Houmous Musical #35

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

crédits photos : Izzy Commers / Remi Gettliffe

Dua Saleh – « cat scratch »

MOOD : À en perdre son chemin

Comment faire tenir une douleur d’écorché·e en quelques mots énigmatiques sertis dans une mélodie violente comme une griffure féline ? Dua Saleh semble avoir la réponse, et ce en moins de deux minutes. L’artiste soudanais·e est coutumiær de la recherche de textures sonores. Iel se fait l’orfèvre de textes incompréhensibles de prime abord, plongés dans une transe triste révélée à la troisième ou quatrième écoute. Un bref joyau, au goût de reviens-y.


Last Train – « The Big Picture »

MOOD : Faire le point

Last Train consolide clairement une renaissance rock hexagonale. Les tribulations de cette fratrie assoiffée de kilomètres fascinent depuis quelques années la plupart des scènes de France. Leur secret ? Une recette simple, à base de riffs lourds et de mélodies écorchées. Avec maîtrise, ces quatre Alsaciens déroulent leur science de la progression, éminemment propice à l’introspection et aux voyages intérieurs. On vous en souhaite de beaux !


Isobel Campbell – « Ant Life »

MOOD : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?

Révélée par le duo Belle & Sebastian, à l’origine du chef-d’œuvre The Boy with the Arab Strap, à la fin des années 1990, Isobel Campbell a su se réinventer. Son dernier opus sublime sa voix délicate grâce à un alliage de cordes folk dont elle a le secret. En solo, elle explore des trajectoires nouvelles, dans une autre direction que ses collaborations avec Mark Lanegan, compagnon de route de longue date. Cet extrait est l’exemple marquant d’une carrière lumineuse atteignant son pinacle avec sérénité.


Clément Froissart – « Peupleraie »

MOOD : Pour pleurer un peu

Si vous écoutiez le projet Concorde, vos oreilles sont peut-être déjà familières avec Clément Froissart, qui se concentre depuis plusieurs années sur son parcours personnel, semé de rêves et d’amours impossibles. L’occasion de rendre visite à ce petit cœur blessé qui pleure un départ au fond d’une forêt de peupliers, ces arbres hauts plutôt mélancoliques. On imagine aisément une route de campagne sous un ciel gris, parmi une plaine interminable où rien n’accroche le regard. L’hiver approche !


Kelela – « The High »

MOOD : Des fenêtres dans le crâne

Ambiance très sombre avec cet objet électro-R&B, parfait pour un fumoir vide à 4 heures du matin, une randonnée de nuit dans une ville sous couvre-feu ou une page déchirée pour braver les insomnies. Membre d’une scène d’avant-garde créative, qui la voit côtoyer tout un éventail d’ovnis contemporains (Arca, Little Dragon, Solange, pour ne citer qu’eulles), Kelela cherche à s’échapper. Une quête de longue date, portée par des albums-comètes, s’imprimant en négatif sur les tympans sensibles d’un public fidèle.


Devendra Banhart – « Love Song » (Helado Negro Remix)

MOOD : Câlins hivernaux

Voici un autre pape de la création musicale anglophone contemporaine. L’inventivité de ce magicien sonore qu’est Devendra Banhart ne semble pas connaître de limites, à mesure que ses textes, déployés en plusieurs langues, se vêtent de noir et d’or pour accoucher d’hymnes si doux qu’on voudrait les voir s’étendre à l’infini. Une beauté peu clivante que le producteur Helado Negro a su mettre en valeur à travers le remix discret et scintillant d’une chanson extraite de Ma, dernier album du (très beau) musicien folk.