DeLaurentis fait son cinéma

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Depuis son irruption sur la scène électronique française en 2015, DeLaurentis déploie un talent tentaculaire. Tantôt les EP personnels, tantôt les classiques qu’elle modernise ou encore les remix confectionnés avec minutie (voir notre article) dessinent le chemin de cette créatrice fabuleuse et insatiable. Il suffit d’écouter A Big Part of a Big Sun, vous comprendrez immédiatement pourquoi on lui demande d’évoquer trois films qui l’influencent.

crédit : Dominique Gau

Le Nouveau Monde

de Terrence Malick. Avec Colin Farrell, Christian Bale et Q’Orianka Kilcher. (États-Unis, 2005)

DeLaurentis : J’aime le cinéma contemplatif de Terrence Malick, son rythme lent, son rapport à la nature, à la beauté et ses va-et-vient entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Dès les premières images, je reconnais son style et sa poésie qui me touche intimement. La séquence d’ouverture du Nouveau Monde est absolument sublime, une chorégraphie bien orchestrée sur la musique de Wagner entre l’environnement naturel de Pocahontas et les caravelles du capitaine Smith qu’on aperçoit au loin. L’intensité de la musique accompagne parfaitement les images et nous plonge instantanément dans l’histoire qui va être racontée. Wagner est souvent utilisé dans le cinéma, je pense évidemment à Melancholia de Lars von Trier et tant d’autres. Ce genre de scènes cultes ou l’image et le son ne font qu’un sont des références très fortes dans ma manière de ressentir, percevoir et créer de la musique.

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La Leçon de Piano

de Jane Campion. Avec Holly Hunter et Harvey Keitel. (Nouvelle-Zélande, 1993)

Jane Campion est la première femme réalisatrice à avoir eu la Palme d’Or au festival de Cannes avec ce chef d’œuvre du cinéma qu’est La Leçon de Piano. Encore une fois le rapport entre la musique et l’image est très fort dans ce film car le thème de piano qui revient très souvent est aussi la voix intérieure de la comédienne qui joue le rôle d’une pianiste muette. C’est une belle histoire d’amour passionnelle et le fait qu’elle soit traitée par le prisme d’une femme y ajoute une sensualité exacerbée. Ça se passe dans un décor naturel magnifique en Nouvelle-Zélande et le sublime thème de piano écrit par Michael Nyman est un de mes thèmes préférés. J’adore la manière dont il a construit ce thème en mêlant musique classique et musique traditionnelle celtique. C’est le même procédé que pour cet autre thème que j’adore de Ryuichi Sakamoto cette fois Merry Christmas Mr. Lawrence où il fait ressortir le côté traditionnel asiatique. 


Blade Runner

de Ridley Scott. Avec Harrison Ford, Rutger Hauer et Sean Young. (États-Unis, 1982)

Mon film d’androïde préféré tiré du merveilleux roman SF de Philip K. Dick, Do Android Dream Of Electric Sheep ? qui est d’une esthétique sombre et intemporelle. C’est la première fois qu’on s’attache à des robots au cinéma et qu’on leur prête des émotions, des pensées et des rêves. Ces répliquant semblent tellement humains qu’on se reconnaît dans leurs failles, leurs doutes, leurs peurs même si ils ont la force et la logique infaillible des machines. Le monologue « Tears in Rain » du répliquant Roy Batty juste avant de mourir est d’une grande beauté et c’est devenu une scène culte du cinéma accentuée par la musique de Vangelis. Le love theme et la chanson de Rachel me touchent particulièrement à chaque fois que je les écoute car c’est une B.O de musique électronique qui reprend les codes de la musique de film classique et qui véhicule beaucoup d’émotions. C’est vraiment une inspiration majeure dans la création de mon album concept UNICA qui sortira bientôt et qui parle de ma relation avec le personage Unica, ma sœur machine.

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