Houmous Musical #58

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

María José Llergo – « Me Miras Pero No Me Ves »

Mood : Pour attirer l’attention

La scène flamenco espagnole jouit ces dernières années d’un retour en grâce, amorcé par ROSALÍA et sa vision multiculturelle du R&B. Depuis sa ville natale de Cordoue, la chanteuse María José Llergo s’inscrit dans cette trajectoire, qui modernise un genre souvent associé aux traditions les plus conservatrices du pays de Cervantès. Grâce à de délicieuses harmonies passées au Vocoder, elle livre ici un cri déchirant la rappelant à notre bon souvenir. Car la pauvre semble désespérer qu’on la regarde sans la voir, sentiment cruellement universel.


Grace Ives – « Icing on the Cake »

Mood : La goutte d’eau

I just wanna go home, chante Grace Ives sur cette piste doucement acide, en forme d’hymne aux heures de ras-le-bol. Elle nous parle ironiquement d’une cerise sur le gâteau, faisant appel aux lassitudes qui lestent parfois notre quotidien, lorsque tout semble aller de travers. En à peine deux minutes, la messe est dite : bâclons tout, qu’on en finisse. Bon courage pour retrouver la motivation au boulot après ces mots ! Non, on rigole, passez au morceau suivant, vous verrez, ça ira mieux !


Hope Tala – « All My Girls Like To Fight »

Mood : De quel bois on se chauffe

Hope Tala, comme beaucoup, en a sa claque. Marre du harcèlement de rue, des inégalités salariales, des violences sexuelles et conjugales, des féminicides, bref, la coupe est plus que pleine. Mais quand la coupe est pleine, elle déborde, exposant ceux qui la remplissent à un raz-de-marée en bonne et due forme. On retrouve quelques accents de flamenco (décidément) derrière le R&B faussement paisible de la Londonienne, qui entend fomenter une révolution féministe à sa manière. Parfait pour marcher comme une queen dans la rue, n’en déplaise aux lourdauds.


Harrison BDP – « Foxgloves »

Mood : Blade Runner en moins dark

Embarquez sans attendre pour un voyage nocturne et planant avec la house de Harrison BDP. Sur des beats particulièrement entraînants, le DJ anglais vous emmène en plein ciel, alors que se déploient comme en rêve les tintements de bestioles bioluminescentes. Huit minutes pour s’envoler, et contempler un futur plus respirable que celui qui s’annonce de plus en plus proche de l’univers de Blade Runner. Cet attachement du monde des musiques électroniques à dépeindre un avenir utopique, où la technologie sert d’outil pour dénoncer ses propres dérives, ne date pas d’hier. Et grâce à des morceaux comme « Foxgloves », on a bon espoir que ça continue.


The Green Flamingos – « The Rush Kicks In »

Mood : Shot d’adrénaline

On ne s’étonnerait pas d’ailleurs si vous ressortiez de ce survol dansant dans un état proche de l’ébriété. Ces six flamants verts vous enjoignent de poursuivre la fête avec une substance de leur invention (à consommer avec modération, ou pas), teintée de rock psychédélique. Un grand cru de l’année 2017 que cette poussée d’adrénaline. D’ailleurs, elle commence à faire effet, on le voit bien ! Vos paupières sont lourdes, des spirales se mettent à danser dans vos yeux clos et le monde est un kaléidoscope. Bon, je vous laisse, j’ai un Houmous à terminer.


Devault – « Hold On » feat. The Bloody Beetroots

Mood : Gauche, droite, uppercut

En invitant le projet Bloody Beetroots sur son titre, Devault frappait à la bonne porte pour mettre ses adversaires KO. Irrigué par un amour pour le punk et l’esthétique comics, le projet de Sir Bob Cornelius Rifo engendre depuis des années un son hybride, entre dark wave et électroclash. On pense immédiatement à une course poursuite au cœur de Gotham City, entre la chauve-souris adepte du capitaliste et ses super-vilain·es nettement plus séduisant·es. Nous, partiales·aux ? Jamais !