Houmous Musical #47

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !


Arca – « Riquiquí »

Mood : Assassinat au talon aiguille

Rien ni personne ne peut prétendre se mettre en travers du chemin d’Alejandra Ghersi. Cette productrice et compositrice vénézuélienne, plus connue sous le nom d’Arca, dynamite littéralement tous les attendus de la musique électronique (et du genre, en passant, puisque cette artiste trans évoque ouvertement sa non-binarité dans sa musique). Le Houmous de cette semaine démarre donc sur les chapeaux de roue (ou sur échasses, moyen de locomotion – et de quasi-lévitation – privilégié par cette fée 2.0, mi-robot, mi-satyre) et vient gentiment égratigner vos tympans, pour vous préparer à la suite.


SERVO – « II » (Live at Le Plancher)

Mood : Hantise antédiluvienne

Justement, la suite, la voilà : un live décoiffant de SERVO, groupe normand amateur d’échos dans la voix sur fond de riffs bien lourds. Pour enregistrer ce son, la bande a choisi Le Plancher, un lieu-dit bucolique en pleine campagne, histoire de faire pogoter doucement (ou pas) mulots et sangliers. Le résultat est un condensé de métal psychédélique, d’où sourd une angoisse de moins en moins dissimulée à mesure que le morceau progresse. De quoi alimenter de longues discussions philosophico-prophétiques autour d’un brasero en plein champ.


Boy Harsher – « Deep Well »

Mood : Uppercut crépusculaire

Depuis 2014, Jae Matthews et Augustus Muller sont officiellement Boy Harsher, un duo d’électro-pop qui lorgne vers les before de nuits blanches. Voyons si ces pulsations frénétiques vous font tapoter du pied. Voyons si cette voix reconnaissable entre mille sonne pour vous les prémices d’une douce transe oscillatoire. Cet été, avec « Deep Well », la réouverture des clubs sera consommée (avec modération ?).


Amelie Lens – « Drift »

Mood : La nuit saturée

Nous y sommes, la nuit est venue, aiguisant tous les sens jusqu’au 6e. Et Amelie Lens figure en bonne place dans son cortège traversé par des vagues successives d’effroi et d’excitation. L’air se met à vibrer, à mesure qu’une foule de silhouettes désarticulées s’approche pour vous aspirer dans sa danse saccadée. Préparez-vous à lâcher prise, pour mieux partir à la dérive.


Simian Mobile Disco – « Hachinoko » feat. Roman Flügel

Mood : Départ en vacances, 2078

Vous faites la queue dans la deuxième gare parisienne du Rouleau, ce moyen de transport tubulaire à air comprimé mis au point en 2039 face à la raréfaction de l’air respirable. Prenez place à bord d’une capsule au départ de Tours, désormais banlieue sud de Paris après son expansion fulgurante dans les années 2060-2070. Plus question d’aller se dorer la pilule sur la Côte d’Azur, tout y a brûlé. Désormais, les vacances, c’est le Rouleau qui vous les fournit, pendant le voyage. Installez-vous confortablement et insérez vos oreillettes biomimétiques, si confortables avec leur revêtement en derme d’okapi synthétique. Pour les 9 prochaines minutes, vous visiterez la sphère de Simian Mobile Disco.


Farai – « Space Is A Place » (feat. Chris Calderwood)

Mood : Comment parer la chute

Trêve de science-fiction ? Non, pas tout de suite, car le futur n’a pas dit son dernier mot. Les yeux tournés vers les étoiles, la chanteuse Farai Bukowski-Bouquet et le producteur TONE redoutent de se transformer en « zombies » de l’Anthropocène. Que l’on comprenne le morceau comme un rêve de conquête spatiale ou comme une exhortation à rester sur le plancher des vaches (et, tant qu’à faire, à le protéger), « Space Is A Place » est plein de mystère et de promesses. À nous de nous en saisir.