Houmous Musical #56

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

Equiknoxx – « Brooklyn »

Mood : Rage against the machine

Les beats sans merci de « Brooklyn » laissent entendre la révolte larvée aux racines du dancehall, né dans les quartiers populaires de Kingston sous l’égide d’une jeunesse marginalisée. Entre les mains d’Equiknoxx, le genre est réinterprété, passant de Kingston à New York, d’un ghetto à un autre. Le crew jamaïcain met ainsi l’accent sur l’histoire mondialisée d’un courant musical associé par certaines plumes au blues états-unien, au kwaito d’Afrique du Sud et au reggaeton latino-américain. À écouter à fond en marchant entre les tours.


Hello Operator – « I Created a Monster »

Mood : Allô, Docteur Frankenstein ?

Les fans de rock garage penseront immédiatement aux White Stripes en lisant les mots « Hello Operator ». Et il n’est pas impossible que le duo ait inspiré ce quatuor ancré dans le présent mais imprégné des sons du passé. Sur cette piste, ils se languissent d’un monstre pourtant séduisant, tout droit sorti d’un laboratoire, ou du cerveau torturé d’un·e gothique des temps modernes, c’est selon. Dans tous les cas, on a comme l’impression qu’Halloween approche à grands pas.


Timber Timbre – « Lay Down in the Tall Grass »

Mood : Balade lugubre

D’ailleurs, on ne s’étonnerait pas non plus d’entendre une chouette hululer sur ce morceau de Taylor Kirk, AKA Timber Timbre. En attendant, celui-ci se méfie des formes écailleuses à l’affût des chevilles découvertes, entre deux brins d’herbe foulés avec trop de désinvolture. Pour notre grand plaisir ! Si vous êtes d’humeur à vous promener entre les tombes alors que les jours raccourcissent, on ne saurait que trop vous recommander de visser vos écouteurs dans vos oreilles et de lancer « Lay Down in the Tall Grass ». Ce qu’on vous ne dit pas, c’est qu’il y est plus question d’amours déçues que de serpents malins.


Melanie de Biasio – « All My Worlds »

Mood : De quoi gamberger le soir

Sorti en 2017, Lilies était le chef-d’œuvre de Melanie de Biasio, grande figure du jazz belge actuel. Un triomphe critique et commercial dû en partie à cette ambiance profonde et brumeuse, caractéristique du disque et servie par une voix intense. On se plonge avec délice dans les « mondes » de l’artiste, remarquée pour sa spontanéité, en studio comme en live. La BO parfaite pour laisser ses pensées divaguer à la nuit tombée.


Shura – « skyline, be mine »

Mood : Rêver debout, les yeux dans la nuit

Et puis avant d’aller se coucher, un petit morceau de Shura histoire de nourrir ses rêves ? La chanteuse développe une électropop céleste sur cette piste, la dernière de son album forevher, à même de faire briller les yeux des sceptiques les plus endurci·es. « You are naked, I am clothed / You are open and I am closed / I am nothing, but I believe / In your body underneath », énumère-t-elle, la voix pleine de réverbe perdue dans des nappes de synthé planantes. Les mots sont rares, mais l’extase est là, jamais très loin du reste des plus belles chansons d’amour.


Shygirl – « SLIME »

Mood : Sexe et street cred

Sans transition, parce qu’on aime bien vous réveiller en sursaut, on vous propose cette petite bombe nucléaire signée Shygirl. Celle qui peut sans crainte être qualifiée de papesse de l’hyperpop est coutumière des hymnes lascifs et penchant dangereusement vers le côté club de la force. En argot, « slime » signifie « ami·e ». De là à dire que la fondatrice du label NUXXE appelle à dynamiter les cloisons relationnelles, il n’y a qu’un pas, que nous franchissons avec joie.