Dans les sous-sols jazz et électro de Glass Museum

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Comme le laissaient penser les premiers extraits de l’opus, Reykjavik de Glass Museum manie l’art du découpage mélodique, du jazz et de l’imbrication d’éléments rythmiques surprenants puis passionnants avec une incroyable habileté. Un disque foisonnant, lumineux et dont la complexité originelle devient rapidement le fruit d’une concentration et d’un plaisir intensifs de la part de l’auditeur.

crédit : Barthélemy Decobecq

Le duo bruxellois semble devoir marquer de son empreinte une scène instrumentale qui ne s’attendait certainement pas à un tel tour de force. En quarante minutes, Glass Museum emballe une machine sonore s’amusant à concilier arrangements audacieux et pistes dont l’accès demeure constamment accessible malgré des structures étonnantes. D’abord mathématique, calculée au millimètre près au fil d’une production qui a certainement demandé des heures de concentration pour l’élaboration de chaque seconde et mesure, la créativité d’Antoine Flipo et de Martin Grégoire se mue en un torrent invoquant le jazz, la musique électronique et le post rock, sans pour autant réduire la performance à une pure récitation de bases trop familières ou encombrantes.

Bande originale d’un voyage imaginaire, Reykjavik emprunte les sentiers déserts de paysages sublimes et iridescents, de lentes et sereines marches en solitaire, tandis que la nature grandit et amplifie son influence autour de nous. La mécanique imparable du titre éponyme introduit cet univers du tumulte et de l’extase quand, quelques instants plus tard, « Clothing » s’imprègne de sonorités artificielles éclatantes et sensibles. L’art de Glass Museum réside dans l’envie de broder les canevas d’un genre nouveau tout en infusant des influences plus classiques, notamment dans la technique d’interprétation. « Abyss » offre au classique une lente et progressive déconstruction, tandis que les deux chapitres de « Nimbus » alternent parfaitement intonations cristallines et impulsions électriques. Grâce à ce diptyque central primordial dans la compréhension de l’ensemble, la sagesse de « Colophane » et l’explosion soudaine et éblouissante de « IOTA » concluent une promenade surréaliste à travers les tableaux romantiques et modernes d’une exposition psychique qui, tandis que nous la quittons, continue à infuser nos esprits durant de longues heures. Le mystère d’une telle excellence ne cesse de nous interroger, de bouleverser nos convictions et nos définitions du chef-d’oeuvre. Reykjavik en est un, sans aucun doute possible.

Reykjavik de Glass Museum, sorti le 24 avril 2020 chez Sdban Records.


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