Et si on écoutait Xavier Dolan ?

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Sur la plage ensoleillée, coquillages, crustacés et Xavier. En plein été, l’envie subite de se refaire toute la filmographie de Dolan. Pour se poncer les tympans, nous avons pioché parmi ses huit longs-métrages quelques titres acides, émouvants, aussi doux que percutants, alliés à des images belles et violentes. De quoi forger des scènes mémorables.  

« Laurence Anyways » de Xavier Dolan

Vive la fête – « Noir Désir »

dans J’ai tué ma mère (2009)

En 2009, on découvre ce réalisateur canadien de vingt piges qui vient fracasser le paysage cinématographique avec J’ai tué ma mère, premier film relatant la tornade de tourments d’un jeune homme qui en veut – beaucoup – à sa mère. Même si de ce petit chef d’oeuvre récompensé à Cannes émane des côtés très adolescents, certaines séquences nous ont empoignées et tiennent toujours entre leurs doigts, bien appuyés, notre coeur sanglant. Par exemple, cette scène qui sue le désir, affolante et sublime, baignée de peinture dégoulinante sur des plans fixes où tout se meut pour se fondre en un. À couper le souffle.


Moderat – « A New Error » 

dans Laurence Anyways (2012)

Cette scène est d’une force incroyable et d’une beauté indescriptible.


Michel Legrand – « Les moulins de mon coeur » par Kathleen Fortin

dans Tom à la ferme (2013)

Tom à la ferme, c’est le mal aimé. Peu apprécié pour sa violence déchirante, ses références trop hitchcockiennes, son scénario ennuyeux et dérangeant, le quatrième long-métrage de Dolan a pourtant tout pour revêtir dignement son costard de thriller psychologique. À commencer par cette superbe scène d’ouverture, clin d’oeil et sourire en coin au Shining de Kubrick, qui nous emmène tout droit vers l’effroyable.


Pet Shop Boys – « Always on my Mind »

dans Matthias et Maxime (2019)

On aime le kitsch et lui aussi. Le cinéma de Xavier Dolan recèle de pépites aux synthés coulants et à la pop flamboyante, à l’instar de « Always on my Mind », morceau ultime des Pet Shop Boys qui s’accorde parfaitement à l’arrivée de ce jeune cadre dynamique, un peu trop sûr de lui. Comme à son habitude, maître Dolan tient dans son bec une musique perchée qui commence à la fin de la séquence précédente, peu joviale, et arrive en trombe, cassant la morosité avec toute l’énergie que le Septième Art peut nous procurer.


Bach – Suite n°1 pour violoncelle

dans Les Amours Imaginaires (2010)

Qui n’a jamais fantasmé les couleurs des corps et de la nuit sur la fameuse suite de Bach ? Un seul conseil : regardez Les Amours Imaginaires.


Oasis – « Wonderwall »

dans Mommy (2014)

Attention, spoiler. Cette scène fait un tel effet qu’il faut la voir, pour la première fois, enrobée dans le film, et non en simple extrait. Mais, si vous l’avez déjà vu, rincez-vous à nouveau les yeux, les oreilles, le corps, la vie sous cette douche de liberté.