En cas de décès, n’appelez pas le 15

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Partant d’un postulat scénaristique d’ores et déjà très malin, Ambulance de Céleste Grant s’amuse autant des bandes horrifiques asiatiques que d’atmosphères baignées de la littérature du King et de sonorités 80’s. Le résultat, inclassable sur une échelle temporelle trop simpliste, nous invite à un des instants de plaisir pur, sans oublier de faire monter l’angoisse en doses de plus en plus intenses.

Caméra à l’épaule, Céleste Grant nous met, durant les premières secondes d’Ambulance, dans la peau de témoins passifs de l’action à venir. Ce qui, plus tard, lui permettra d’habilement modifier le point de vue, notamment dès que le véhicule tracera sa route, emmenant à son bord le tragique héros d’une possession matérielle et spirite. Prenant soin de ne pas révéler le visage du vendeur, le réalisateur focalise l’attention sur son protagoniste et ce qu’il va subir pendant une dizaine de minutes. Jamais à court d’idées, tant dans l’écriture qu’au fil de la mise en scène, Ambulance nourrit ses images et plans de détails en apparence insignifiants, mais donnant toujours plus d’ampleur et d’importance au hors cadre. La seconde manifestation, brève et frappante, illustre parfaitement cette économie de moyens focalisée sur la peur, pure, puissante, paralysante.

L’unité de temps, impeccablement respectée, permet de ne pas brusquer les effets ; alors que le soleil se couche et que la méfiance de l’acheteur incarné par Maximilien Dulac s’amplifie, le spectateur constate qu’il a, pour ainsi dire, changé d’enveloppe : le voilà dans celle du fantôme qui va, soyons francs, pourrir la vie du conducteur. Tout au long de sa seconde partie, Ambulance s’inscrit dans la tradition des légendes urbaines, en incorporant toutefois une idée supplémentaire et jamais employée avec une telle finalité : le dernier habitat des morts devient l’épicentre surnaturel des événements, au cœur d’un cadre confiné mais pourtant propice à quelques sursauts et, plus que tout, à un sacré moment d’angoisse. On ne peut que trop vous conseiller d’aller regarder le making of du film, tourné en mode guérilla pendant quelques petites heures. Quand on voit le résultat, on ne peut que d’autant plus saluer la performance.

Ambulance de Céleste Grant, disponible sur Youtube depuis le 4 février 2020.


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