Houmous Musical #2

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Notre Houmous Musical hebdo : une playlist rien que pour accorder vos humeurs quotidiennes à six titres bien trempés !

Jaloo ft. Lucas Santtana – « Cira, Regina e Nana »

MOOD : séance de maquillage pré-soirée

Jaime Melo appartient à une nouvelle génération d’auteur·rice·s-compositeur·rice·s, fraîchement éclose au Brésil, pays foisonnant et inquiet face à l’essor de l’extrême-droite. En résultent des sonorités hybrides, qui masquent l’attachement des artistes à témoigner de la diversité qu’iels côtoient au quotidien. Ce morceau est un exemple parmi d’autres de ce mélange des genres, dans tous les sens du terme. Les rythmes latinos des banlieues de Belém se marient avec bonheur aux accents synthétiques des clubs européens pour donner naissance à une Tecnobrega crépusculaire.


Rocky – « Love Is a Soft Machine »

MOOD : matin en demi-teinte post-soirée

Il faut, pour réchauffer les corps frigorifiés par une grasse matinée à l’arrière-goût alcoolisé, déployer quelques beats énergiques enrobés de nappes de synthé. Mais attention, pas trop agressif le synthé ! C’est la proposition de Rocky, un groupe français signé chez Green United Music qui n’a de commun avec Stallone que le nom d’un de ses personnages les plus célèbres. Avec Inès Kokou au chant, Laurent Paingault, Tom Devos et Olivier Bruggeman jouissent d’une popularité grandissante sur la scène indé de l’Hexagone. En alliant son R&B suave à des pulsations nocturnes, cette fine équipe enfièvre le dancefloor en le teintant parfois de mélancolie.


Brazilian Girls – « Homme »

MOOD : reproches au clair de lune

Un kaléidoscope : voilà une idée synthétique pour décrire l’univers sonore de Brazilian Girls, dont les membres sont elleux-mêmes déjà éparpillé·e·s aux quatre coins du globe. Ce cosmopolitisme transparaît entre deux albums produits à cheval sur l’Atlantique en mélangeant les langues comme pour un long baiser. Tout invite à l’alanguissement, loin des jungles de béton violent, avec l’amertume pointant le bout de son nez sous la lumière éteinte d’une nuit sans étoile. On pense à Portishead, The Marías ou Massive Attack, sans s’y restreindre, au fil d’une créativité jamais figée.


Murs ft Pookie Blow & $ilkMoney – « Cancun ’08 »

MOOD : whisky on the rocks à travers la fumée

Assez peu connu en Europe, Murs est pourtant un monument du rap West Coast outre-Atlantique. En s’associant sur ce titre à d’autres grands noms comme 9th Wonder et The Soul Council, il plonge les oreilles égarées dans un bain de vapeurs ambrées et d’échos jazz. Un incontournable dont la discographie sertie de pépites ravira les amateur·rice·s de musique d’ambiance et de textes ciselés. Sortez vos feuilles et vos briquets !


KlangKuenstler – « Delion »

MOOD : rave dans une usine encore active

Berlin. Ses océans de nature urbaine. Sa tour panoramique. Mais surtout : sa techno ! Le Berghain, club de notoriété mondiale, demeure l’épicentre de la création électro à l’échelle de la planète. Le jeune DJ et producteur KlangKuenstler en sait quelque chose, lui qui se fait le représentant de cette vague dorée, qui continue à puiser dans les mines du passé tout en contribuant à la grande diversité de la scène techno. Sur « Delion », la tech house prend son essor et laisse presque percevoir, pour qui se concentre bien, le bruit froid des coups de marteaux sur les tubulures…


wwoman – « FOA »

MOOD : aventure sans lendemain

Gi Smee est une sorte d’ovni, transfuge de l’adolescence en quête de renouveau. Son credo ? L’impro, grâce à laquelle iel transforme la moindre idée fugace en voyage pour cielles qui l’écoutent. Pari réussi, qui aboutit à un son tout à la fois psychédélique et étrangement sage, loin des frontières et des conventions. 1, 2, 3, soleil !