Houmous Musical #3

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

Claire days – « Oslo »

Mood : Trouver le bonheur au coin de la rue

Habituée d’un folk minimaliste d’une beauté rare, Claire days nous est revenue avec Lava, EP contemplant les élans électroniques aptes à orner ses compositions et mélodies intérieures et sublimes. Grâce à « Oslo », elle s’essaie avec succès à la mise en images de ses poèmes existentiels, dans une subjuguante union des corps, des gestes, des lieux. Malgré la solitude et l’absence, malgré le départ, l’obsession de la présence de l’autre se mue en véritable addiction que, seul, l’étreinte pourra apaiser. Une puissante ode amoureuse, qui nous met les larmes aux yeux.


La Pietà – « Tapez »

Mood : « Votre temps d’attente est estimé à… »

Les remontées acides du stress et de la colère. La température corporelle qui augmente. Le cœur qui s’emballe. Et, dans le miroir, notre visage qui se déforme. Qui n’est plus personne, juste le rouge meurtri et ensanglanté de ce sang qui pulse dans nos veines, dans nos tempes. « Tapez » de La Pietà récite tous les cas de la folie ordinaire, tous ces détails qui peuvent nous mener à la folie pure. Le sourire mièvre de ceux qui préféreraient vous cracher au visage. La Pietà, solidaire, parle. Crie. Engage le combat, bien qu’il semble perdu d’avance. Et, finalement, le reflet reprend forme humaine. Grâce à cette femme qui, elle, ne s’en carre pas, de nos jolies petites histoires…


Great Man Hiboo – « DRAKE FREE feat. Billa Camp & William Silas »

Mood : expérience extracorporelle

S’observer de l’extérieur. Les images qui défilent sur le téléviseur de « DRAKE FREE » hypnotisent les spectateurs, assénant leurs « Are you ready? » comme pour les préparer à sortir d’eux-mêmes, d’un carcan familial bien trop fermé. Les couleurs ont tout du trip hallucinogène mais les regards et les mouvements des lèvres, eux, ne trompent pas. Great Man Hiboo traverse l’écran, happe les personnalités afin de mieux les envoyer, consentantes, vers les ambiances feutrées et sensuelles d’une nuit qui, on n’en doute pas une seule seconde, va les changer à jamais. De même que le titre nous prend par surprise et se colle à nos peaux moites, faisant tomber les barrières de nos résistances émotionnelles et cutanées. Un fluide chaud, vaporeux, extatique.


Hell Botcho – « The Moon Waits »

Mood : into the wild

Bien que le masque lui-même ait ce petit quelque chose d’effrayant, le corps et les mouvements du personnage central de « The Moon Waits » paraît étonnamment familier. Épousant les couleurs de la nature qui l’entoure, il accomplit, méticuleusement, les gestes qui lui permettront d’entre en pleine communion avec elle, de la respecter, de la remercier. Les plans, lents, posés, créent l’attentent ; de même que la musique de Hell Botcho, suave et caressante, résonne entre les branches, dans le cœur des pierres, sur les feuilles jaunies d’un renouveau en pleine ébullition. Un faune égaré et nous regardant, comme pour nous demander de l’accueillir, non pas physiquement, mais spirituellement. Et qui revit grâce à l’éclat lointain de l’astre lunaire. Une créature à la fois diurne et nocturne, racine d’origines avec lesquelles il serait tellement bénéfique de renouer…


Guillaume Perret – « A Certain Trip »

Mood : 2020, l’odyssée de l’espace

On ne saura jamais comment Guillaume Perret parvient à sortir de tels sons de son saxophone. De quelle manière, avec quelle habileté il doset savamment les effets, les mélodies, les courants électriques qui parcourent la vision psychédélique et tortueuse de « A Certain Trip ». Tout ce que l’on peut affirmer, c’est que, musicalement et visuellement, le résultat ne ressemble à rien de connu ; ou de terrestre, pour dire les choses clairement. Un groove délicieux, des visions futuristes qui nous encerclent puis nous étreignent, des formes nébuleuses qui nous paraissent tellement évidentes alors qu’elles ne sont que subjectives… Un voyage sans frontières, ni géographiques, ni artistiques, ni spirituelles. L’énergie palpable d’un courant traversant nos pupilles et nos membres devenus frénétiques.


Kristel feat. Kim Jah – « Wait For Me »

Mood : la liberté, c’est de n’arriver jamais à l’heure

Le plaisir que l’on prend à parcourir de fond en combles le nouveau clip de Kristel augmente au fur et à mesure de ses illustrations. Alternant effets de bandes dessinées, décors et costumes amusants et saynètes à la fois tendres et moqueuses, « Wait For Me » est un OVNI sonore et cinématographique, une sorte de délire maîtrisé qui nous met immédiatement de bonne humeur. Car, même si nous serions tentés de le nier, nous avons tous déjà vécu ces minutes impatientes, ces rencards finissant en ivresse afin d’oublier l’échec. Lorsque nous rencontrons, tapies dans les recoins de nos cerveaux reptiliens, ces petits démons rieurs qui nous murmurent à l’oreille que tout peut arriver, afin de mieux nous posséder et nous faire croire à l’impossible. Kristel et Kim Jah s’amusent et nous prennent à témoin, unissant beats puissants et blues rock pénétrant et insidieux. Un shot brûlant et cajoleur, nous réconfortant avec nos insuccès chroniques !