En tête à tête avec Tasty Freaks

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De First Bite (2015) à Walkabout (2017), on s’est longtemps déhanché au gré de leurs arrangements funk et acoustique. Mais comme le trio parisien n’a pas dit son dernier mot, Tasty Freaks revient en trombe avec Wake Up Call, troisième opus assez épicé, assaisonné de riffs bien rock. On laisse Antonin, le bassiste, et Julien, le chanteur, nous en parler…

crédit : Camille Girault

PUNKTUM : Votre nouvel EP, Wake Up Call, sonne très rock et paraît donc plus caractériel que les deux petits premiers. Comment expliquez-vous ce tournant ?

Julien (chant, guitare) : Je pense qu’on a essayé de recentrer notre musique sur un style plus précis. Sur les opus précédents, on se cherchait avec nos influences respectives. Par exemple, à la naissance du groupe, j’étais à l’acoustique sur scène. J’ai mis mes influences folk de côté, histoire de ne pas tout mélanger. On garde toujours le côté funk, même s’il est moins dominant.

PKT : Par conséquent, Wake Up Call révèle de nouvelles influences, tel que le rock alternatif des années 1990…

Antonin (basse) : J’allais justement parler de Rage Against The Machine ! Il y a eu cette période au début de notre vie de musiciens où RATM a eu un impact très fort sur nous.

Julien : Et on a décidé d’assumer pleinement ce côté 90’s tout en essayant d’y apporter une modernité actuelle.

Antonin : En fait, on a choisi de ramener nos influences sonores initiales à notre mix actuel. « Blue Duck » et « Frenzy » en sont de bons exemples !

PKT : Ce qui ne vous empêche pas de rester fidèles au funk acoustique, comme on l’entend avec le très beau « After Winter’s Cold ».

Julien : Oui, c’est un titre entièrement composé à l’acoustique. Mais l’adaptation a pris beaucoup de temps… Finalement, ça a été une grosse surprise la première fois qu’on a entendu le mix de la chanson. On n’y croyait pas trop à celle-là, on voulait l’enlever de l’EP… Après l’arrangement, on était super content du résultat !

Antonin : C’est typiquement le genre de morceau qui se dévoile et gagne en intérêt au fil de la production, pour ensuite faire partie de nos préférés de l’EP.

Julien : D’ailleurs, cette chanson est née lors des premières tournées qu’on a faites avec le groupe, et elle n’a pratiquement pas changé depuis.

Antonin : On la joue depuis quoi, 2016 ? (rires)

PKT : En parlant de tournée, vous avez eu l’occasion de jouer les nouveaux morceaux sur scène ?

Antonin : On a déjà fait plusieurs concerts avec ce nouvel EP. A commencer par notre release party au Bus Palladium à Paris, le 22 novembre dernier, où on l’a joué dans son intégralité pour la première fois.

Julien : Il y a des chansons qu’on avait déjà adapté en live, avant la release party.

Antonin : « As Long As We Grow », par exemple.

Julien : Oui, c’est LE titre que les gens préfèrent en live !

Antonin : On a eu d’excellents retours sur ce morceau. Certains publics nous ont déjà demandé de rejouer spécifiquement ce titre. Ça fait plaisir d’avoir un accueil comme ça. Et dans l’ensemble, le nouvel EP a été bien reçu.

« « Wake Up Call », et même « Get Myself Up », insistent sur le fait qu’il faut s’intéresser aux choses. Tout n’est pas noir ou blanc, les inégalités sont bien réelles et il est important de se lever pour son prochain. »

Julien, chanteur et guitariste de Tasty Freaks

PKT : On était très étonné de vous voir à l’affiche de l’Imaginarium Festival en juin dernier, parce que c’est un festival plutôt branché musiques électroniques et hip-hop… Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Julien : C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de rock à l’Imaginarium ! On a joué assez tôt dans l’après-midi, avec les premiers festivaliers chauds comme la braise ! Mais on a failli annuler à cause des intempéries. Il y a eu une énorme averse au moment où on devait monter sur scène, on a bâché la moitié de la scène, rangé les amplis, les micros… Heureusement, c’est passé assez vite et on a pu commencer à temps. Tout le monde est arrivé d’un coup. Ça a été une super aventure : jouer sur la main stage, comme on l’avait fait au tremplin du festival quelques mois plus tôt. Oui, parce qu’on a été sélectionné par le vote du public, qui ne nous connaissait pas du tout ! Donc on a vraiment pris notre pied.

Antonin : C’était une chance d’obtenir le vote du public sur ce tremplin. C’est grâce à ça qu’on a ouvert le festival et représenté le rock à l’Imaginarium avec d’autres groupes comme Storm Orchestera.

PKT : Revenons un peu sur votre nouvel opus, Wake Up Call. Le dernier morceau porte exactement le même titre, et il ne clôt pas du tout l’EP. Au contraire, il l’ouvre entièrement, comme si vous vouliez secouer vos auditeurs une bonne fois pour toute. Doit-on y déceler un message politique particulier ?

Antonin : Je pense que « Wake Up Call » est effectivement le morceau qui met les pieds dans le plat. Il y a toujours eu une dimension politique dans les textes de Julien, mais ici elle est couplée à un sentiment d’urgence aigüe en ce qui concerne notre société, ses défauts, ses limites. On ne se veut pas politisé, mais l’art est forcément politique quelque part…

Julien : « Wake Up Call », et même « Get Myself Up », insistent sur le fait qu’il faut s’intéresser aux choses. Tout n’est pas noir ou blanc, les inégalités sont bien réelles et il est important de se lever pour son prochain. Les sentiments de colère et d’injustice ne sont pas à contenir.

Antonin : Exact !

Julien : Social, écolo, politique, philo… On ne s’arrête pas qu’à la politique, donc on ne se prétend pas « politisé ». Car il n’y a pas que ça justement…

PKT : Alors à quand l’album ?!

Antonin : Julien a rien de prévu ce soir ! Du coup… Go !

Julien : Bon d’accord. Demain 16h, ça vous va ? (rires) Sans déconner, en ce début d’année 2020, on va plutôt travailler sur le live parce qu’on tient à proposer des versions bien différentes de l’enregistrement.

Antonin : En vérité, on s’est toujours senti attiré par l’album, mais c’est un processus exigeant. On va bosser le live avant, mais c’est pas exclu que l’album soit une prochaine étape… Suite au prochain épisode !

crédit : Camille Girault

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EN CONCERT
• le 4 avril à l'Olympic Café @ Paris