De l’autre côté du miroir #6

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Cette semaine, notre sélection de clips regorge de talents féminins (et de l’incontournable Thomas Azier) très pop, très punk, très rock, et, surtout, très éclectiques. Entre couleurs et engagement, autoportrait somptueux, danse aquatique et voix majestueuse, blues sorti d’un garage américain mélancolique, métropoles aux flux incessants et rêveries d’une promeneuse solitaire, voilà comment ces artistes insufflent un nouvel élan incroyable à la musique et à la vidéo. 

TOYBLOÏD – « Sunrise »

Le trio punk 2.0 Toybloïd revient en trombe avec « Sunrise », un nouveau clip qui suit parfaitement la trajectoire du rock’n’roll coloré. De plus en plus affirmé, le groupe défait les moeurs bien (trop) ancrés dans notre société de type bal masqué avec une pop/rock à paillettes qui nous invite autant à danser sous les boules disco qu’à révéler pleinement notre identité. Avec « Sunrise », Toybloïd décapsule les genres et nous livre le troisième single de Modern Love, un nouvel album très prometteur qui paraîtra le 20 juin prochain. On salive déjà !


Sarah Walk – « what do i want? »

La musicienne américaine nous avait surpris avec son premier album Little Black Book, sorti en 2017, dans lequel ses prodigieux morceaux au piano se teintent d’un timbre rock et laissent place à une voix souple et majestueuse. Aujourd’hui, Sarah Walk sort « what do i want? », un single parfumé d’une pop moderne légère qui explore un temps las doté de doutes, pourtant chantés avec talent. Le clip brosse un autoportrait de la jeune artiste, dont les hésitations et les tourments s’envolent à travers les choeurs répétant « what do i want ? » dans un enchevêtrement merveilleux.


Isabel Sörling – « Cover my ears »

Isabel Sörling vient de sortir Mareld, son deuxième album solo aux textures sonores pop voire électroniques, presque cinématographiques. L’artiste suédoise n’en finit pas de nous épater, et son nouveau clip « Cover my ears » ne déroge pas à la règle. Embaumé d’une mélodie aquatique, le morceau s’épanouit sur ces corps en mouvement qui s’entrelacent et se délassent, qui dansent dans les abysses avec grâce. Le tout surplombé par une voix transcendante, remarquablement maîtrisée. Une performance bluffante.


Alison Mosshart – « It Ain’t Water »

Confinée dans son studio maison à Nashville, la moitié du duo The Kills a remis de l’huile sur le feu en sortant deux singles en solo, « Rise » et « It Ain’t Water ». Tandis que le groupe qu’elle forme habituellement avec Jamie Hince brille entre punk crasseux et riffs propres d’un rock réitéré par les années 2000, Alison Mosshart s’est accordée deux titres aux allures acoustiques dont on se délecte au cours d’une nuit d’été fraîchement tombée. Toujours aussi bon de retrouver cette voix féminine inégalable et d’apprendre que le duo sauvage prépare un septième album. 


Oceya – « Rêveries »

Déformés, saturés, s’entremêlant les uns aux autres, les plans successifs de « Rêveries » ne sont cependant pas de simples effets spéciaux apposés sur le visage et le corps d’Oceya. Au contraire, ils sont le prolongement de sa musique, de ses paroles, d’intonations électroniques souffreteuses et liquides, de voix naturelles ou légèrement modifiées. Le clip est une œuvre à part entière, en mouvement constant, allant de découvertes en réponses. La projection spirituelle et astrale d’un Moi intérieur décidé à ne plus se mettre en retrait. Tous ces reflets, toutes ces dissensions nous amènent irrévocablement à entrevoir l’essence primordiale de « Rêveries » : l’univers est pour nous ce que nous sommes pour lui, une infime partie d’un ensemble, par nos sentiments, nos rencontres, nos échanges. L’énergie fulgurante qui transparaît du court-métrage nous transperce ; Oceya nous regarde autant que nous la regardons. La fusion est totale, sincère, juste. Plus que l’espoir, c’est la concrétisation de ces fantasmes sur pellicule et claviers qui nous porte, les échos de ce splendide moment de dualité retentissant en nous bien après ses ultimes instantes. Les « Rêveries » se prolongent sur Shutoff, le nouvel album d’Oceya paru le 15 mai dernier. 


Thomas Azier – « Hold On Tight » 

Encore lui ! Créateur insatiable, le musicien néerlandais a pondu trois clips en l’espace d’un mois entre l’inattendu « Love, Disorderly », le fameux « Entertainment » et l’excellent « Hold On Tight ». À l’instar de ses deux frères, ce nouveau clip laisse défiler des visages anonymes fugitifs, pris dans le flux incessant des métropoles débordantes. Toujours éclectique, la musique mêle aisément violons et sonorités modernes, pendant que la voix sacrée de Thomas Azier s’élève du fleuve et remonte le long de nos colonnes vertébrales. Minutieux, le chanteur s’évertue à émettre des morceaux inédits dont l’esthétique raffinée émane autant de la mode que du cinéma. Véritable pieuvre talentueuse, Thomas Azier sait comment s’y prendre pour nous faire trépigner jusqu’au 12 juin, date de sortie de son quatrième album Love, Disorderly.