Allô le rock indé ? Épisode 1 : Brighton

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Même si les conditions actuelles ne sont pas les plus favorables pour la création et la représentation artistique, nos scènes artistiques préférées n’en restent pas moins actives. Et ont besoin de tout notre soutien. D’ailleurs, à la rédaction, on est férus de rock indépendant. D’Angleterre, forcément, mais aussi de France ou d’ailleurs. On aime observer à la loupe les actualités de cette scène qui ne s’arrête jamais de fourmiller et on adore y dénicher de nouveaux coups de coeur. On vous a donc préparé une nouvelle série d’articles, qui voyagera un peu partout où les découvertes nous emmèneront. Chaque semaine, nous vous présenteront 3 groupes de rock indé originaires d’une ville, d’une région ou d’un pays. Première étape, par un choix totalement arbitraire, de l’autre côté de la Manche, à Brighton.


La ville côtière de Brighton est petit à petit devenue un des points névralgiques du rock indé en Angleterre. D’abord, par la création et le développement du festival The Great Escape, véritable Printemps de Bourges anglais, qui existe depuis 2006. Rendez-vous incontournable de l’émergence dans les musiques actuelles, il accueille aujourd’hui plus de 300 groupes et 3000 professionnels pendant 4 jours. A la même période, l’avènement national de deux groupes originaires de Brighton a aidé à réaffirmer la tradition de la ville à encourager la culture alternative : The Kooks et The Maccabees. Cette image de berceau pour de nouveaux projets musicaux indépendants continue de coller à Brighton, et les trois groupes présentés aujourd’hui ne font que le prouver une nouvelle fois.

Crédits : Laura Allard-Fleischl (Black Honey) • (Penelope Isles) • Julia Nala Bambulia (LIME)

Black Honey

Le quatuor britannique s’est formé en 2014 et est mené par la chanteuse et musicienne Izzy B. Phillips. Leur premier album, sobrement intitulé Black Honey, est sorti en 2018 et a rencontré un franc succès, couronné l’année suivante par une intense tournée européenne dans les plus grands festivals. Modèle de groupe indépendant, ses membres cultivent la culture du DIY, restent en dehors des grosses structures de l’industrie musicale et sont impliqués dans toutes les étapes de promotion (productions de clip, photographie, stratégie de communication).

Leur univers musical pioche dans des influences diverses et actuelles : des refrains pop, aux rythmes hip-hop, en passant par des riffs de guitares énervés empruntés au rock. Black Honey a annoncé son deuxième album pour début 2021. Written & Directed est attendu pour le 29 janvier. Les deux premiers singles dévoilés en 2020 semblent marquer un tournant vers un rock plus lourd, choix matérialisé par une collaboration avec Mike Kerr (moitié du duo Royal Blood, également de Brighton) sur leur récent titre Run for Cover.


Penelope Isles

Autre quatuor issu de la ville côtière, Penelope Isles a d’abord vu le jour sur la petite île de Man (Mer d’Irlande) lorsque les frangins Lily et Jack Wolter ont décidé de faire de la musique ensemble. Après quelques années de singles et de concerts dans la région, ils ont passé avec brio le cap du premier album à l’été 2019 (chez Bella Union, label indépendant dont les fondateurs sont installés à Brighton, maison de Explosion in the Sky, Spiritualized, Tim Burgess et The Flaming Lips, notamment). Avec Until the Tide Creeps In, les quatre musiciens gagnent l’attention des médias indépendants de référence (The Line of Best Fit, DIY).

Evoquant tantôt la surf pop rêveuse des plages Californiennes, tantôt des inspirations post-punk et shoegaze, Penelope Isles a réussi à introduire son univers sonore complexe mais enchanteur en dix titres intenses. 2020 semble être placée sous le signe de la composition de la suite de leurs aventures musicales pour le groupe. Plus discrets au début de l’année, ils ont laissé un message sur leur site internet « We’re busy making a new record at the moment… rearranging, and planning future adventures ». Quelques dates en Angleterre sont toutefois prévues pour janvier 2021, ainsi qu’un passage au Nos Alive festival portugais cet été. Un indice de leur retour prochain sur les routes, lorsque la crise sanitaire sera derrière nous ?


LIME

Petite bombe entre le rock pysché et la pop acidulée, la musique de LIME suinte le sarcasme. Dans la droite lignée des groupes de post-punk actuels comme Sports Team et Do Nothing (qu’elles citent comme une influence), on retrouve dans leurs textes une bonne dose d’ironie sur la situation sociale des classes moyennes anglaises.

Avec seulement deux petits singles dévoilés sur les plateformes d’écoute, FEVER et Surf’ N’ Turf, le quatuor a déjà fermement planté le décor de leur son : catchy et irrévérencieux. La crise sanitaire a forcément décalé le développement de leur projet musical, qui partait à toute allure pour 2020, mais on a peu de doutes sur leur capacité à se relancer pour 2021.