BLOMMA, au-delà du monde visible

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Un premier album laissant à l’auditeur la sensation de demeurer constamment en apesanteur, survolant les nuages pour découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles terres vierges de toute présence humaine ; BLOMMA crée une œuvre au creux de laquelle claviers et boucles synthétiques jouent, se cachent et se retrouvent pour ne former qu’un unique objet de purs moments de sérénité et de mélancolie.

Entre les fils doux et légers, les fibres musicales que tissent les claviéristes Philip Daniel et Jacob Pavek, le calme s’impose, propice au repos et à la contemplation. Pourtant, le périple intérieur que nous offre BLOMMA sera parcouru de sursauts, de virages, de détours. Sous ses aspects délicats de loops répétés à l’infini et montant lentement en intensité, l’opus révèle, sans que l’on s’y attende, de véritables moments de grâce, quand les sons s’amplifient, percent dans les aigus et accélèrent le pas. Une mise en scène idéale, confortablement assise entre la méditation et la révélation, entre les teintes pastel et les éclairs d’un orage lointain.

Les neuf compositions qui constituent le disque conservent ce petit quelque chose d’organique, de naturaliste ; un contact immédiat et transcendant avec quelques gouttes de rosée (« Neon »), l’orage s’approchant et purifiant l’atmosphère (sublime montée en puissance de « Morrow »), le soleil traversant de discrets nuages, lors d’un été florissant et reposant (« August »). Ici, le piano et les synthétiseurs ne servent pas seulement à arranger des harmonies mises en place afin d’embellir une thématique simplement ambient ; au contraire, ils esquissent des formes pouvant aussi bien s’extraire du subconscient que de l’intellect. Un mélange savant et sensitif de danses célestes, balançant d’un côté et de l’autre selon les désirs de notre imaginaire et de notre ressenti (« Mountains »). Et que dire de l’ultime joyau qu’est « Finale », dont les cordes nous prennent aux tripes et nous font chavirer, toute résistance demeurant inutile ? Quelques applaudissements, la fin d’une période suspendue, sereine.

Une rencontre forgée par le destin et qui, si elle n’avait pas eu lieu, nous aurait cruellement manqué. La symbiose de deux compositeurs amenés à représenter, dans les années à venir, la beauté d’un nouveau langage, fruit des guérisons de nos essences hypersensibles.

BLOMMA de BLOMMA, sorti le 28 février 2020 chez Moderna Records.


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