Autour d’un verre de gin avec ALEXANDR

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Un dimanche soir pluvieux, on a retrouvé le trio pop ALEXANDR qu’on suit depuis leur premier EP You Won’t Get Another Chance (2016). Après avoir sillonné les salles françaises et les bars britanniques, ces trois parisiens nous rejoignent pour parler de leur nouvel EP Surrender sorti en octobre dernier, mais aussi de brit pop, de Céline Dion et de leur collaboration avec Antoine Poyeton. Le tout autour d’un verre de gin, évidemment.

crédit : Dominique Ott

PUNKTUM : Avec ses sonorités pop à synthés très anglaise, votre nouvel EP Surrender est assez fidèle à l’ambiance que vous aviez mise en œuvre dans le premier. Quel chemin avez-vous parcouru de You Won’t Get Another Chance à Surrender ?

Nicolas Beyer (basse) : Surrender a, en effet, un peu le même univers… Mais moins synthétique et plus rock dans l’esprit ! 

Nick D’Arcy (guitare, synthés) : Je pense qu’on s’est affirmé dans ce style dancy-indie. On a pris notre temps pour soigner les arrangements et la prod.

PKT : Vous écrivez et composez ensemble ? Comment s’est déroulée la création de Surrender ?

Nicolas Beyer : Pour celui-ci, le processus de création a été très atypique… N’est-ce pas, Steve ?

Stephen Fozard (chant, guitare) : D’habitude, tout le monde compose et après on met en commun. Mais, pour Surrender, j’avais une chanson qui fonctionnait assez bien avec un pote d’un autre groupe. De son côté, Nicolas avait une rythmique super qu’on utilisait en intro de concert. Un jour, j’ai eu l’idée de coller les deux ensemble : c’était magique !

Nicolas Beyer : It’s a miracle ! 

Stephen Fozard : Comme quoi, il faut savoir récupérer des bonnes choses dans des démos qu’on avait, a priori, laissé de côté…

Nicolas Beyer : Ça vient vraiment de l’alchimie, une réaction accidentelle qui nous plaît et on développe. 

PKT : Est-ce que cette alchimie a permis d’engendrer des morceaux comme l’excellent « Show Them How To Play » ?

Nick D’Arcy : Ahhh ! « Show Them » c’est un peu notre fantasme pop absolu ! C’est tout ce qu’on a toujours voulu faire en terme d’arrangements. Synthés, beat, guitare à la Tears for Fears s’y trouvent sans complexe. 

Stephen Fozard : Pour le coup, ce n’est pas un assemblage de plusieurs démos d’ALEXANDR mais plutôt un mélange d’inspirations diverses, genre Tears for Fears et Neneh Cherry.

Nicolas Beyer : Personnellement, j’y entends un peu d’Étienne Daho…

Stephen Fozard : C’est le grand écart quoi, notre moment gym !

PKT : Vous citez Tears for Fears, Étienne Daho… Souvent, on vous colle l’étiquette « brit pop », référence certaine à Oasis ou même à New Order. C’est quoi alors vos influences ?

Nick D’Arcy : Eh bien, tu viens de résumer la famille ! Oasis le père, les Beatles la mère, New Order l’oncle cool et Daho le cousin arty. 

Stephen Fozard : Et Tears for Fears le voisin un peu geek mais qui a une bonne cave à vin.

Nicolas Beyer : Et les Stone Roses, c’est le cousin fumeur de oinj !

PKT : Et dans la famille des influences, il y a des groupes que vous écoutez tous ensemble ? Ou des artistes plus chers à l’un d’entre vous qu’aux autres ?

Nicolas Beyer : On a une énorme culture commune parce qu’on a grandi ensemble. Ça va de la brit pop à la new wave en passant par la pop ou la chanson française. Ensuite, chacun a ses jardins secrets… Pour Steve, c’est les trucs ultra kitsch des années 80. De mon côté, c’est le cloud rap et le hip-hop old school.

Nick D’Arcy : Moi c’est la pop italienne ! (rires) On a vraiment élargi notre spectre au contact de la scène parisienne où on a beaucoup de potes qui font de l’electro et de la cold wave.

PKT : En fait, votre base commune c’est la pop anglaise à laquelle vous ajoutez vos touches personnelles variées. Mais personne pour Céline Dion ?!

Nick D’Arcy : Ahhh Céline ! Certains ont une passion assumée pour l’écriture de Goldman…

Stephen Fozard : Présent !

Nicolas Beyer : L’album de Céline Dion avec Goldman est un bijou ! Le reste un peu moins… (rires)

« [Notre musique] vient vraiment de l’alchimie, une réaction accidentelle qui nous plaît et on développe. »

– Nicolas Beyer, bassiste d’ALEXANDR

PKT : Revenons-en à votre nouvel EP, Surrender, sur lequel vous avez notamment travaillé avec Antoine Poyeton du fameux studio Motorbass. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Stephen Fozard : C’est un pote de longue date. Il était dans plusieurs groupes et on côtoyait la même sphère. On est longtemps resté en contact. Il est devenu assistant chez Motorbass, et le reste s’est fait naturellement. On lui a filé des maquettes de l’EP pour avoir son avis et il nous a proposé de mixer et produire. 

Nicolas Beyer : Au départ, il devait purement mixer. Puis, à force de proposer des idées, c’est devenu une coproduction. 

PKT : Qu’est-ce que ça a apporté à votre musique de travailler ainsi avec lui ?

Stephen Fozard : Il nous a vraiment emmenés plus loin. On a testé des choses qu’on aurait même pas envisagé.

Nicolas Beyer : Par exemple, le son de basse de « Show Them How To Play » vient de lui.

Nick D’Arcy : Il a une vision très moderne et, en même temps, on a utilisé plein de vieilles machines. C’était le match parfait !

PKT : Vous avez joué tous ces nouveaux titres au Supersonic, en novembre dernier, pour votre release party…

Nick D’Arcy : Grosse, grosse ambiance !

Nicolas Beyer : Oui, énorme ambiance avec des titres du premier comme du deuxième EP, comme « Surrender » ou « Neon »… Il y avait beaucoup de gens qui nous suivent depuis You Won’t Get Another Chance [leur premier EP, ndlr] et qui étaient curieux de voir la suite.

Stephen Fozard : Et on a eu d’excellents retours !

Nicolas Beyer : On est passé de « Hâte de voir la suite » à « Il vous faut un album » !

PKT : Alors, il est prévu pour quand cet album ?

Nick D’Arcy : Avant la fin de l’année !

Stephen Fozard : Perso je suis en train de bosser une nouvelle démo, ça sonne comme un croisement entre les Pet Shop Boys et les Stone Roses… (rires)

crédit : Dominique Ott

LE POST-SCRIPTUM D’ALEXANDR : « Le tournage du clip de « Surrender » a été rocambolesque puisqu’on a passé une journée dans une ancienne usine à viande… On ne le voit pas à l’écran, mais il y a des vieilles machines partout. On a même trouvé des casques à la Daft Punk ! Et, surtout, on a été obligé de jouer sur un tempo accéléré pour donner, au montage, l’aspect ralenti. Donc ça faisait un peu les Gipsy Kings au milieu d’une usine à viande ! »


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EN CONCERT
• le 20 mars au Blue Monkeys @ Angers
• le 21 mars à l'Olympic Café @ Paris