Houmous musical #52

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !


OETE – La tête pleine

Mood : Tourner la page ?

La timbre suave et rocailleux d’OETE est à l’image d’un artiste audacieux mais modeste, au point de se délester du P de « poète ». Dans « La tête pleine », le musicien de 22 ans explore la souffrance de l’après-rupture, prenant sans peine la suite d’une Clara Luciani ou d’un Eddy de Pretto. Car derrière ses mots vulnérables se déploient des arrangements rutilants citant autant le bling des années 80 que l’espièglerie mélancolique du rock français post-Cure. En fin de compte, OETE s’inscrit tout naturellement dans une nouvelle variété francophone inspirée, qui ne renonce à rien pour nous tirer les larmes. (Et on aime ça !)


Michelle Gurevich – Fatalist Love

Mood : Alors, tant pis

Mâtinée d’humour cynique, cette piste tragicomique nous met sur la piste du fatalisme, comme souvent chez Michelle Gurevich. Et pour cause, cette experte de la pop rétro se concentre sur les amertumes des amours déçues, non sans y trouver de quoi sourire. L’intimité qui se dégage de sa musique brumeuse enc(hante) autant que la fausse sévérité de sa voix grave. Et comme l’automne s’approche, on s’est dit que c’était l’occasion parfaite pour faire le ménage dans ces relations unilatérales qui nous laissent épuisé·es après la frénésie estivale. Let it go, my friends!


Kaitlyn Aurelia Smith – Carrying Gravity

Mood : En apesanteur

C’était après le premier confinement : les synthés modulaires de Kaitlyn Aurelia Smith avaient attiré notre attention au point de faire de The Mosaic of Transformation l’un de nos albums préférés de l’été 2020. Un an après, nous revenons avec l’un des titres de ce monument de la musique ambient contemporaine, inspiré par les pérégrinations sous-marines de cette ingénieure du son formée au Berklee College of Music. Entre deux bulles d’air, elle y avait fait la connaissance d’un pod d’orques au large de l’État de Washington. Une expérience fondatrice, qui avait débouché sur des morceaux aériens et liquides à la fois, comme suspendus entre deux eaux. On vous laisse méditer sur ces entrefaites.


Bergsonist – La Rave

Mood : Dormir debout, raver éveillé·e

Dans un registre plus mystérieux, aventurons-nous dans les limbes de ce titre progressif et nocturne, doucement éclairé par des néons turquoise. De fait, il est peu probable que cette mélopée développe autant son univers le jour que la nuit. Hors de question d’ailleurs, passé minuit, de se retenir d’osciller de plus en plus fort, à mesure que la fête gagne les corps et les esprits. Bergsonist vous livre une ode aux free parties rêveuses et habitées, qu’on vous conseille d’écouter au casque, pour voyager plus loin.


Rhi – Plain Jane

Mood : Langueur et fumée

Histoire de rester dans l’ambiance, découvrez ce son délicieux, soigneusement enregistré par une amoureuse de hip hop et de lo-fi. Parfait pour les longues soirées vaporeuses, entre deux cigarettes dégustées au coin d’une fenêtre ouverte. Mégots rougeoyants, canapés profonds et quelques caresses pour compléter l’atmosphère et vous voici dans l’univers de Rhi, jeune productrice d’une pop lente et redoutablement addictive. À vous la nuit et la douceur !


Alèmayèhu Eshèté – Alteleyeshegnem

Mood : Croisière sur le Styx

Enfin, refermons ce Houmous de la semaine avec un voyage étourdissant à travers le temps et l’espace, grâce au pape du jazz éthiopien Alèmayèhu Eshèté. Cet Elvis de l’Est africain vous embarque au son des cuivres pour une étrange épopée psychédélique, peuplée d’ombres et d’yeux brillants. Un fabuleux mélange d’effroi et d’excitation, dont le musicien a le secret. À vos marques, prêt·es, planez !