Plus on est de fous, moins on rit

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Déambulation nocturne confrontée à une multitude d’expériences et d’échecs, schizophrénie multicolore nous perdant dans les fondations d’esprits malades ; « Die, Motherfucker! Die!!! » d’Apple Jelly est un court-métrage provoquant fascination et malaise, tout en nous incarnant dans ses héros de l’extra-ordinaire, anges déchus d’un monde en perdition.

D’abord, on essaie de comprendre. En suivant cet homme dont les tentatives de séduction vont se ramasser dans le caniveau, le spectateur se croit confronté à un mélange de psychopathologie et de cauchemar, quelque part entre le surréalisme et un pesant ordinaire. « Die, Motherfucker! Die!!! » nous avait pourtant prévenus ; il va falloir un sacrifice, et pas des moindres. Qui ? Quand ? Comment ? Toutes les pistes sont explorées, et de la plus belle des manières. La nuit permet des éclairages revêtant chacun leur propre identité, leur ambiance, leurs chorégraphies lentes ou désespérées et s’inscrivant au fil de caractères humains en plein naufrage, de gros durs inexpressifs et de victimes consentantes. Apple Jelly déclame ses interrogations, ses constats d’une vie qui réservait de belles surprises mais a connu bien trop de murs ; et, à force de s’y fracasser le crâne, il fallait se douter qu’il y aurait quelques sérieuses séquelles, illustrées en huit minutes d’une narration implacable.

« The world is full of vampires / They will get you wherever you go » ; n’allez surtout pas croire, ceci dit, que ce sont des créatures surnaturelles. Non, ici, les suceurs d’énergie vitale sont nos semblables, ceux qui sont prêts à nous soumettre à la moindre occasion. On ne s’étonnera pas que la volonté croissante des figures prodigieusement mises en scène par José Daniel Zuluaga soit de prendre leur revanche sur le sadisme ambiant. Il faudra alors détruire les apparences, profiter de la moindre source de plaisir finale avant de vendre son âme au diable en ayant conscience de ses actes. Les ralentis impactent d’autant plus la violence inhérente au clip, cette tension palpable et qui nous colle à la peau, à l’esprit. L’issue, obligatoirement fatale, reste imprimée sur nos rétines de longues heures durant. Salutaire ? Impossible à dire. Inévitable ? À vous de juger.

Die, Motherfucker ! Die !!! d’Apple Jelly, sortie le 26 juin 2020.


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