Et si on écoutait Edgar Wright ?

Publié le par

Prodige du cinéma britannique, Edgar Wright est un réalisateur qui, en l’espace de seulement quelques films, à marqué le paysage cinématographique de son époque. Avec son style reconnaissable entre mille, l’une de ses gimmicks de réalisation favoris est le jeu avec la musique. Il n’est donc pas étonnant que sa filmographie représente un véritable festin de découvertes musicales.

crédit : Andrew Toth / Getty Images

I Monster – « The Blue Wrath »

dans Shaun of The Dead (2004)

Avec son premier film, « une comédie romantique avec des zombies » comme nous le présente si bien l’accroche, Wright pose les bases de son style. Notamment dès le début du long-métrage, où ce morceau entêtant et répétitif vient symboliser le quotidien aliénant d’une société où les gens sont en réalité déjà des zombies. L’inspiration des grandes œuvres du genre, telles que celles de Romero, est évidente et n’est d’ailleurs pas tombée dans l’oreille d’un sourd, le grand monsieur ayant adoré le film et ayant proposé à Wright et Simon Pegg (scénariste et acteur principal) d’apparaître dans son film Land of The Dead. Chapeau.


The Kinks – « The Village Green Preservation Society »

dans Hot Fuzz (2007)

Dans ce qui est considéré comme son chef-d’œuvre, la musique occupe pourtant une place un peu moins importante. Cependant, dans cette scène introduisant un village trop beau pour être vrai et des habitants trop sympathiques pour être honnêtes, la musique couplée à la lumière fonctionne parfaitement. La fin de la scène, qui prend une tournure plus sinistre, illustre à merveille la fausse naïveté du lieu, qui cache en réalité un terrible secret.


The Soup Dragons – « I’m Free »

dans The World’s End (2013)

Pour conclure sa fameuse « Trilogie Cornetto », Wright nous propose un festival de références rock, notamment grâce au personnage principal, Gary King. Le morceau choisi ici est non seulement une parfaite retranscription de son état d’esprit et de ses désirs, mais aussi une façon d’illustrer son incapacité à laisser mourir le passé. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des pépites d’écritures du film, qui raconte énormément de choses grâce à son sous-texte.


Focus – « Hocus Pocus »

dans Baby Driver (2017)

Dans sa dernière oeuvre en date (avant la sortie prochaine de Last Night in Soho), la musique n’aura jamais été aussi importante : Baby, le personnage éponyme, en écoute constamment pour l’aider à se concentrer, et pour masquer les acouphènes permanents qu’il subit depuis un accident de la route. Mais toute l’originalité du long-métrage, qui peut paraître n’être un simple film de braquage au premier abord, réside dans le fait que les scènes sont montées en rythme avec la bande originale. Parfait exemple ici : les coups de feu, les impacts de balles, les répliques, la respiration des personnages, les transitions de plans, même la petite musique du centre commercial, absolument TOUT est en rythme avec le morceau. Un véritable porno rythmique, le tout sur un bon vieux rock des années 70, s’il vous plaît !