De l’autre côté du miroir #4

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De la pop onirique errante au punk acéré, en passant par de l’électro grandiose et inclassable, on vous apporte notre sélection éclectique de clips, toute à l’image des possibilités infinies de la musique et ses représentations visuelles. Restez donc bien au chaud sous la couette et découvrez six univers variés, car, entre clip cinématographique ultra moderne, animation, réalisation par téléphone ou en Super8, vous devriez trouver de quoi voyager intérieurement pendant de longues minutes. Parés au décollage ?


Woodkid – « Goliath »

The Golden Age is over. L’intrépide Woodkid nous emmène désormais dans une ère industrielle. Sous ses textures électroniques incandescentes et ses violons toujours aussi prodigieux, le musicien recrée l’atmosphère lugubre du siècle de la machinerie qui ne s’arrête jamais, et soulève ainsi toute l’ambiguïté de notre modernité. S’adonner au confort, certes, mais à quel prix ? Celui de vies humaines asservies ? Quelle absurde capacité que celle de l’être humain à fabriquer des éléments qui sont censés améliorer son quotidien et qui, finalement, le dépassent et deviennent incontrôlables, au point de le détruire. Sept ans après The Golden Age, son brillantissime premier album, Woodkid revient avec l’imposant « Goliath » pour faire l’état des lieux de notre inquiétant monde et ouvrir les portes d’un horizon sinistre dans un clip époustouflant.


LIFE – « Switching on »

On ne compte plus le nombre de fois où on vous a parlé de cette bande incontournable du punk anglais. En effet, depuis A Picture of Good Health, leur excellent second album, LIFE s’est creusé une place robuste sur la scène actuelle. Après avoir écumé les salles de concerts européennes et américaines ainsi que le plateau TV de Echoes, l’émission rock de Jehnny Beth diffusée sur ARTE, le groupe d’outre-Manche dévoile « Switching On », un nouveau single qui s’inscrit parfaitement dans leur lignée, entre texte dénonciateur, voix exaltante prête à bondir de rage et dérapage dans une furie fébrile. De quoi se satisfaire d’une lueur pour exorciser la violence du courroux.


Augustin Charnet – « In the Valley of your Heart »

Après des collaborations honorables avec Christophe, Cali ou encore le rappeur Disiz, Augustin Charnet entame un autre chapitre, tout seul. Loin des premiers pas hésitants du débutant, le jeune musicien débarque fraîchement avec deux titres, « Drapeau Noir » et « Vénus », pour peindre son univers aux couleurs de l’amour. Si le thème semble mille fois employés, voire usé, il n’en est pas moins éternel et indestructible. Augustin Charnet nous le prouve à nouveau avec « In the Valley of your Heart », merveilleux poème au piano embaumé d’une voix claire et délicate pour tous les coeurs chavirants.


Mario.D – « Les Jours me mangent »

C’est peut-être une sensation que vous avez parfois, ou constamment ? Celle d’être avalé.es crûment par le temps. En tout cas, c’est ce que Mario.D ressent clairement dans « Les Jours me mangent » ! Dévoré par une force inévitable, le jeune homme tente de saisir un bout de cet écoulement incessant à travers une mélodie rythmée par une vague froide et des synthétiseurs qui nous laissent prendre de l’altitude dans un rêve pop. Fondues dans des teintes multicolores, les images psychédéliques du clip traduisent des déambulations sauvages, et ce sont finalement elles qui sauvent un fragment du temps perdu. Musicien insatiable qui brasse les groupes amiénois, Mario.D grimpe aussi de son côté, en solo, et on a hâte d’écouter son premier EP !


Pléthore – « Home »

Gardons la tête dans les nuages avec Pléthore et leur nouveau single, « Home », hymne explicite nous invitant à rester à la maison pour traverser cette crise chaotique. Avec ses synthés envoûtants et son animation monochrome, le clip décolle en lenteur vers des cieux obscurs, puis se confond avec des formes géométriques inattendues. Composé en plein confinement, le morceau a des allures de méditations spatiales, véritable ode à l’imaginaire comme échappatoire. En plein enfermement, on se laisse dériver dans les méandres d’une pop onirique épatante à la Pléthore.


Alice et moi – « Je n’ai rien à faire »

La sacrée Alice est de retour avec toute la finesse de son humour et sa pop d’amour dont on se délecte à chaque fois. « Je n’ai rien à faire » décrit parfaitement l’attitude que la plupart d’entre nous entretient durant le confinement, à savoir s’embraser sur les réseaux sociaux et aspirer à vivre sous le signe des carrés d’Instagram. Le clip se paye la tête de la virtualité, et saupoudre de ridicule la banalité des jours qui se ressemblent, toujours avec perspicacité et caractère, celui qu’on aime, celui d’Alice. Mention spéciale pour son bob léopard dont on est ultra jaloux !