Le gardien des ténèbres

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Laissant deviner, au fur et à mesure de sa progression, l’influence sensuelle et humaine de créatures dévouées à sa présence, Gabriiel nous offre six minutes d’une poésie intense et lente, posée et contemplative. « Light in the Dark » dévoile ses nombreux mystères à travers une incroyable multitude d’images qui, c’est certain, resteront longtemps gravées dans nos mémoires.

Sorti le 7 février dernier, Light in the Dark de Gabriiel marquait un tournant inattendu sur la route trop rectiligne du folk hexagonal. En incluant, au fil de cinq titres à la fois mouvementés et posés, des arrangements étonnants puis attachants et essentiels, le compositeur avait donné naissance à une nouvelle forme musicale, tempérée et imprégnée de subtiles expérimentations harmoniques. Sa mise en images paraissait alors délicate, mais ce nouveau clip nous rassure dès ses premiers instants. On ne distinguera que des formes et peaux dorées, des mains et doigts délicats. Entre ombre et lumière, le court-métrage prend le temps de dicter sa sensibilité, ses émotions et ses intentions.

Le délicieux amour émanant de « Light in the Dark », la conjonction des corps et des rythmes, les jeux d’obscurité et d’éblouissements en font une œuvre à part, une narration à la fois logique et échappant à la raison pour ne laisser subsister que le ressenti. Charnel et chorégraphique, il prend possession des mélodies et de leur interprète puis accélère, tourbillonne, nous attire inexorablement. Le désir s’impose, peint ses influences sensorielles en nous et nous chavire le cœur. Tel Gabriiel, nous ne pouvons bouger, capturés dans une réconfortante et chaleureuse paralysie. Nous admirons, jusqu’à l’ivresse.


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