Sweet and bad DWEAMZ

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Les cauchemars de l’information en continu et du divertissement tout sauf inoffensif sont au cœur de « Fwance Amuzement Park », dystopie éclatante et inquiétante de DWEAMZ ; bienvenue dans un monde où les apparences, offres en tous genres et gourous médiatiques risquent fort de prendre possession de vous sans prévenir.

Qui ne se souvient pas des « Voulez-vous en savoir plus ? » disséminés le long de l’excellent et engagé Starship Troopers de Paul Verhoeven ? Le summum de la désinformation et de la propagande, poussé par le réalisateur à son paroxysme (ce qui aura valu à son film-culte d’être accusé de faire l’apologie d’une certaine forme d’extrémisme à tendance nationale-socialiste, tandis que celui-ci signifiait le contraire ; l’empressement de la critique à voir ce qui n’existe pas pour vendre ses torchons agressifs et infondés). Lorsque l’on découvre les couleurs éclatantes du nouveau clip de DWEAMZ, ses appels à s’asseoir confortablement dans son canapé pour se laisser emporter par le pouvoir de l’image, la sensation nous reprend, étrange tout d’abord, puis rapidement flagrante. Nous voilà entraînés dans un univers aseptisé, faussement nonchalant et pourtant tellement révélateur des dérives dont une grande majorité se fait indirectement complice. Sous ses aspects nostalgiques 80’s, « Fwance Amuzement Park » dirige sa volonté pour mieux fendre les clichés du divertissement et les affirmations injustifiées des gourous du petit écran, avec un talent artistique rare et intègre.

Plongés au beau milieu d’un show caritatif, d’un reportage en immersion ou d’une présentation de nouveaux moyens de répression, les membres du groupe gardent une distance à la fois amusante et concentrée, frôlant le second degré sans pour autant s’y immerger plus qu’il ne le faudrait. La lucarne, source de plaisirs, de chance et de réalités aseptisées, pourrait quasiment exploser et voir ses éclats nous crever les yeux, tant ce qu’elle reflète, versants hypnotiques d’un nauséabond discours subliminal, rejoint rapidement le domaine du possible. Notre sourire se fige alors que nous prenons conscience de la véracité des douceurs acides que le tube cathodique projette. Pourtant, DWEAMZ ne se fait jamais le porte-parole d’une dépression sociale ou d’un mauvais goût mal placé ; c’est bel et bien l’inverse, au fur et à mesure de l’exagération. Vous ne pensiez pas qu’un pays pouvait se transformer en cruel parc d’attraction ? Bienvenue au « Fwance Amuzement Park » : entrée gratuite, mais déconseillée aux âmes sensibles. Ou sensées.

Come Two de DWEAMZ, sortie le 26 juin 2020.


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