Houmous Musical #61

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

Cavale – « Just a Girl » (No Doubt Cover)

Mood : Flash-back 90’s

C’était en 1995, souvenez-vous. La bande ska-punk de Gwen Stefani dévoilait son troisième album Tragic Kingdom, pour le plus grand plaisir de fans rapidement conquis·es. Et pour cause, « Just a Girl » fut l’un des tubes incontournables de ce tournant de la décennie. De quoi inspirer des générations d’artistes, avec à la clé des hommages vibrants et sincères. Parmi ces derniers, celui de Cavale fait nettement saillie, au gré de riffs assombris qui offrent une nouvelle coloration au morceau. Citant Patti Smith comme l’une de ses icônes musicales, l’artiste livre une version poignante d’un hymne générationnel, empreint de mélancolie et de force ; bref, une réinvention à la hauteur de ses ambitions.


Bedouine – « Dizzy »

Mood : Nostalgie du printemps

Encensée par des figures de la folk contemporaine comme Devendra Banhart, Bedouine est l’un des phares du genre en ce XXIe siècle décidément très aventureux musicalement. De telles explorations s’expriment à la fois dans les arrangements et dans les textes, allant puiser dans des univers peu sollicités d’ordinaire. Dans ce morceau, quelques touches de bossa nova émergent entre deux accents jazz ou funk. L’occasion pour Azniv Korkejian de plonger son auditoire dans une contemplation de la saison où le soleil darde ses premiers vrais rayons avec une douceur entêtante, pour le plus grand plaisir des foules lézardant.


Dictaphone – « Au Botanique »

Mood : Entre cornues et alambics

Fondé à Berlin dans les années 1990, le duo d’Olivier Doerell et de Roger Döring puise dans les sonorités bruxelloises de la décennie précédente. En faisant allusion au célèbre Bota de la capitale belge, centre culturel installé dans les anciennes serres du jardin botanique de la ville en 1984, ces deux amoureux de l’ambient écrivent une lettre d’amour sonore à un univers très mystérieux. Une foule de sons distordus s’échappe ainsi de ce morceau fait d’ombres et de brume pour éveiller les tympans curieux. On aurait presque l’impression de se trouver au milieu d’un étrange laboratoire, peuplé d’automates sans queue ni tête, exhalant de temps à autres une fumée suspecte. Bonne immersion !


Dizzy Fae – « Altar »

Mood : Amour-sanctuaire

Prenez garde à l’espace entre le marche-pied et le rêve. En sortant de cet enchevêtrement mystico-scientifique, vous voici dans l’antre tout aussi habité de Dizzy Fae (littéralement : « fée étourdie »). Au sommet d’une avant-garde électronique vigoureuse, l’artiste multidisciplinaire dévoilait en 2019 sa mixtape No GMO (« sans OGM »), s’inscrivant dans les luttes écologiques de son temps. Il était notamment possible d’y découvrir, avec « Altar », cette vision d’un amour spirituel et transcendantal. Porté par des pulsations house irrésistibles, le morceau nous convie à une cérémonie intrigante, faite de doux gémissements. Entre les néons, une voix s’éveille et hypnotise sans en avoir l’air.


Erika de Casier – « No Butterflies, No Nothing »

Mood : L’énergie du désespoir

L’avenir du R&B, c’est elle. Après la sortie de son deuxième album en 2021, Erika de Casier est désormais bien installée dans un paysage musical qui peine parfois à se réinventer. En mélangeant la légèreté et la sensualité d’un genre strictement défini à des expérimentations soniques d’une grande élégance, l’artiste, originaire du Portugal et du Danemark, parvient à en repousser les frontières. La critique et le public ne s’y sont pas trompés, voyant en Sensational l’une des plus belles contributions musicales de l’année. Sur cette piste éthérée, quelques chants d’oiseaux résonnent en arrière-plan, en guise d’illustration d’une peine de cœur déchirante. Un chef d’œuvre.


Holy Ghost! – « Slow Burn »

Mood : Faire monter la température

Si certain·es ont le cœur brisé, d’autres profitent de la saison du plaid et de la bouillotte pour se blottir avec d’autres corps. Si vous êtes à la recherche de chaleur, gageons que ce morceau délicieusement néo-disco saura vous la procurer. Direction New York avec deux trublions de la synthpop contemporaine, j’ai nommé Alex Frankel et Nick Millhiser. Plus connus sous le nom de Holy Ghost!, ils ne cessent de faire danser des foules inlassables, entre deux confinements. Extrait de leur quatrième album, « Slow Burn » est le morceau parfait pour penser au week-end prochain !