Deep Impact

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Un premier album maîtrisant à la fois les codes du punk et ceux, plus exigeants, du bruit et de la fureur parfaitement audibles et contagieux ; Human Impact signe un disque qui risque fort de vous mettre K.O. dès ses premières secondes, avant de se rendre purement et simplement indispensable.

Un coup de génie ; mais peut-être pas tel que vous l’imaginez. Plutôt un uppercut qui vous envoie dans les cordes et vous laisse totalement hagards, vous demandant où vous êtes et ce qui vient de se passer. Les New-Yorkais de Human Impact ont tout simplement signé un opus aussi démoniaque que musicalement parfait, pour peu que l’on accepte de s’immerger dans ses torrents mouvementés de guitares torturées, de rythmes en progression et tabassage constants, de basses électrisantes et auto-mutilées et, surtout, d’une voix assurant la démonstration de force dès lors qu’il s’agit de s’apaiser ou, au contraire, de clamer haut et fort (surtout fort) ses constats brûlants d’un monde en pleine décrépitude. Tour à tour malsain, vivifiant ou disjoncté, Human Impact se montre pachydermique et plombant quand il le faut, afin de mieux laisser exploser ses intentions rock et punk. Regardant de biais les figures de proue de l’indus, il démontre que les machines ne remplaceront jamais l’huile de coude, tout en produisant un effet encore plus intense.

Human Impact aime jouer avec les genres, du math rock (« November ») au rock pur et dur, sans jamais faire aucune concession (« Respirator ») en passant par des élans metal éminemment cathartiques (impossible de se remettre totalement de « This Dead Sea »). En plus d’un indéniable plaisir à écrire et enregistrer, le combo se démène durant chaque seconde, fait transpirer les cordes et les peaux de la batterie, étire ses créations jusqu’à les faire saigner tant et plus (les variations implacables et vicieuses de « Portrait »). On n’essaiera à aucun moment de résumer leur démarche, tant cette dernière investit les boues brûlantes d’un songwriting au cordeau, injectant dans nos veines et nos oreilles internes des vagues sulfureuses de machineries révolutionnaires et à haut pouvoir inflammable (voir le solo démembré et extatique de « Cause » ou le traumatisant final psychotique de son faux frère « Consequences »). Lâchez dans la nature une bande de schizophrènes tout-à-fait conscients de leur pathologie et s’en servant pour laminer la bienséance, et vous aurez une idée du résultat.

Dantesque (au sens infernal du terme), Human Impact a des allures d’apocalypse programmée et de dévastation des dernières ressources de l’humanité ; un avertissement rageur mais ô combien efficace.

Human Impact de Human Impact, sorti le 13 mars 2020 chez Ipecac Recordings.


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