Houmous Musical #30

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

crédit photo JUICY : Quentin Devillers

Charlotte Day Wilson – « Work »

MOOD : On a encore du boulot

Un morceau pour donner le ton. Le 30e Houmous Musical se penche sur les voix contestataires qui émergent dans la musique (comme dans la littérature ou au cinéma) pour repenser des systèmes d’injustice ancrés. Pour commencer, une petite perle passée sous les radars lors de sa sortie il y a trois ans. Charlotte Day Wilson est clairvoyante : elle sait pertinemment que rien n’est encore gagné dans la lutte contre le patriarcat. Mais elle est tout aussi pugnace. Délectez-vous de « Work », ça redonne du courage.


Moses Sumney – « Virile »

MOOD : Boys, boys, boys

En voici un, justement, que la phallocratie épuise. Et inversement ! Moses Sumney, pape d’une scène alternative très attentive aux courants de pensée queer, féministes et antiracistes, chuinte son dégoût des injonctions à la virilité, qui ont détruit son adolescence et sa perception de la tendresse et de l’amour. Son chant résonne longtemps après la fin du morceau, qui appelle de ses vœux l’invalidation de l’équation « masculinité = virilité ».


JUICY – « Die Baby Die »

MOOD : Ballade sans pitié

Tout est dans le titre. Le duo JUICY est coutumier des dissonances cognitives : derrière un rythme particulièrement sensuel se cache un texte incendiaire. Bande originale parfaite pour vilipender ces ex qu’on déteste, ce morceau vengeur vous procurera un agréable sentiment d’invincibilité.


Rina Sawayama – « STFU! »

MOOD : Ça va saigner

Aux torrents de haine raciste déversés à l’envi par des langues qui s’épuiseraient elles-mêmes si elles s’entendaient, la chanteuse nippo-britannique Rina Sawayama n’a qu’une seule réponse à apporter : STFU! (Shut the fuck up!, soit « Ferme ta grande gueule ! »). Cette grenade pop boostée aux riffs enragés est tout à fait jubilatoire et on ne peut plus indiquée pour aller se défouler, dans les rues ou à travers champs.


Saint Motel – « Sisters »

MOOD : Liberté, égalité, sororité

La mélodie enjouée de « Sisters » ne doit pas induire notre cher lectorat en erreur. Grâce à leurs accents ironiques, les quatre membres de Saint Motel se moquent ouvertement de l’hypocrisie de la société misogyne, sans s’exclure personnellement de la critique. Une célébration de leurs sœurs, au sens familial, mais aussi bien sûr à l’échelle de la société dans son ensemble. C’est bien peu au regard de l’écrasante hégémonie qu’exerce le pouvoir masculin sous toutes ses formes à travers le monde. Mais on apprécie l’effort !


Oh Land – « We Turn It Up »

MOOD : La lumière au bout du tunnel

En 2011, Nanna Øland Fabricius dévoilait son deuxième album, porté par un son bien plus pop que le premier. Pourtant, l’aspect sucré d’Oh Land, à l’origine du nom de la musicienne danoise, ne cède rien au mordant qui l’a fait connaître. Autrice de textes qu’elle porte haut grâce à sa voix cristalline, Oh Land ne néglige ni la légèreté, laissant entrevoir l’espoir d’une joie à venir, ni la détermination. We don’t care what you say, « peu importe ce que vous en dites ».