À l’unisson : le langage fédérateur d’identités en péril

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Faire du bruit. Non pas en battant le pavé, quitte à se faire purement et simplement défoncer et discréditer par des autorités totalement dépassées. Mais, de façon beaucoup plus subtile, en confrontant ces dernières aux menaces pesant sur le monde culturel dans son ensemble. À l’unisson, mélodie réformatrice catalysant les messages de chacune et chacun d’entre nous, acteurs en voie d’extinction face au silence pesant de politiques à la ramasse, use d’armes efficaces et pacifistes, mais dont les effets sont aussi percutants que nécessaires. Exploration d’un média unique en son genre, source de l’alliance des volontés enfin regroupées et écartées de leurs solitudes respectives.

Crédits photos : Carolyn Caro

Un mur. Une surface de plusieurs centimètres d’épaisseur, hermétique et silencieuse. Voilà ce qui se trouve entre nous et le Ministère de la Culture, entre les revendications d’âmes désespérées et une présidence en sourdine. La frontière entre le réel et l’irrespect profond et irrémédiable de ce dernier. La protection ultime contre la colère montante. Que faire quand les coups de masse sont inutiles ? Quand les blindages, aussi scandaleux et humiliants soient-ils, repoussent les hurlements et les pleurs ? Exposer. Constituer une fresque de portraits, de messages, de soldats volontaires engagés dans un combat dont ils ne ressortiront pas indemnes. L’art est à genoux, mais n’a pas encore dit son dernier mot. Ces traits fatigués, ces feuilles de papier qui sont autant de pensées urgentes, immédiates et utiles, se projettent le long des édifices. Rompent le mutisme. Et modifient radicalement les architectures luxueuses de lieux servant de refuges temporaires aux décideurs déconnectés de leur environnement et de leurs fonctions. À l’unisson, projet photographique et vidéographique canalisant toutes les énergies, s’impose comme le discours ultime des individus muselés et abandonnés le long de la route. De celles et ceux embarrassent, alors qu’ils font vivre un pays, un monde qui, sans elles et eux, serait d’une tristesse et d’une grisaille emplies de désespoir.

Le désintérêt ministériel auquel se retrouve quotidiennement confronté À l’unisson finit tout simplement par se mordre la queue, enfermé dans une incapacité à voir de simples solutions en imaginant que ces dernières seraient trop complexes. Ou vaines, si l’on devait résumer la pensée unique bien trop encombrante de ces mois de confinement et de mépris. La force et l’ambition d’une telle vocation se montre rapidement d’utilité publique ; car, dans une société égocentrée et que le nombrilisme mène à sa perte, voir chaque jour ces figures, hashtags et espoirs nous jaillir en plein visage finit par retourner nos cerveaux et mettre un grand coup de pied dans la fourmilière de la passivité. À l’unisson n’est pas un pamphlet révolutionnaire ; c’est le noyau, la racine d’une structure novatrice. Un appel à l’aide autant qu’à l’action. Dès lors, il vous faut le rallier, le relayer, le respecter. Sans vous, sans ses créateurs, À l’unisson n’est rien ; et il est, cependant, déjà beaucoup. Regardez l’objectif. Prenez votre plus belle plume. Et créez, tant et plus, pour eux, sans jamais baisser les bras. Car, petit-à-petit, fissureront les briques de cette injuste façade. Ensemble. Et grâce à vous. Le mouvement vous attend et avance, de jour en jour. Donnez-lui l’élan, les outils nécessaires à sa vie et à son expansion. Leur avenir et le vôtre en dépendent.


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