abri contre la pluie, vous avez la chance inouïe de tomber sur le studio d’enregistrement de Kit Martin et Merve Erdem, dans une campagne française. Le duo, formé à Londres, mêle différents courants musicaux avec une approche cosmopolite enthousiasmante. Aux accents jazz et pop s’ajoutent quelques pincées de musique brésilienne des années soixante, mais aussi et surtout des riffs de rock psyché turc, source d’inspiration majeure de Kit Sebastian.. On ne vous ment pas en parlant de nuages roses : regardez donc par la fenêtre et dites-nous ce que vous voyez.


Monsune – « OUTTA MY MIND »

Mood : Le cœur soudain charmé

Mais oui, c’est bien ce que vous pensez ! Au cœur des nuages roses, voici qu’un visage apparaît, aux grands yeux doux, prêt à vous faire tomber en amour comme on dit au Québec. Bon, sauf qu’on s’égare légèrement : Monsune vient du Canada anglophone, et bien qu’il gratifie son auditoire de morceaux aussi sucrés que celui-ci, il préfère le faire en anglais que dans la langue de Molière. En attendant, vous avez déjà des papillons dans le ventre et le rose aux joues (si, si, on vous voit). N’essayez même pas de nous cacher vos émotions, ici, on sait tout – c’est notre boulot. Allez, bonne dégustation !


Karen O – « Leopard’s Tongue » (feat. Danger Mouse)

Mood : Surveille ta langue

Au cours des séances de péchotage dans lesquels vous pourriez vous embarquer à la suite du précédent mood, prenez garde à votre langue, qui risque d’être savamment déchiquetée et avalée par un autre morceau. Vous connaissez Karen O. Non ? Mais si : cette rockeuse rêveuse n’est autre que la leadeuse des piquant·es Yeah Yeah Yeahs, au top de leur fame dans les années 2000. Un temps que les moins de 20 ans n… pardon, on s’arrête là. Quoi qu’il en soit, l’espièglerie garage rock du groupe new-yorkais transpire dans les productions pré-covid de la chanteuse. Précieusement accompagnée ici par l’ombrageux Danger Mouse, elle se livre sur sa lassitude romantique. L’amour est un animal fugace.


Clio – « T’as vu »

Mood : Souvenir du confinement

C’est décidément le Houmous des flash-backs musicaux. Après l’ère pré-covid, nous revoici en plein confinement, à l’heure où la cinquième vague se répand dans l’Hexagone. Merci à Clio pour cette capsule temporelle toute en tendresse et en mélancolie, parfaitement indiquée pour les chagrins d’amour hivernaux. Depuis, l’artiste a sorti son troisième album, L’amour hélas, tout aussi sensible et joliment produit que son prédécesseur Déjà Venise, d’où était extrait « T’as vu ». Un single déchirant qui raconte la fuite d’une amoureuse en conflit avec sa·on partenaire, revendiquant son plaisir d’être toute seule avant de s’excuser du bout des lèvres d’avoir volé son blouson.


Tokyo Prose – « Brilliant Corners »

Mood : Un petit tour de satellite ?

Allez hop, pour rejoindre la Nouvelle-Zélande, patrie de Sam Reed alias Tokyo Prose, on saute dans notre astronef du futur. Au programme : cinq tours d’orbite terrestre juste pour le plaisir de voir la vue. Bien sûr, le voyage n’est pas financé par SpaceX et s’avère neutre en émissions de gaz à effets de serre, on a pensé à tout. Pour profiter du paysage, on vous offre un morceau de ce pape du liquid drum n bass au pays des kiwis. Très spécifique, c’est vrai. Reste que la rapidité et la légèreté de ces orchestrations scintillantes semblent être faites pour la stratosphère. À écouter à la moitié de la vitesse de la lumière. (Eh oh, vous vous êtes cru·es dans Star Wars ou quoi ?)