Ciné des Confiné.es : notre sélection ! (1/5)

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Nous avons bien conscience, chez PUNKTUM, que le confinement peut rendre dingue. Et ce n’est certainement pas le cinéma qui va nous prouver le contraire ! Heureusement, même quand il se déroule en huis-clos et qui illustre la folie s’emparant de ses protagonistes, le Septième Art nous permet de nous évader, de franchir les murs de nos prisons imposées et de voir que, finalement, notre sort est plus enviable que celui de bien d’autres. Comme par exemple, pour cette première sélection du Ciné des confinés, celui de la famille Torrance, d’un jury dont les certitudes seront rapidement remises en question grâce au talent de cinéaste de Sidney Lumet, ou encore de l’équipage du Nostromo, qui aurait mieux fait de ne pas répondre à l’appel de détresse qui nous fait cauchemarder depuis maintenant quarante ans. Pour tout savoir, suivez le passe-muraille !


The Shining (1980) de Stanley Kubrick

par Raphaël Duprez

Parmi les images les plus marquantes (et elles sont nombreuses) du Shining de Stanley Kubrick, il y a ce plan mémorable de Jack Torrance (Jack Nicholson), les yeux dans le vague, l’air hagard et commençant à sombrer peu à peu dans la folie. L’isolement familial dans lequel notre anti-héros est plongé en ayant accepté de garder l’hôtel Overlook pendant les longs mois d’hiver, en compagnie de sa femme et de son fils Danny, pourrait rappeler à chacun de nous de quelle façon l’absence de contact avec l’extérieur, socialement et géographiquement, peut vite se métamorphoser en calvaire ou en source de folie pure. Même si on ne souhaite à personne de finir comme le père de famille du film, on ne peut s’empêcher de se dire que, dans les recoins les plus obscurs de notre esprit, l’insalubrité émotionnelle et humaine peut bondir à tout moment, comme les animaux en buisson du roman de Stephen King. Un conseil : rangez la hache à la cave (et jetez la clé), mettez vos ambitions d’écrivain au placard pour l’instant, fuyez tout ce qui contient, de près ou de loin, le nombre 237 et surtout, surtout, prenez les escaliers. JAMAIS l’ascenseur.

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Douze Hommes en Colère (1957) de Sidney Lumet

par Erwan Iliou

Être enfermé ne rime pas forcément avec oisiveté ! Preuve en est avec l’excellent Douze Hommes en Colère de Sidney Lumet, huis clos captivant sur les délibérations d’un jury lors d’un procès pour meurtre visiblement prémédité. Mais est-ce bien le cas ? Sorti en 1957 et bien ancré dans son époque, le film met en scène douze jurés enfermés dans la chaleur d’un été américain qui s’empressent de délibérer à propos d’un misérable gosse de dix-huit ans, accusé du meurtre de son père. Si les jurés semblent bien déterminés à se débarrasser rapidement de l’affaire, l’un d’entre eux, Mr Davis superbement incarné par Henry Fonda, s’indigne et provoque le débat nécessaire pour découvrir la vérité. Dans sa capacité à s’exprimer à l’encontre de tous, le personnage révèle la vraie force du film. En effet, en voulant à tout prix balayer le procès d’un revers de la main, ses collègues font preuve d’égoïsme, reflet d’une société (encore aujourd’hui) trop individualiste. En cette période de confinement obligatoire, où il faut toutefois rester à l’écoute du monde extérieur, le chef d’oeuvre de Sidney Lumet nous interroge explicitement sur l’ouverture à l’autre et remet au coeur de la société l’utilité du débat. 

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Alien, le huitième passager (1979) de Ridley Scott

par Jules Dublé

Quelques sons métalliques répercutés de couloir en couloir, l’esthétique en clair-obscur d’une fantaisie spatiale et glaçante, deux ou trois sursauts de pure horreur, bref, vous voilà plongé·es au cœur du Nostromo, le vaisseau d’Ellen Ripley (Sigourney Weaver) et de son copain à double mâchoire. Les fans auront reconnu Alien, le huitième passager, porté à l’écran en 1979 par Ridley Scott, qui signait là une épopée marquante pour le cinéma de science-fiction comme pour le film de genre en général. Ce classique incontournable met en scène l’équipage d’une mission commerciale interplanétaire rentrant sur Terre avec une cargaison de minerai. Au grand dam des spectateur·rices, qui voudraient leur crier de ne pas le faire, ces astronautes du futur font halte sur un corps céleste inconnu, attiré·es par un mystérieux signal radio. Vous pensez que la tension a atteint son comble ? Vous vous tromperez jusqu’aux toutes dernières minutes de sueur froide et de boule au ventre. Chaleureusement recommandé pour une quarantaine détendue ! Blague à part, les tribulations de cette fine équipe perdue dans l’espace, entre paranoïa et métaphore de la nature humaine, auront au moins l’inestimable mérite de nous faire penser à autre chose qu’à l’insidieux Covid-19.