En route #3 avec Dear Deer

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Comme à son habitude, le Crossroads Festival explore les moindres recoins de la musique actuelle. On vous emmène donc faire un tour dans la caverne électro de Dear Deer, duo lillois aux deux albums pépites à mi-chemin entre post-punk et dark wave sur fond de boule disco. Discussion avec un tandem talentueux qui balance autant de gimmicks gothiques que de paillettes.

crédit : Frédéric Iovino

PUNKTUM : Nous sommes ravi.e.s que vous soyez parmi nous pour le Crossroads Festival ! C’est vous qui ouvrez cette cinquième édition un peu spéciale puisqu’elle se déroule virtuellement. Comment s’est passé l’enregistrement de votre session live ?

Dear Deer : Plutôt bien ! L’équipe technique a tout fait pour que nous nous sentions à l’aise. De notre côté, il s’agissait d’une expérience vraiment inédite ! Il y a eu un peu de stress, puis le soulagement. Les techniciens et techniciennes étaient notre premier public en chair et en os depuis sept mois. Ça nous a fait beaucoup de bien.  

Comme beaucoup d’artistes, j’imagine que les concerts vous ont manqué. Néanmoins, vous avez eu la chance de jouer à Varsovie il y a quelques jours. C’était bien ?

Oh oui oui oui ! En plus, nous avons joué avec USZ (Ukryte Zalety Systemu, originaire de Wroclaw), un groupe que nous apprécions tout particulièrement. La date était organisée par nos amis de Old Skull, c’était vraiment idéal. Nous avions du mal à y croire, être à Warszawa, sur scène, devant un vrai public, c’était comme un rêve, mais tellement court. Le public moins compact et nombreux à cause du Covid (la peur d’être contaminé, les restrictions) était masqué, mais cela n’a pas gâché notre bonheur de voir des gens secouer la tête, crier des gros mots, des mots d’amour aussi. On est hyper heureux. Il faut que tout ça reprenne, on ne peut pas vivre sans ça, c’est trop important. 

Vous avez sorti votre premier album Oh My… en 2016, un opus qu’on adore avec sa tendance électro très sombre, son côté punk et sa couche de glace. Pouvez-vous nous parler des coulisses de cet album ?

C’est notre petit premier oui, nous voulions poser les bases de notre projet. Dear Deer pour l’héritage noise et indus, Claudine pour le côté cold dansant. C’était vraiment spontané ! C’est toujours plus facile de poser la première pierre. Nous avons tout fait en home studio et nous avons progressé en enregistrement depuis. Mais les sons typiques de Fred, tel qu’un travail assez poussé sur la partie électronique étaient déjà là, la basse rythmique aussi. 

Et son petit frère s’appelle Chew-Chew, il est né il y a deux ans. On a l’impression d’y entendre de nouvelles sonorités. Vous vous êtes octroyés plus de libertés musicales que dans Oh My… ?

Mais quelle oreille ! C’est exactement ça. Nous avions moins peur de ne pas correspondre à un certain type de post-punk ! Sur celui-ci, on chante plus que l’on ne crie, ça bouge un peu plus du bassin, on glisse vers l’électro. Ça va être de plus en plus prononcé, le petit troisième sera encore plus disco. Dans les arrangements, on s’amuse beaucoup, parfois on se regarde en se mordant la lèvre inférieure, on se demande « Est-ce qu’on a le droit de faire ça ? Est ce qu’on peut aller jusque là ? ». Dès que la question est posée et qu’on se sent un peu subversifs parce que les décisions musicales que nous prenons sont loin de la musique qui se prend un peu trop au sérieux, on s’autorise des cowbells… À quand les violons disco ? 

« Le public […] était masqué, mais cela n’a pas gâché notre bonheur de voir des gens secouer la tête, crier des gros mots, des mots d’amour aussi. On est hyper heureux. Il faut que tout ça reprenne, on ne peut pas vivre sans ça, c’est trop important. »

Dear Deer

Sur votre Facebook il y a quelques photos de votre résidence à La Ferme d’En-Haut à Lille, en juillet, vous préparez la suite de l’aventure Dear Deer ?

Oui, avec beaucoup de naïveté. Les concerts vont reprendre comme avant, hein ? Grâce à la résidence, nous avons pu travailler le son de nos lives. On espère que la grosse caisse fera vibrer vos entrailles. Nous avons eu droit à un nettoyage de piste sur mesure, la classe. Nous avons gagné en clarté et en puissance. Il est vrai que nous préparons aussi un troisième album. En attendant, nous avons des nouvelles chansons, qui seront sur un split vinyl avec le groupe belge Embers (sortie prévue fin septembre). Mais à quoi ça sert tout ça, sans public ? La musique c’est l’amour tout de même, allez venez en k-way, avec des masques, on veut juste vous voir remuer la tête !

Un morceau qui vous influence pour clore l’interview ?


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Le concert de Dear Deer au Crossroads Festival sera diffusé à 21h le mardi 8 septembre sur leur site et les médias partenaires

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