La secte sans nom

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Le faux documentaire que nous présente BBCC est tellement efficace que sa véracité laisse planer le doute ; « How the fuck did she survive the nuclear holocaust? » s’intéresse aux apparences du fanatisme façon Jim Jones, à ses causes et à ses conséquences, en distillant tout au long de ses images et de sa bande son une atmosphère délicieusement inquiétante.

Comment Eleanor est-elle parvenue à affronter la fin du monde ? Comment s’en est-elle sortie ? Et qui est-elle, d’ailleurs ? En posant une question ultime et spontanée, BangBangCockCock (BBCC pour les intimes) va explorer les archives 16mm pour mieux comprendre les événements qui nous ont menés ici et maintenant. Nous plongeant dans l’intimité d’une secte qui, semble-t-il, carbure aux huiles essentielles interdites, le court-métrage de Laura Sifi immerge le spectateur dans le quotidien de ces êtres sans repères, à part ceux qu’on veut bien leur dicter. À travers les regards, les postures et les activités, une méfiance s’installe, un doute qui persistera jusqu’au bout de ce documenteur on ne peut plus réaliste.

Mélodies dissonantes, images saisissantes, gourou possédé et en mode télévangéliste ; le patrimoine d’Eleanor est retourné dans tous les sens, de même que son exploit. Utilisée – sans jamais dire un seul mot ou apparaître une seule seconde – comme l’accessoire premier de la folie religieuse, elle devient l’héroïne malgré elle d’un discours obscurantiste et manipulateur. On oscille alors entre le rire et la peur, entre l’absurde et la croyance. Une chose est certaine : BBCC préfère laisser planer le doute sur ses intentions, ce qui leur donne encore plus d’impact. Vous avez dit « anticipation » ?

Altered States of Consciousness de BBCC, sortie le 12 juin 2020 chez October Tone.


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