« Espoir » : la route infinie et prometteuse d’Ariane Moffatt

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Une ligne droite, à perte de vue. Un cheminement qui ne fait que commencer, après des décisions que beaucoup considéreraient comme lourdes de conséquences. Pourtant, « Espoir » d’Ariane Moffatt brave les on-dit, les a priori trop souvent entendus tandis que les kilomètres défilent et l’éloignent, fuite nécessaire vers un avenir que l’on imagine bien plus radieux.

Ariane Moffatt se confronte au risque. A-t-elle fait le bon choix ? Cet ultime baiser dans le cou avant de s’asseoir derrière le volant et de mettre le contact était-il sa seule issue possible ? Musicalement, « Espoir » sera lent, posé, imprégné d’une mélancolie bercée de regrets autant que d’illusions. Mais dès qu’elle appuie sur l’accélérateur, qu’elle emprunte son chemin, celui-là même qu’elle a tant désiré depuis des années, elle n’est déjà plus la même. « Un ruban léger auquel s’accrocher / Pour croire qu’il sera encore possible d’aimer » : la distance, imposée et voulue, est une déchirure ; de celles qui, tandis que le découpage ultime de photos mentales s’achève dans un léger bruissement, annoncent une aube nouvelle. D’abord grise bien sûr, comme dans ce noir et blanc brumeux au coeur duquel la musicienne et son compagnon d’infortune ont préféré s’engager. Puis, peu à peu, éclairée par son visage à elle, dès qu’elle nous regarde, de jour comme de nuit. Rien n’est loin ; tout est possible à atteindre, avec quelques forces.

Pour vivre, il faut emprunter des voies insoupçonnables, ne pas avoir peur des sorties de route. Il faut croire en son destin, en son étoile ou son ange gardien, selon les espérances qui nous nous poussent en avant. La destination n’en est que plus imprévisible et belle. Le moyen de locomotion sera hésitant, puis contrôlé par une énergie invisible, une puissance mentale et émotionnelle qu’Ariane Moffatt laisse s’exprimer librement. « Parfois c’est tout ce que le cœur attend de l’autre / De quoi se battre sans chercher à qui la faute ». Après la violence de la dispute, le mal-être qui s’étend, il y a le désert, angoissant pour certains, prometteur pour d’autres. Ces traverses n’empiétant à aucun moment sur leur sens et leur objectif. La dernière image, transmission artistique terrassante de générosité et de partage inter-générationnel, explique tout ce que nous avons pu voir pendant quatre minutes, toutes nos interrogations demeurées sans réponses. Là est la clé de la renaissance. Le plus dur est fait, et Ariane Moffatt l’a retranscrit dans sa sublime poésie d’une solitude volontaire et emplie de courage et de volonté. Encore quelques efforts, et nous serons à ses côtés. Libres.


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